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Article publié le : mardi 31 août 2010 - Dernière modification le : mardi 31 août 2010

Le virage sécuritaire du gouvernement continue de diviser la majorité

Fadela Amara et Bernard Kouchner.
Fadela Amara et Bernard Kouchner.
Reuters/Jacky Naegelen

Par RFI

Valérie Pécresse (UMP) a lancé un appel à l'union mardi 31 août au matin lors de son discours d'ouverture de l'université d'été des jeunes UMP, en mettant en garde ceux dont les « ambitions personnelles (...) font perdre le cap ». Malgré le soleil présent sur le campus de l’UMP, la morosité est palpable. Les débats ont été resserrés à une seule journée, en grande banlieue parisienne, officiellement pour être en phase avec la situation économique difficile que connaît le pays.

Ce campus devait être celui du rassemblement pour préparer les militants aux échéances de 2012 et requinquer le moral des troupes en vue des batailles à venir. Or, c’est tout l’inverse qui se produit. L’extrême tension qui règne au gouvernement sur la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy est en train de véritablement miner les débats et l’ambiance.

Ainsi dès ce matin, ce rappel à l’ordre musclé de Valérie Pécresse, qui n’a pas hésité à tacler sa collègue au gouvernement Fadela Amara. Cette dernière ayant ce matin après Bernard Kouchner et Hervé Morin, critiqué la surenchère sécuritaire de Brice Hortefeux. « Soit on assume, soit on démissionne », a tranché Valérie Pécresse.

Le malaise créé par le virage sécuritaire du gouvernement

C'est la première fois qu’un ministre appelle aussi fermement l’un de ses collègues à la démission. De quoi désespèrer les militants rassemblés à Port-Marly, ces « jeunes populaires », qui en ont assez des querelles et des divisions. Ils déplorent le malaise créé au sein de leur parti par le virage sécuritaire du gouvernement cet été.

Et ce que l’on entend le plus sur place à Port-Marly (Yvelines), c'est qu'il vaudrait mieux traiter en priorité les questions d'emploi plutôt que de se focaliser uniquement sur celles liées à la sécurité. C’est effectivement la question qui semble le plus préoccuper les jeunes de l'UMP.

Quand Fadela Amara se démarque de la politique sécuritaire du gouvernement

« Je suis contre l’élargissement de la déchéance de la nationalité à toutes les autres formes de crimes… Pour construire le vivre ensemble, il faut prendre du recul et apaiser, et non mettre de l’huile sur le feu ». Interrogée ce mardi 31 août 2010 sur RTL, Fadela Amara ne fait pas dans la langue de bois, et confirme sa réputation pour le franc-parler.

La secrétaire d’Etat chargée de la Ville avait précédemment rejeté le lien entre délinquance et immigration, comme l’avait affirmé au début de ce mois Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP. Elle-même est fille d’immigrés algériens. Ce 31 août, elle le dit à nouveau : « Nos parents n’ont pas émigré pour que leurs enfants basculent dans la délinquance ».

Faut-il y voir un rejet de la politique sécuritaire impulsée par le chef de l’Etat ? Fadela Amara tempère ses propos : « Le président de la République est dans une logique et une détermination d’éradiquer l’insécurité et la délinquance. Je suis totalement pour la fermeté afin de rétablir l’ordre républicain qui est émancipateur ». Quid des Roms ? « J’ai toujours milité contre les expulsions ». Voilà qui a le mérite d’être clair. Pour la secrétaire d’Etat, les textes de loi actuels sont suffisants pour combattre la délinquance. Reste à les appliquer.

Ces divergences exprimées et assumées, ne pousseraient-elles pas Fadela Amara à quitter le gouvernement ? Contrairement à Bernard Kouchner qui s’est déclaré ému des expulsions des Roms, et a même envisagé de démissionner en signe de protestation contre une politique qui a, selon lui, écorné l'image de la France, la secrétaire d’Etat répond : « Je ne suis pas quelqu’un qui jette l’éponge. Je reste et je continuerai ».

Nicolas sarkozy la gardera-t-il dans le prochain gouvernement dont le remaniement est annoncé pour octobre ? Rien n’est moins sûr. D'autant plus que l’Elysée déclare ce jour que le président reste inflexible sur cette question.

tags: France - Politique française
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