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    France

    Le Cinéma du Réel brise le rêve américain

    media "The last buffalo hunt" de Lee Anne Schmitt, 2011, Etats-Unis, production Lee Lynch, Lee Anne Schmitt Cinéma du Réel 2011

    Jusqu’au 5 avril, le Cinéma du Réel aura projeté 200 films dans les différentes sections : compétition internationale, premiers films, contre-champs français et pour la première fois des courts-métrages. Parmi les points forts : une exploration de la société américaine à travers des documentaires sur le rêve américain brisé, des années 30 jusqu’à aujourd’hui.

    Javier Packer y Comyn, directeur artistique, explique comment le Cinéma du Réel déconstruit le rêve américain. 04/04/2011 Écouter

    Un cowboy allongé dans la poussière se cache derrière des falaises en plein milieu d’un paysage aride. Il vise lentement et tire sur un bison qui suffoque et chute. Ainsi, la réalisatrice Lee Anne Schmitt étripe le rêve américain. Avec sa caméra, elle ôte les tripes et montre la carcasse de cet animal sans pitié nommé « Poursuite du bonheur » dans la Constitution américaine. Dans The Last Buffalo Hunt (« La dernière chasse aux bisons »), elle décortique le caractère américain comme une « agressivité mal contrôlée ». Pour Lee Anne Schmitt, rejouer aujourd’hui le mythe du cowboy pour chasser les derniers troupeaux de bisons sauvages signifie de perpétuer un massacre et un simulacre.

    « Le rêve américain était toujours un mythe, déclare-t-elle. Il n’y avait jamais un moment dans l’histoire où tout le monde était un cowboy. C’est une histoire qui était racontée. Souvent les gens ont travaillé dans les villes ou dans des petites fermes ou en tant que salariés. De parler des cowboys, cela nous a toujours donné le sentiment d’avoir beaucoup de possibilités. En fait, ce n’était jamais vraie. Les possibilités étaient toujours limitées. » C’est évident, ce documentaire ne parle pas d’un métier qui disparaît, mais d’une civilisation qui sombre.

     
    Crépuscule à l’Ouest
     

    "American Passages", 2011, Autriche, de Ruth Beckermann, production Ruth Beckermann Filmproduktion Cinéma du Réel 2011

    L’Autrichienne Ruth Beckermann enfonce encore le couteau dans la plaie. American Passages dissèque le déclin américain sous forme de collage d’images disparates, mieux adaptée à cette société fragmentée que le traditionel road movie américain. « J’observe les Etats-Unis –le grand pouvoir du XXe siècle- depuis aujourd’hui, remarque Beckermann dans le journal du festival Cinéma du Réel, dans cette phase de transition où la main semble passer lentement à la Chine. » Elle a écrit le documentaire en automne 2008, après l’élection de Barack Obama et en pleine crise financière planétaire. Au début règne l’enthousiasme « Yes we can » et « Yes we did », mais au lieu de surfer sur la surface médiatisée, elle plonge dans la vie quotidienne des Américains dans les Etats du sud et du centre du pays. Avec des gros plans rapprochés, elle nous confronte aussi bien à des millionnaires qu’à des jeunes mères expulsée, des anciens combattants, des prisonnières ou des loosers qui ont perdu leur visage. Le rêve de « la conquête de l’Ouest » se transforme en « crépuscule à l’Ouest ».

    La malaise du spectateur

    Travis Wilkerson se met à table avec son père qui lui chante une chanson avec une jolie mélodie et des mots tout crus : toutes les médailles militaires du monde ne remplaceront jamais ce qu’il a perdu dans cette guerre. La distinction Distinguished Flying Cross est le prétexte pour le réalisateur américain d’interroger le père sur son rôle de pilote d’hélicoptère pendant la guerre du Vietnam. Les récits sur des soldats bourrés, des histoires de dingues, des massacres et le napalm sont entrecoupés avec des images cruelles tournées par les G.I. eux-mêmes. L’ancien pilote garde jusqu’à la fin sa fierté et sa médaille. C’est le spectateur qui subit la malaise.
     

    "Distinguished Flying Cross", 2011, Etats-Unis, réalisé par Travis Wilkerson, production: Travis Wilkerson Cinéma du Réel 2011

    Les documentaires traduisent la toute-puissance de la fiction et du story-telling aux Etats-Unis. Tout est raconté comme une histoire. « A travers de ces documentaires, explique Javier Packer y Comyn, le directeur artistique du Festival, on se rend compte que l’Amérique est une société qui est bâtie sur le rapport guerre-père-fils. De la guerre 1914 jusqu’à la dernière guerre en Irak il y a toujours eu -dans la grande majorité des familles américaines- un dialogue père-fils autour de la guerre : ‘L’as tu faite, vas-tu la faire ?’ Il y a à la fois une partie patriotique, mais à la fois une dimension blessures humaines très forte qui a du mal à s’exprimer, parce que la fiction patriotique reste dominante. »

    L'Amérique est difficile à regarder

    Au Cinéma du Réel, cette offensive tous azimuts contre le rêve américain est aussi confortée par l’histoire du documentaire américain. « America is hard to see », une sélection de 24 films remarquables, explore la conscience d’une nation et montre la dépression de l’Amérique des années 1930. Une série de ciné-tracts réalisés par de jeunes artistes et intellectuels qui dénoncent la misère cachée par le gouvernement américain de l’époque. « Des cinéastes, souvent communistes, se sont groupés en collectifs pour filmer les effets du chômage, les villes ruinées, les manifestations réprimées, parce qu’Hollywood ignorait la réalité sociale » explique Javier Packer y Comyn. Une réalité lointaine ? Pas forcément. Selon le Festival, l’Ambassade américaine à Paris a refusé de soutenir la sélection, jugeant que ces films « ne reflètent pas l’image que l’Amérique veut montrer aujourd’hui ».

    Cinéma du Réel, 33eFestival international de films documentaires, du 24 mars au 5 avril au Centre Pompidou à Paris.

     

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