Paris sanctionne l’officier français qui a malmené un journaliste togolais à Lomé

L'officier français en poste a Lomé, qui a été visionné un demi-million de fois sur internet en train de s'en prendre violemment à un journaliste togolais, a finalement été sanctionné par Paris. Une sanction disciplinaire de 10 jours d'arrêt pour « atteinte au renom de l'armée française », a annoncé le 13 août le ministère français des Affaires étrangères. Au Togo, les journalistes et défenseurs des droits de l'homme ont dénoncé, dans un communiqué, ce comportement « colonial » et « barbare » envers le reporter du quotidien Liberté, Didier Ledoux, qui a décidé de porter plainte.
L'échange musclé, diffusé sur You Tube, a été déjà visionné par plus de 500 000 internautes. On y voit l'officier français intimer l'ordre au journaliste de supprimer ses photos : « Je m'en fous que tu sois de la presse, tu enlèves ta photo, tout de suite. Tu veux qu'on te donne un coup sur l'appareil ou quoi ».
Puis, le coopérant français s'adresse à un gendarme togolais « tu le mets en taule », avant de menacer de faire appel au régiment des commandos de la garde présidentielle. Didier Ledoux, le photojournaliste malmené, a décidé le 13 août de porter plainte contre le militaire français.
« Cela m’a fait penser tout de suite à un temps bien avant les indépendances. Un temps où l’on se croit tout permis parce qu’on a tous les pouvoirs, et c’est ce qui m’a le plus fait mal. Je ne m’attendais pas à cette menace d’un officier de l’armée française, de surcroît un gradé. Je porte plainte afin que justice soit rendue, et que cela serve de leçon à tous les bourreaux des médias. »
L'Association des journalistes pour les droits humains envisage elle aussi de porter plainte comme l’explique son président Carlos Ketohou : « Dans cette période très difficile pour la presse togolaise, il n’est pas possible qu’un officier, et français, donne le ton à certaines autorités togolaises qui ont toujours bafoué la liberté de presse. C’est ce qui me choque dans cette affaire».
Conseiller du chef d'état-major de l'armée de terre au Togo, le coopérant français est sanctionné. Interrogé par l'hebdomadaire français l'Express, il se déclare « victime » dans cette affaire et affirme : « Je me suis fait piéger ». Le ministère français des Affaires étrangères a précisé que le coopérant militaire et conseiller du chef d'état-major de l'armée de terre au Togo est , « rappelé immédiatement à Paris ».

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