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    France

    « Lénine, Staline et la musique », une partition art et pouvoir

    media "La Porte du Saint-Sauveur", projet de décor de Vladimir Tatline pour l'opéra "Une vie pour le tsar" (1936) de Mikhaïl Glinka, d'après la légende d'Ivan Soussanine, héros national russe. Moscou, galerie nationale Tretiakov

    Dans le cadre de l'Année France-Russie 2010, la Cité de la Musique propose une balade originale et ambitieuse à travers la vie musicale de l'ère soviétique - partant de la Révolution d'octobre 1917 jusqu'à la mort de Staline en 1953. L'exposition « Lénine, Staline et la musique » unit près de 400 œuvres - partitions et peintures, costumes et sculptures - dont certaines sont montrées pour la première fois en France. Dans une mise en scène captivante étalée sur deux étages, le visiteur peut décrypter jusqu’au 16 janvier les relations complexes entre art et pouvoir.

     

    "Lénine, 1919, Staline, 1945" L. Mészáros wa75/St-Pétersbourg/Musée Histoire Politique Russie

    La musique est un moyen efficace d'unifier les masses; ça, même Lénine, l'homme au goût musical des plus conservateurs, a dû l'avouer, confirme le musicologue Pascal Huynh, commissaire de l'exposition Lénine, Staline et la musique. « Pour tout ce qui était du répertoire avant-garde, il n'aimait pas. Mais il a laissé tout de même se constituer une politique culturelle relativement éclairée grâce à Lounatcharski qui était quelqu'un de très ouvert, qui fréquentait les futuristes et qui a fait à la fois se développer un art d'obédience prolétarienne, mais aussi un art d'avant-garde. »
     
    Grâce à ce commissaire du peuple à l'instruction publique, la vie culturelle fleurit entre élan révolutionnaire et expérimentation esthétique. Les années 20 sont synonymes d'innovations sans pareilles... l'arrivée de Staline et du totalitarisme en 1929 marquent la rupture. « Utopies » et « réalisme socialiste », ces deux univers se reflètent également dans la scénographie de l'exposition sur deux étages bien distincts. « En bas, le foisonnement, espèce de forêt d'œuvres, l'autoportrait de Chagall, remarque Pascal Huynh, mais aussi le portrait de Lénine, et au fond les images de Vertov. Ici, nous pénétrons dans un endroit beaucoup plus glacé. On ne voit aucune œuvre, si ce n'est, tout au fond, le portrait de Staline. »
     

    Affiche n°799 de Gustav Klucis intitulée "Avec le drapeau de Lénine, nous avons remporté les batailles pour la révolution d’Octobre… " (1934) Saint-Pétersbourg/ Bibliothèque nationale de Russie

    Le visiteur est entraîné dans un long corridor sombre, seulement illuminé par un tapis rouge flamboyant; les œuvres sont cachées dans des niches. La musique passe au monumental - sous l'oreille vigilante du dictateur. « Au Bolchoï, Staline assiste à deux représentations: l'une le Don Paisible de Dzerjinski qui est considéré comme l'avenir de l’opéra soviétique avec ses grands chœurs, notamment le chœur final qui est devenu une sorte de tube. Dzerjinski est félicité par Staline dans sa loge au Bolchoï. Et puis quelques jours après, Staline assiste à une représentation de Lady Macbeth de Mtsensk et là, Chostakovitch qui s'attend à être invité dans la loge de Staline ne l'est pas. Dans la Prvada, deux jours après, paraît ce fameux article qui condamne à la fois le livret scabreux, mais également l'écriture de Chostakovitch. »
     
    « Tout cela est grossier, primitif, vulgaire. La musique glousse, vrombit, halète, souffle, pour représenter avec réalisme des scènes d'amour. » (Pravda)
    Le sujet heurte la conception de la femme socialiste prônée par l'idéologie stalinienne. Du coup, Chostakovitch, personnage très ambigu de cette exposition, essaie de ménager les susceptibilités, poursuit Pascal Huynh: « Le deuxième ballet, L'âge d'or, dont le thème est la rencontre de deux équipes de football en Europe de l'ouest, une équipe soviétique et une équipe occidentale ce qui permet de louer évidemment la supériorité du mode de vie soviétique sur la morale occidentale. »

    Lénine, Staline et la musique - un tableau en musique très contrasté qui ne ravira pas que les mélomanes.

     

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