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    France

    Raúl Ruiz : « Les Mystères de Lisbonne sont une novela à la brésilienne »

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    Un film romanesque et rocambolesque, un labyrinthe de passions avec des scènes de cape et d’épée. Avec « Les Mystères de Lisbonne », Raúl Ruiz signe quatre heures et demie d’amour et de merveille. Le très fantasque réalisateur chilien est l’un des plus grands cinéastes vivants et l’un des plus prolifiques. Il a fait une centaine de films, touché à tous les genres mais cette fois il renoue avec sa veine favorite, celle du conteur, qui emboîte les histoires les unes dans les autres, fait revenir les morts, se croiser des nobles déchus, des aventuriers sans scrupules et des jeunes filles enceintes. « Les Mystères de Lisbonne » est l’adaptation d’un roman du XIXème siècle, un chef d’œuvre de la littérature portugaise, signé Camilo Castelo Branco. Pour l’occasion, Raúl Ruiz nous parle de littérature, de cinéma, de football et de télé novelas.

    C’est un film sur le temps qui passe, sur le temps immobile qui reste et sur le temps qui se répète.
    Raúl Ruiz, réalisateur de « Mystères de Lisbonne » 16/10/2013 - par Elisabeth Lequeret Écouter

    RFI : Raúl Ruiz, nous sommes chez vous, à Paris, pour parler des Mystères de Lisbonne, votre nouveau film. Comment vous le définiriez ce film ?

     
    Raúl Ruiz : Si on veut une approche claire, je dirais que c’est une novela à la brésilienne, comprimée, mais aussi c’est un film dont la particularité est de filmer comme du cinéma quelque chose qu’en général est relégué au mélodrame de l’après-midi dans les télévisions latino-américaines. Comme je fais les deux choses, dans ma jeunesse j’ai fait un peu de télévision et après j’ai continué à faire du cinéma un peu plus - on va dire - exigeant… Je voulais mélanger ces deux choses, le versant populaire et le côté cinéma-cinéma.
     
    RFI : Est-ce qu’il y a un personnage qui vous touche plus que les autres dans ce film ? Le père Dinis ?
     
    R.R. : Oui, c’est le personnage de loin le plus énigmatique. On ne sait pas quoi penser de lui. Il est un curé qu’on aurait tendance à se méfier de lui. Puis on dit, bon c’est un curé différent. Puis ça devient complètement énigmatique.
     
    RFI : En fait, on découvre qu’il a été un peu voleur, un peu bandit. Il dit « j’ai eu d’autres noms, j’ai été d’autres hommes ». C’est ça qui vous touche ?
     
    R.R. : Oui, il se déguise, ça a de quoi le rendre attractif pour un film. Vous savez, on dit trop souvent que le cinéma est un art, plus que d’autre, où l’identification avec un personnage est essentielle. Je ne suis pas tout à fait convaincu. Je crois qu’on peut faire des films où l’identification glisse d’un personnage à l’autre. On s’identifie avec un et son contraire aussi. Si on réussit ça, on est en train de faire un peu plus qu’un film ou comme dans le match sportif, il faut s’identifier à une équipe et non pas à un autre. Ici, imaginez un match de football joué par une quarantaine d’équipes en même temps, dans le même stade, où chaque équipe, où la faveur des supporteurs glissaient d’une équipe à l’autre.
     
    RFI : Et votre prochain film, Raúl Ruiz, ça portera sur quoi ?
     
    R.R. : Ca s’appelle Le livre noir du père Dinis, le point de départ. C’est ce qui vient avant ce film, le prequel. C’est la vie du père Denis comme un jeune homme ambition poète mais aussi comme conseiller de Napoléon ou comme un ami de Napoléon, comme un bandit pratiquement. Il a fait partie de plusieurs entreprises hasardeuses et contradictoires. Et ça me donne la possibilité de raconter l’Europe napoléonienne. Ce thème m’intéresse beaucoup.

     

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