Nucléaire: rapprochement entre les géants Areva et EDF sous la houlette de l’Elysée

Après des années de guerre larvée et de lutte d'influence, les deux géants du nucléaire français sont priés de mettre leurs divergences en sourdine. Trouvant la filière française du nucléaire civil trop dispersée, l'Elysée impose un rapprochement avec un plus pour EDF qui devrait bientôt entrer dans le capital de son rival.
Il y a des prières qui sonnent comme des ordres. L'Elysée souhaite qu'EDF et Areva scellent un « accord de partenariat stratégique ». Mis en ligne le 27 juillet, le rapport Roussely sur l'avenir de la filière nucléaire française parle de ce partenariat comme d'une nécessité «impérieuse». Pour qu'il ait « du corps », il faut un « dialogue sérieux et une volonté partagée », ajoute le rapport. Comprenez en clair: il est temps que les patrons d'EDF et d'Areva, Henri Proglio et Anne Lauvergeon, cessent leur duel larvé.
Les deux groupes sont priés de mettre en commun leurs compétences pour exporter des centrales nucléaires. Le pari est risqué. Les clients d'Areva pourraient ne pas apprécier que leur concurrent EDF ait un droit de regard sur le prix et les technologies des centrales qui leur sont proposées.
Areva obtient une augmentation de capital qui ira jusqu'à 15% d'ici la fin de l'année. Investisseur pressenti : le japonais Mitsubishi. Mais l'Elysée ne ferme pas la porte à une participation éventuelle d'EDF.
Finalement le chantier de construction de Penly en Seine-Maritime ne sera pas lancé immédiatement. L'Elysée souhaite attendre les retours d'expérience des chantiers EPR en cours en Finlande et à Flamanville.

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