GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 16 Mars
Dimanche 17 Mars
Lundi 18 Mars
Mardi 19 Mars
Aujourd'hui
Jeudi 21 Mars
Vendredi 22 Mars
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    France

    Alain Corneau ne donnera plus de leçons de films noirs

    media

    Douze jours après la sortie de son dernier film Crime d’amour, Alain Corneau est décédé le 30 août à Paris à l’âge de 67 ans d’un cancer du poumon. Le réalisateur français, né le 7 août 1943 à Meung-sur-Loire, est devenu célèbre avec l’adaptation de Série noire en 1979, Nocturne indien en 1989 et le César du Meilleur film et Meilleur réalisateur pour Tous les matins du monde en 1992. Il était le compagnon de la cinéaste et écrivain Nadine Trintignant.

    « Un film ressemble beaucoup à la musique »

    Quand il parlait de ses films comme d’une partition de musique, ce n’était pas un hasard. Au début, Alain Corneau voulait devenir musicien et faire une carrière comme batteur de jazz. Enfant,

    Du jazz, il me reste le rythme.
    Alain Corneau, cinéaste le 20 octobre 2007 sur RFI 16/10/2013 - par Yasmine Chouaki Écouter

    il avait grandi à côté d’une base militaire américaine : « Il y avait 60 000 habitants à Orléans et 14 000 soldats américains », avait-il raconté lors de la sortie de son film autobiographique Le Nouveau Monde en 1995.  Il avait été profondément fasciné par la culture jazz dans la France d’après-guerre. « J’ai hésité un moment, et puis je me suis dit : non, le jazz n’était pas tout à fait ma famille, explique-t-il son choix de suivre le cinéma dans l’émission Culture vive sur RFI en 2007. J’étais un peu obsédé par les racines afro-américaines, par le fait que c’était une musique noire. J’ai eu peut-être tort, mais peu importe. Par contre, j’ai eu des moments merveilleux. Cela m’a apporté ce que j’appelle dans ma petite boutique ‘ le swing ’ et qui est quelque chose de très proche du cinéma. Je pense, qu’un film ressemble beaucoup à la musique dans la façon dont on monte, on conçoit. C’est une affaire d’idées et de thèmes. A la fois c’est une histoire uniquement de sensations et cela dépend des longueurs de plans et des rythmes et des leitmotivs. »

    « Une assez forte cinéphilie »

    Au début, il ne savait pas quel cinéma il voulait faire. Il commençait par une « assez forte cinéphilie, trois, quatre films par jour » avant de tomber amoureux du genre des polars noirs. Il fait sa formation avec des séries-B américaines qui étaient « mal considérées, mal traitées, jamais critiquées. Après, je me suis ouvert au grand cinéma américain. Il m’a fallu un certain temps avant de revisiter l’histoire du cinéma français et de découvrir la cinémathèque et tous les autres cinémas du monde. » Son premier film, France société anonyme avec Michel Bouquet en 1974 était, selon lui, « un film fourre-tout » pour se trouver. Il avait fait ses réels débuts aux côtés de Costa-Gavras et a aussi travaillé plusieurs fois avec Yves Montand. Et il était assistant de Nadine Trintignant pour Ca n’arrive qu’aux

    Pour « Série noire » j’ai passé plusieurs stades...
    Alain Corneau, cinéaste le 20 octobre 2007 sur RFI 16/10/2013 - par Yasmine Chouaki Écouter
    autres.
    Le cinéma était pour lui un monde où les gens sont plongés dans le noir et s’identifient à des personnages en découvrant une partie d’eux-mêmes : « Je ne suis pas lui, mais je pourrais l’être. Le film noir est au centre du volcan : qui est coupable, qui ne l’est pas ? On peut dire un tas de choses d’une manière masquée. Il y a plusieurs lectures possibles : l’histoire, le destin, et très souvent dans les films noirs, il y a une radiographie sociale qui est en général assez explosive, qui n’est jamais du côté des bienpensants et du pouvoir. »

    « Nous sommes une sorte de chaos merveilleux »

    Série noire avec Patrick Dewaere est devenu son film culte, mais en plus des polars il a aussi bien réalisé des superproductions avec Gérard Depardieu comme Fort Saganne en 1984 (considéré à l’époque comme le film le plus cher du cinéma français) que Nocturne indien, une production intimiste de la société indienne en 1989 ou une adaptation de l’univers japonais et bizarre de Stupeur et tremblements de l’écrivain belge Amélie Nothomb, tournée avec Sylvie Testud à Paris et en japonais en 2002 : « Si l’autre est différent, alors acceptez le ! » confiait-t-il après la sortie du film. « C’est à ce moment-là que vous allez vous transformer, parce que nous sommes faits de milliards de trucs. Nous sommes une sorte de chaos merveilleux. Si ce chaos devient quelque chose qu’il faut maîtriser et dompter, là on va vers la folie, vers la pureté, le fondamentalisme… et c’est tellement loin de ce qu’on est réellement que c’est comme une sorte de castration totale de l’individu. Au cinéma, c’est une belle métaphore d’aller dans des pays très lointains, très différents visuellement du nôtre, avec des cultures différentes, c’est même un peu plus facile. Mais on peut le faire aussi ici. Quand on fait des films policiers on parle de cela aussi. On dit qui est coupable et qui ne l’est pas. »

    « Le contraire du film noir, c’est le super-héros »

    Pour le film noir, il n’y a pas de règles.
    Alain Corneau, cinéaste, le 23 octobre 2007 dans "Culture vive" sur RFI 16/10/2013 - par Pascal Paradou Écouter
    En 2007 il rivalise avec le film culte de Jean-Pierre Melville Le Deuxième Souffle. Un casting de rêve avec Daniel Auteuil, Monica Bellucci, Michel Blanc et Jacques Dutronc qui permet à Corneau de donner une nouvelle définition du film noir : « Le contraire du film noir, c’est le super-héros et le serial-killer. A partir du moment où on sait que lui va être très bon et lui va être très mauvais, à ce moment, il n’y a plus de film noir. On est dans la certitude. Le film noir, c’est une leçon d’incertitude. C’est une leçon toujours bonne à prendre. » Le film a été boudé par le public. Tant pis. Selon Alain Corneau, les meilleurs films noirs ont toujours besoin de dix ans avant d’être acclamés. Rendez-vous en 2017.


    Chronologie et chiffres clés
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.