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Chronique ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique)

Financer la création culturelle en Afrique

Anne-Marie Mouradian 

		(Photo RFI)
Anne-Marie Mouradian
(Photo RFI)

«Maraina», qui sera tourné cette année à Madagascar et à l’Ile de La Réunion autour de l’opéra créole du même nom, et «La vierge Marguerite» dont l’histoire se situe au Mozambique, sont les titres des deux prochains films de César et Marie Clémence Paes. Leur dernière production, cofinancée par l’Union européenne en 2005, racontait Madagascar aujourd’hui, à travers la vie quotidienne et les chansons des musiciens du groupe mythique «Mahaleo». Voici donc à nouveau les deux réalisateurs sur le parcours du combattant à la recherche de financements pour leurs films. Malgré les tonnes de paperasserie et tracasseries administratives que cela implique, l’aide de l’Europe est fondamentale car, explique la malgache Marie-Clémence Paes, «La culture n’est pas du tout une priorité pour de nombreux pays en Afrique. Il y a une grande confusion dans l’esprit du grand public entre le mode de consommation et la pratique des arts. Comme le public écoute de la musique et va au cinéma ou au théâtre durant ses moments de loisirs, il pense que les artistes, de leur côté, réalisent leurs oeuvres quand ils ne travaillent pas…On n’admet pas vraiment qu’ils puissent être payés pour ce qu’ils font. Par ailleurs, il n’y a aucune protection de la propriété intellectuelle. Le piratage est chose tout à fait courante. Dès lors, pourquoi acheter un CD ou un DVD à son vrai prix si on peut l’avoir à 90% moins cher ? Et si tout est piraté, comment vivre de son art, comment financer des films de qualité qui coûtent cher ?

Pour nos gouvernants, la culture apparaît comme quelque chose de très dérisoire, qui n’a pas besoin du soutien public. Nous n’avons qu’à nous débrouiller pour financer nos œuvres ! Pour nous, artistes et acteurs culturels, c’est très inconfortable. Comment créer dans ces conditions ?».

La situation, ajoute Marie-Clémence Paes, est en train de s’aggraver dans le contexte actuel de libéralisation et cette tendance qui se développe parmi les dirigeants du Sud à dire : «privatisons tout et tout ira mieux».


par Anne-Marie  Mouradian

[03/02/2007]

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