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    France

    Procès du logement indigne : un fiasco judiciaire

    media Atouma Diarra a perdu huit membres de sa famille dans l'incendie du boulevard Auriol. AFP Photo / Bertrand Langlois

    Le procès de l’incendie d’un immeuble vétuste de Paris, qui avait fait 17 morts en août 2005 boulevard Vincent Auriol, a viré au fisaco judiciaire. La justice a été incapable de réunir les moyens matériels à la tenue d’une audience respectueuse des droits de la défense. Dès le deuxième jour ce procès a été renvoyé sine die.

    Il avait bien mal commencé ce procès. Initialement il ne devait durer que deux demi-journées, pas plus. Un délai anormalement court déplorent les avocats des victimes au premier jour du procès. Presque autant que pour un scooter volé s'indignent les familles. Dans la confusion, la présidente du Tribunal fait savoir, bien après la suspension d'audience, que les débats finalement vont se poursuivre jusqu'à vendredi. Les parties civiles dénoncent un traitement désinvolte. « Une affaire appréhendée par la justice comme une simple histoire de vices cachés », ajoutent les avocats.

    Même la salle du tribunal, minuscule, ne permet pas d'accueillir toutes les familles. Alors on se serre, les hommes se lèvent pour permettre aux femmes de s'asseoir, les jeunes restent debout au fond silencieux. Tous sont venus dans l'espoir que la justice, six ans après les faits, désigne enfin un responsable.

    Espoir déçu. Malgré l'audition de dizaines de témoins, rappelle la présidente, l'auteur de l'incendie criminel n'a pas été identifié.

    A défaut d'un auteur, tous les regards se tournent vers les deux associations qui géraient l'immeuble. « La vétusté et une grande concentration d'habitants explique ce lourd bilan », note laconiquement l'enquête. Les survivants de la tragédie veulent aujourd'hui savoir pourquoi les autorités les ont logés pendant dix ans, dans un immeuble hautement inflammable...

    Un naufrage

    Le jeudi 10 mars 2011, la présidente du tribunal Jacqueline Reyberotte décide d’installer l’audience dans la 17ème chambre correctionnelle. Une salle plus grande où cette fois tous les parties civiles vont pouvoir s’asseoir. Comme la veille, la présidente continue de lire de façon très fastidieuse tous les rapports d’enquête. Ni les prévenus, ni les parties civiles n’ont encore pu s’exprimer. Au bout d’une heure, les premiers témoins sont appelés à la barre.

    Patatras ! Les micros ne marchent pas, ils émettent un insupportable sifflement, impossible d’entendre quoi que ce soit, la sono semble irréparable. En catastrophe le tribunal décide alors de transférer l’audience au sein de la prestigieuse 1ère chambre, là où s’est tenu l’éphémère procès de Jacques Chirac. Manque de chance il n’y a pas de chaises pour accueillir les nombreuses familles de victimes.

    Ces familles qui jusqu’à présent ont fait preuve de retenu et d’une grande dignité laissent alors éclater leur colère. Dans la précipitation les gendarmes sont réquisitionnés pour trouver des chaises. L’audience semble enfin pouvoir reprendre. Mais il est tard, les débats n’ont pas encore commencé et il ne reste plus que quelques heures pour boucler le procès, or les victimes sont nombreuses à vouloir s’exprimer.

    Jean-Marc Florent, l’un des avocats des parties civiles exige un renvoi du procès, « Ce procès n’a pas été préparé, c’est un affront à la mémoire des morts », s’indigne-t-il et d’ajouter, « quand elle le veut comme pour AZF, l’hormone de croissance ou Clearstream, la justice sait organiser de grands procès ».

    Malgré tout Jacqueline Rebeyrotte, la présidente souhaite poursuivre. Les familles de victimes refusent de participer à ce qu’elles qualifient de « mascarade ». Bruyamment elles quittent la salle. Le procès est sabordé.

    Piteusement, le tribunal fini accepte le renvoi sine die de l’audience. Un véritable naufrage.

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