par Myriam Berber
Article publié le 27/08/2007 Dernière mise à jour le 27/08/2007 à 17:02 TU

La taxe de solidarité internationale sur les billets d’avion permet de financer l’achat de médicaments pour les trois grandes maladies infectieuses (sida, paludisme, tuberculose).
(Photo : AFP)
Défendu depuis longtemps par l’ancien président français Jacques Chirac et le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, la taxe de solidarité internationale sur les billets d’avion est entrée en vigueur en France le 1er juillet 2006. Destinée à financer l’accès aux médicaments pour les plus pauvres, elle était suivie, le 19 septembre 2006, de la création du fonds international Unitaid (projet commun de cinq pays fondateurs : la France, le Brésil, le Chili, la Norvège et le Royaume-Uni), une centrale d’achat de médicaments à faible coût. En France, la « taxe Chirac » devait rapporter environ 200 millions d’euros par an. Mais, selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) chargée de récolter cette taxe auprès des compagnies aériennes, cette estimation devrait être revue à la baisse : les sommes prélevées n’atteindront plus que 160 millions d’euros. Au cours des sept premiers mois de l’année, 95 millions d’euros ont déjà été récoltés.
L’estimation établie lors du lancement du projet a été faite sur des projections de trafic surestimées et notamment sur les deux segments où la taxe est la plus élevée : la classe affaires et la première ainsi que les destinations hors d'Europe. Sur les vols intérieurs et en Europe, cette contribution de solidarité est d’1 euro pour les vols en classe économique et de 10 euros pour les vols en classe affaires et première. Hors d’Europe, elle est de 4 euros pour les billets en classe économique et de 40 euros pour les billets en classe affaire et première.
Des traitements destinés aux enfants
Dans un futur proche, les recettes devraient cependant augmenter. Depuis sa création, 26 pays ont adhéré à Unitaid. Certains comme le Chili, la Corée du Sud, le Niger, Madagascar, la Côte d’Ivoire et le Congo ont adopté une loi pour mettre en place une taxe de solidarité sur les billets d’avion comme celle de la France. D’autres comme la Norvège, le Brésil et le Royaume-Uni contribuent au Fonds par des financements spécifiques. Les Britanniques se sont, par exemple, engagés à financer le Fonds sur 20 ans par l’apport de 20 millions d’euros par an dès cette année et 60 millions d’euros dès 2010. Pour sa part, la Norvège versera à Unitaid une partie de la taxe sur l’émission de gaz carbonique.
Cette année, le budget d’Unitaid est de 225 millions d’euros (300 millions de dollars), dont les 160 millions d’euros pour la France. Le Fonds qui s’appuie sur les structures de l’Organisation mondiale de la santé, se concentre pour ses premières actions sur les traitements destinés aux enfants. A l’heure actuelle, Unitaid a déjà engagé près de 150 millions d’euros dans des actions qui profiteront à 65 pays. L’ancien ministre français des Affaires étrangères et actuel président d’Unitaid, Philippe Douste-Blazy a précisé que « 100 000 enfants séropositifs vont bénéficier cette année d’antirétroviraux dans 34 pays d’Afrique et d’Asie contre 15 000 les autres années». Déjà, Unitaid par un accord signé avec deux laboratoires pharmaceutiques indiens va permettre de financer dans 66 pays plusieurs médicaments antirétroviraux de deuxième ligne, pour les patients ayant développé des résistances aux traitements de première intention. D’autres médicaments arrivent également sur le terrain notamment des médicaments contre la tuberculose pour traiter 150 000 enfants et les nouveaux antipaludéens pour fournir 12 millions de traitements.