GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Lundi 16 Septembre
Mardi 17 Septembre
Mercredi 18 Septembre
Jeudi 19 Septembre
Aujourd'hui
Samedi 21 Septembre
Dimanche 22 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    France

    Chiottissime, toilettes du monde et culture du petit coin

    media "Où est l'eau?" Toilettes dans le Sahara marocain (Maroc, 2005) Rainer Drexel

    Juste un simple trou dans la terre, des toilettes en or ou une cuvette à fond creux avec une touche écoflush chromée, chaque personne, chaque pays et chaque continent a sa propre façon d’aller aux toilettes. L’exposition « Chiottissime ! » montre à Paris jusqu'au 20 octobre en plein air 46 photos de toilettes dans 31 pays différents, réalisées par 42 photographes plus ou moins célèbres (Willy Ronis, Robert Doisneau, Alison Wright). Admirez l’une des deux dernières vespasiennes de Paris. Découvrez des versions insolites et dramatiques du petit coin d’Afrique du Sud jusqu’au Viêt Nam. Apprenez ses centaines appellations d’origines contrôlées : c’est le trône en famille, le cabinet d’aisances pour les historiens, les feuillées chez les militaires ou le grenier à pommes en argot. Plongez dans la culture de la cuvette !

    A la Bastille, il se passe des choses… Ce matin-là, sous un ciel bleu, il y a l’éclat de l’Opéra à admirer, mais aussi les sauts des skaters, les bateaux amarrés dans le port de plaisance et plein de toilettes en grand format ! Non, pas en chaire et en os, ni avec véritable chasse d’eau ou en porcelaine, mais des incarnations en 46 photos grand format en accès libre sur le boulevard de la Bastille dans le 12e arrondissement de Paris. « C’est un événement urbain avec un aspect divertissement et surprise, explique François Cuel, le commissaire de Chiottissime!. Notre idée était de déployer 46 regards différents sur la cuvette et de montrer que dans ce petit mètre carré des toilettes il y a le monde entier. On pouvait parler de tous les problèmes du monde en parlant des toilettes. »

    Les restaurants au thème des toilettes
    sf
    François Cuel, commissaire de « Chiottissime! » 23/09/2010 Écouter

    Robert Doisneau nous fait sourire avec ce « petit endroit discret » et ouvert en plein milieu de la foule aux Halles de Paris en 1956. Le Prince Charles s’est fait prendre par David Gray en flagrant « délit » sortant de toilettes publiques lors d’une visite en Australie en 2005. A Saint-Pétersbourg, c'est chacun pour soi : à chacun sa lunette accrochée comme des fers à cheval aux murs des toilettes. Et les toilettes en or à Hong Kong, actuellement les plus chères du monde, ne font pas chi… mais rêver.

    Toutes les photos ne sont pas divertissantes. Certaines sont émouvantes, graves ou tragiques. Il y a « Un champ de ruines » : 600 sièges de toilettes installées comme un cimetière par l’artiste Nada Sehnaoui à Beyrouth pour commémorer le début de la guerre civile libanaise. Il y a « La planque » qui montre des jeunes réfugiées tchétchènes qui jouent à la guerre dans les latrines d’un camp en Ingouchie. Ou cette scène en Angola : un enfant avec une jambe amputée se retrouve après un bombardement à côté de Jésus à la Croix dans le seul endroit préservé de l’église : les toilettes.

    Frédéric Huijbregts
    Frédéric Huijbregts, photographe 27/09/2010 Écouter

    La balade autour du coin se révèle aucunement crado, mais très créative. Un reflet du monde où chaque tirage renvoie à une véritable culture différente: « Il y a deux grandes cultures de toilettes. Il y a ceux qui en ont et ceux qui n’en ont pas » poursuit François Cuel. Après il y a beaucoup de différences culturelles: en Chine, les habitants ont un rapport plus délié que le nôtre, plus indifférent, plus amusé que nous. A Pékin et dans beaucoup de villes chinoises, on trouve des toilettes publiques où il y a cinq ou six personnes et pratiquement séparées par rien du tout. Pour nous, les Européens, qui arrivent en touristes en Chine, c’est une épreuve. Les Américains laissent la porte ouverte quand ils sont aux toilettes. Les Français vont laisser plutôt la porte fermée. Pourquoi les Américains laissent les portes ouvertes ? Pour aérer et pour signaler quand les toilettes sont occupées. Les Allemands, depuis toujours, ont une culture d’économie d’eau, ils disposent d’une chasse urine et d’une chasse matière depuis très longtemps. »

    Ferdinando Scianna/Magnum Photos

    L’exposition scrute scrupuleusement le trône par tous les angles et sur tous les continents, explique que Louis XVI disposait déjà de toilettes munies de quatre leviers et comment la garde-robe des Rois était révolutionnée pour tout le monde en 1880 par l’Anglais Thomas Crapper et l’industrialisation de la chasse d’eau moderne. En France, le sujet des toilettes restait longtemps tabou. « Il y a vingt ans, c’était difficile d'en parler, constate François Cuel, aujourd’hui, certains décorateurs, certains architectes se sont préoccupés des toilettes et lentement le tabou se lève. Les toilettes deviennent un enjeu. Quand on va chez les gens, il y a de moins en moins des placards à balais, les gens ont une salle décorée, parfois théâtralisée. Ils y mettent des livres, y proposent des choses. On sent que ce ne sont plus des moments perdus. Je connais quelqu’un qui a un téléphone dans ses toilettes. La pièce devient importante. »

    L’expo reste loin des sujets sensibles comme les toilettes à la turque (souvent sales) dans la capitale française ou la revendication du père lillois Arthur Hervet des toilettes

    Révolution WC
    sf
    François Cuel, commissaire de l'exposition "Chiottissime!" 23/09/2010 Écouter

    mobiles pour les Roms. « Chiottissime! » n’a rien à voir avec merdique. Au contraire : aucune trace de pipi ou de caca à l’horizon des cuvettes exposées. Après le sexe et la religion, les excréments sont-ils le dernier tabou dans l’art ? « Oui. La matière elle-même est assez délicate, conclut le commissaire. Cela pourrait presque être l’objet d’une exposition. C’est difficile, parce qu’il faut s’approcher de cela avec finesse – si j’ose dire. On n’a pas envie de voir cela. Dans les archives, j’ai trouvé une photo de Martin Parr, le photographe britannique du mauvais goût. Un urinoir avec plein de mégots dans l’urine. Une image terrible, qu’on a écartée. »

    Résultat : on garde la bonne distance pour contempler plein de détails délicats et pour profiter pleinement d’une balade artistique, agréable et instructive entre des toilettes du monde entier - sans vertiges pour les yeux ni odeurs nauséabondes.

    "Les taxis et la ronde." Une des deux dernières vespasiennes de Paris, boulevard Arago (2010) Marc Gibert

    Merci SIAAP !

    La cuvette lancée dans l’arène de l’art comme sujet tendance avec un prétexte d’hygiène. C’est le SIAAP, le service public de l’assainissement francilien, qui fête ses 40 ans d’existence avec cette exposition décalée, plein d’humour et d’infos sur une des parties centrales du système d’assainissement et nos habitudes et nos tics au petit coin.

    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.