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Nucléaire français: réconciliation forcée pour EDF et Areva

Après des années de guerre et de luttes d'influences, les deux géants du nucléaire français sont priés de mettre leurs divergences en sourdine. La filière française du nucléaire civil est trop dispersée pour l'Elysée qui évoque l’entrée d’EDF dans le capital d’Areva… Avantage à EDF. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a affirmé mercredi 28 juillet que plusieurs partenaires, au premier rang desquels le Japonais Mitsubishi, étaient prêts à entrer au capital du groupe nucléaire français.
Par Anaïs Agbo
« Partenariat stratégique » : les mots sont lâchés. L’Elysée a annoncé « un accord de partenariat stratégique entre EDF et Areva couvrant l'ensemble de leurs domaines d'activité d'intérêt commun ». Sur la base des recommandations du rapport Roussely, (du nom de François Roussely, ancien directeur d’EDF) dont une synthèse a été publiée hier sur le site de l’Elysée, Nicolas Sarkozy a donné ses orientations pour la réorganisation du nucléaire français. Il s’agit d’éviter de reproduire l’échec cuisant de décembre 2009. Par manque de cohésion, la France avait perdu un important contrat pour la construction de quatre centrales nucléaires dans les Emirats Arabes Unis, au profit de la Corée du Sud.
Une équipe de France du nucléaire menée par EDF
Désormais, EDF et Areva, les deux champions nationaux du nucléaire français sont tenus de travailler ensemble : pour l’approvisionnement en combustibles comme pour l’exportation des centrales nucléaires, deux sujets de discorde récurrents. EDF, présidé par Henri Proglio, sera le chef de file de cette fameuse « équipe de France du nucléaire » pour conquérir les marchés étrangers. Anne Lauvergeon, fraîchement reconduite à la tête d’Areva par le président de la République et dont les relations avec Henri Proglio sont loin d’être faciles a fait savoir que ce « leadership d’EDF à l’international ne pose pas de problème. »
EDF dans le capital d’Areva
Dans la mise en œuvre de ce partenariat stratégique, le chef de l’Etat suggère même « l'éventualité d'une prise de participation d'EDF dans le capital d'Areva ». Une consécration pour l’électricien français qui détient déjà 2,4%. Et un scénario inédit. Le rapport Roussely ne l’envisage même pas. Au contraire, Jean-Cyril Spinetta, l’actuel président du conseil de surveillance d’Areva avait déconseillé au gouvernement, dans un rapport remis l’année dernière, de s’engager dans cette voie. Comment interpréter qu’EDF entre au capital d’Areva ? Autrement dit que l’exploitant de centrales nucléaires prenne du galon dans le capital du fabricant. Pas sûr, effectivement, que les clients du numéro un mondial de l’énergie nucléaire apprécient que l’électricien français, concurrent direct, puisse avoir un œil sur les offres de centrales qui leur seront proposées.
Une augmentation de 15% du capital d’Areva
Areva doit impérativement procéder à une augmentation de capital pour financer des investissements nécessaires à son développement. L’Etat a donc confirmé qu’une augmentation à hauteur de 15%, sera mise en œuvre avant la fin de l’année. Aux côtés d’EDF, sont pressentis des actionnaires étrangers comme le Japonais Mitsubishi Heavy Industries et des investisseurs du Golfe, en particulier du Qatar et du Koweït.
Par ailleurs, la construction d’un autre réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR, à Penly, en Seine-Maritime est gelée. L’Elysée préfère attendre les retours d’expérience des deux premiers exemplaires en cours de construction : en Finlande et à Flamanville, dans l’ouest de la France, les chantiers ont pris beaucoup de retard.

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