Coupe du monde 2006
Togo, la pagaille

(Photo: AFP)
L’imbroglio togolais n’en finit pas de s’emmêler et de se démêler. Chaque heure ou presque de la journée de lundi a apporté son lot de rebondissements, témoignant surtout une incroyable dérive au sein de l’encadrement. Comme d’habitude, personne n’était au courant de rien, personne ne se parlait et le président de la fédération était introuvable, ou plutôt enfermé dans sa chambre. Sous la pression d’une multitude inhabituelle de journalistes qui cherchaient à comprendre l’incompréhensible.
Au petit matin, l’émissaire du Chef de l’Etat, le président du comité olympique togolais, Zoumaro Gnofame faisait une brève escale à Paris, en compagnie du ministre de la jeunesse et des sports, avant d’embarquer pour Francfort. Dans le même temps, les joueurs et toute la délégation avaient quitté Wangen im Allgaû, en Bavière, pour rallier Francfort où il dispute mardi leur premier match contre la Corée du Sud. En fin de matinée, l’agence de presse Reuters annonce la venue de Winfried Schaëfer qui de premier remplaçant devient numéro un. Information non confirmée par les autres agences. L’émissaire venu de Lomé prend ses quartiers, commence sa discussion avec les dirigeants et les joueurs, sollicite l’avis de ces derniers. A dix-sept heures, l’agence France-Presse reprenant l’agence allemande SID reprend les propos d’Otto Pfister : « Je reviens et je serai sur le banc mardi ». Information confirmée par le porte-parole des Togolais, le journaliste Messan Attolou :" il sera sur le banc mardi contre la Corée du Sud et il est notre entraîneur pour toute la Coupe du monde ».
Les journalistes qui ont assisté au dernier entraînement des Eperviers questionnent celui qui les dirige depuis la démission de Pfister, Kodjovi Mawuena : « je ne suis au courant de rien , dit-il, personne ne m’a informé ». Emmanuel Adebayor est tout aussi incrédule et laconique « que voulez-vous, lâche-t-il de dépit, ce sont les aléas du football ». Bref Otto Pfister paraît réintronisé. Mais, sur le coup de dix-neuf heures, le Général Gnofame joint au téléphone, dans le style direct qu’on lui connaît nous dit : « c’est Kodjovi Mawuena qui sera sur le banc ; le Togo ne reprend pas un homme qui a offert sa démission ». Clair, net et…sans retour.
Quant au dossier des primes, il n’a pas été abordé. Il y avait plus urgent. Mais il sera traité avec les intéressés. L’envoi d’un émissaire témoigne la volonté du président de la République de mettre un terme le plus rapidement possible à cette lamentable histoire qui fait actuellement du Togo la risée de toute la planète.Une journée pleine d’émotions pour les supporteurs des Eperviers, privés de la plupart de ces informations. Une préparation qui risque, hélas, de se payer comptant sur le terrain. Mais peut-être ne sommes-nous pas au bout de cette première togolaise aux multiples rebondissements.
par Gérard Dreyfus
Article publié le 12/06/2006Dernière mise à jour le 12/06/2006 à TU


