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    France

    Le webdocumentaire peine à trouver un modèle de financement viable

    media

    Le prix RFI-France 24 du webdocumentaire sera remis officiellement mercredi 1er septembre 2010, lors du Festival Visa pour l’image, à Philippe Brault et David Dufresne pour Prison Valley. Le webdocumentaire est un nouveau genre journalistique mélangeant photos, vidéo, audio et diffusé sur internet. Il cherche encore un modèle qui soit viable financièrement.

    Prison Valley, formidable road-movie interactif sur l’industrie carcérale aux Etats-Unis, a remporté le prix du webdocumentaire au Festival Visa pour l’image. Diffusé sur internet en avril puis sur Arte, dans une version télévisée, en juillet, il a bénéficié de gros moyens. Son budget : 220 000 euros, financés par le producteur Upian, la chaîne Arte et le CNC (Centre national du cinéma).

    Prison Valley a rapporté 30 000 euros à chacun des deux auteurs. « On ne se plaint pas, reconnaît l’un d’entre eux, le photographe Philippe Brault, mais rapporté à un an et demi de travail, 15 heures par jour, on s’y retrouve tout juste ». Philippe Brault et son partenaire David Dufresne, peuvent aussi compter sur les droits d’auteurs qu’ils tireront de la version télévisée de Prison Valley diffusée récemment sur Arte.

    « Je ne pourrai pas vivre que de ça »

    Gagner de l’argent grâce au webdocumentaire reste difficile. Le sujet Les arbres du Kilimandjaro, également sélectionné à Visa pour l’image, s’est vendu 2 500 euros seulement au site LeMonde.fr. Pour financer leur travail, qui a duré quatre mois, les auteurs David Castello-Lopes et Luc Ihaddadène ont dû compter sur une bourse de 5 500 euros, versée par la fondation Bill et Melinda Gates. « Je ne pourrai pas vivre que du webdocumentaire, je fais du montage télé à côté », avoue David Castello-Lopes, journaliste indépendant.

    Devant ces difficultés de financement, beaucoup de photographes sont réticents à se lancer dans le webdocumentaire. « Les réseaux de financement ne sont pas encore au point », estime Jérôme Sessini, ancien photographe à l’agence Œil Public, aujourd’hui indépendant. Alain Buu, également indépendant, s’interroge par ailleurs sur le mode de diffusion du webdocumentaire. « On nous parle des tablettes numériques comme l’avenir de la presse, mais pour des raisons techniques, on ne peut pas télécharger de webdocumentaires sur l’Ipad ! », souligne-t-il.

    Le webdocumentaire, une vitrine

    Si le webdocumentaire reste peu avantageux pour les journalistes, il l’est encore moins pour les diffuseurs. « Le webdocumentaire n’attire pas spécialement les annonceurs, reconnaît Boris Razon, rédacteur en chef du site LeMonde.fr, mais nous ne sommes pas dans une logique de rentabilité. Le webdocumentaire nous permet surtout de nous différencier dans un marché de l’information très concurrentiel ».

    Le webdocumentaire, une vitrine, mais c’est aussi un pari sur l’avenir. La société Upian qui a co-produit Prison Valley a laissé 50 000 euros dans l’aventure. Mais pour Alexandre Brachet, fondateur de cette société spécialisée dans la production multimédia, « le webdocumentaire est un investissement, on est en train de défricher ». Rappelant que le documentaire classique avait déjà des difficultés à se financer, il lance une piste : « Pourquoi ne pas faire comme pour Prison Valley, décliner systématiquement le webdocumentaire en une production télévisée ?»

    Recourir aux médias traditionnels comme la télévision pour financer le webdocumentaire, un paradoxe pour un genre qui se voulait totalement novateur. Le photographe Philippe Brault, co-auteur de Prison Valley, admet que le modèle économique du webdocumentaire reste à inventer. Mais pour lui, l’enjeu est ailleurs : « le webdocumentaire représente un nouvel espace de liberté, à l’heure ou la télévision est de plus en plus formatée et où la photo a de moins en moins de place ». 

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