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    En France, la mort d’un Malien relance le débat sur le Taser

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    Un Malien âgé de 38 ans est décédé dans la nuit de lundi 29 au mardi 30 novembre 2010 à Colombes dans les Hauts-de-Seine, en banlieue parisienne, après avoir reçu deux décharges du pistolet à impulsions électriques, le Taser. C'est la première fois en France que l’utilisation du Taser coïncide avec la mort d'un homme. D’ores et déjà, ce drame relance le débat sur la dangerosité de cette arme en France.

    Le Taser X26 à impulsions électriques a été mis en circulation en France en 2006. Arme de quatrième catégorie au même titre qu'un révolver ou un pistolet, la police nationale, la gendarmerie, l'administration pénitentiaire et parfois la police municipale, l’utilisent. D'une portée inférieure à dix mètres, il propulse à la vitesse de 50 mètres/seconde deux électrodes reliées à un fil isolé. Au contact de sa cible, le Taser libère une onde électrique de 50 000 volts qui bloque le système nerveux et tétanise la personne visée durant quelques secondes.

    Une arme utilisée à plusieurs reprises lors du drame de Colombes

    Il aura fallu deux tirs pour neutraliser cet homme de 38 ans, originaire du Mali, qui se trouvait en situation irrégulière au moment de son interpellation. A ce stade, les circonstances de l'accident sont encore floues. Mais les conclusions provisoires de l'autopsie publiées ce 1er décembre 2010 par le parquet de Nanterre, évoquent un décès provoqué par « une asphyxie aiguë et massive » sans exclure, ni confirmer toutefois, un lien avec l'utilisation du Taser. L'enquête ouverte par l'Inspection générale des services (l’IGS, la « police des polices ») devra elle, clarifier les circonstances de l'accident. Et notamment déterminer si les policiers étaient en situation de légitime défense au moment de l'usage de leur arme. « Il n'y a aucun doute là-dessus » précise Thierry Mazet secrétaire national du syndicat de police, Alliance qui ajoute : « Les forces de l’ordre l’ont décrit comme une personne particulièrement violente, en possession d’un marteau. Il aurait blessé plusieurs policiers ». Cela justifie selon lui « l’usage d’un pistolet à impulsion électrique ».

    Le Taser, une arme sujet de questionnement

    De multiples associations dont Amnesty International, mais aussi le Haut-commissariat aux droits de l’homme ou le Comité contre la torture de l’ONU ne cessent de mettre en garde contre l'usage de cette arme. En France, la Commission nationale consultative des droits de l'homme estime que le Taser peut être dangereux et constituer un traitement inhumain et dégradant.

    La ligue des droits de l'homme (LDH), partage cet avis. « L’arme est dangereuse, cela ne fait aucun doute» constate avec amertume Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, « il évoque notamment les centaines de morts recensés aux Etats-Unis ».  Pire encore « les policiers ne mesurent pas les dangers de cette arme ». « Un drame prévisible » selon lui « pourtant il aura fallu un mort pour qu’on réfléchisse véritablement».

    Un débat qui agite aussi la classe politique

    « Une arme dangereuse mais aussi mortelle » dénonce avec virulence le député Vert de l’opposition Noël Mamère. « Dès aujourd’hui, le gouvernement doit imposer un moratoire sur l’utilisation des Tasers mais aussi des flashballs » précise-t-il.
    A droite en revanche, le Taser ne fait pas débat. Personne au sein de la majorité n'envisage pour l'instant de restreindre son utilisation. « Les policiers n’ont fait que leur devoir » rappelle Eric Ciotti secrétaire national de l'UMP chargé de la sécurité.

    De son côté, le ministre de l'Intérieur a déclaré vouloir attendre les conclusions de l'enquête pour prendre « toutes les mesures qui s'imposent ». Brice Hortefeux refuse en tous cas d'envisager l'interdiction du Taser qu'il présente comme une alternative à l'arme à feu.

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