GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 8 Novembre
Samedi 9 Novembre
Dimanche 10 Novembre
Lundi 11 Novembre
Aujourd'hui
Mercredi 13 Novembre
Jeudi 14 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent
    Israël: les sirènes d'alarme activées à Tel-Aviv suite à une frappe tuant un commandant palestinien à Gaza (armée)
    France

    Expo Murakami à Versailles: le château vit bien la polémique

    media Colette Thomas/RFI

    Après plusieurs associations, c’est maintenant un descendant de Louis XIV qui veut obtenir en justice l’interdiction de l’exposition de l'artiste japonais Murakami. Qu’il plaise ou qu’il irrite, le mélange de ces sculptures contemporaines avec les ors du château semble malgré tout faire les affaires de ce gigantesque musée.

    Exposition Murakami, ou pas, le château de Versailles est une usine à touristes. Dès la sortie du train de banlieue et de la gare située à cinq minutes à pied des grilles du château, on est sollicité par les représentants d’une agence de voyages : venez dans notre agence acheter vos billets, c’est juste à côté, vous serez quitte de faire la queue pour entrer au château.

     
    C’est le matin, on est en semaine, et il ne fait pas beau : pourtant il y a foule aux abords du château. Pour entrer, il faut d’abord piétiner dans une file d’attente afin de passer le contrôle de sécurité. Les gens s’engouffrent ensuite dans les salles où sont proposées, depuis début septembre, les œuvres de l’artiste japonais : 22 en tout dont 11 œuvres nouvelles créées spécialement pour l’exposition. Le public, cela ne fait pas de doute, a entendu parler de la polémique autour de l’installation de ces sculptures contemporaines au château.
     

    « Ce serait parfait chez Disney », me dit une dame. Elle me raconte que même les enfants trouvent l’intrusion de ces sculptures déplacée, malgré la parenté évidente des œuvres de Murakami avec les mangas, les bandes dessinées japonaises, devenues à la mode.

    Visiter cette exposition qui a fait tellement couler d’encre permet, en tout cas, de revoir cette immensité architecturale où tout est esthétique, équilibré, majestueux, et qui donne une idée d’un luxe passé inouï. Qu’il s’agisse des bâtiments, des jardins, de la décoration intérieure des salles, le roi Soleil avait sollicité les meilleurs pour réaliser le plus beau. Louis Le Vau, Mansart, Robert de Cotte, Charles Le Brun, André Le Nôtre ou encore Le Bernin ont fait ce Versailles de dorures, de verre, de marqueterie, qui fait rêver les visiteurs comme si ce cocon, figé dans le temps, pouvait protéger de la rudesse du monde extérieur.

    Aujourd’hui quand le public se promène avec une certaine déférence devant les sculptures de Murakami posées dans ces salles qui se succèdent en U autour de la cour royale, il n’oublie pas de regarder le cadre. Il s’agit de grandes salles, parfois restaurées, parfois, non, comme la salle des Gardes. Dans celle-ci, les visiteurs lèvent le nez ; ils sont attirés par la multitude de petits papiers collés au plafond comme autant de post-it ; une réparation temporaire, sans doute pour parer au plus pressé, avant la restauration de ces peintures qui recouvrent le plafond. Au sol, la sculpture de Murakami qui s’appelle J.

    La chambre de la reine a échappé à l’artiste japonais. Refaite entre 1948 et 1976 dans son état de 1789, des légendes indiquent par quelle porte dérobée est partie Marie-Antoinette un soir fatal d’octobre. On apprend également que les soieries de cette chambre ont été retissées à Lyon, capitale française de la soie.

    « Magnifique », dit une dame ; « je suis très contente », dit une autre. Elles sortent de la salle des gardes du roi où Murakami a joué sur l’espace en mettant sur un mur une peinture géante et a recouvert le sol d’une moquette aux mêmes motifs. L’histoire ne dit pas si, l’exposition Murakami terminée, la moquette restera ou si le sol retrouvera son vieux parquet et ses petits grincements désuets. Un jeune Asiatique regarde ce tableau intitulé Six princesses et tape en même temps du pied pour mieux sentir cette moquette très colorée qu’il verrait peut-être bien chez lui. 

    Dans la salle du sacre, on avance dans le temps et l’histoire racontée là vole la vedette à la sculpture de Murakami qui s’appelle pourtant Les nouveaux habits de l’empereur. Des peintures monumentales recouvrent les quatre murs de cette pièce transformée par Louis-Philippe et dédiée Napoléon 1er. L’une de ces toiles est le couronnement de l’empereur, le 2 décembre 1804. « Alors, c’est Joséphine ? », demande une personne derrière moi. « Oui, et c’est l’empereur qui lui met la couronne », précise quelqu’un d’autre, « et il y a l’évêque aussi ».   

    Réviser l’histoire de France, être partie prenante de la polémique autour de l’exposition Murakami, artiste et businessman âgé de 48 ans: il y a foule à Versailles, site très étendu qui peut absorber des dizaines de milliers de visiteurs à la fois.

    La question reste cependant posée comme en 2008, au moment de l’exposition Jeff Koons Versailles : est-ce une bonne idée de faire entrer l’art contemporain dans l’un des sites français les plus chargés d’histoire ? Les associations de défense du château disent non. Jean-Jacques Aillagon, président de l’Etablissement, dit oui et confirme son soutien à l’artiste japonais : « Le talent de Murakami a su créer une imagerie nouvelle, puisant à la fois dans les ressources de la tradition de son pays, dans celles de la bande dessinée japonaise –le manga- mais aussi dans toutes les expressions des cultures pop. Sa virtuosité, sa familiarité avec les matériaux précieux, son sens de la fonction médiatique de l’art trouvent, dans cette vaste machine à créer, à innover et à communiquer que fut Versailles, un écho tout particulièrement intéressant ». Cet art procure-t-il des émotions ? Apparemment, ce n’est pas la question.

    L'exposition Murakami au château de Versailles se tient jusqu'au 12 décembre.

     

    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.