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    France

    Il y a 50 ans, le putsch des généraux, moment crucial de la guerre d’Algérie

    media Les généraux Jouhaud, Salan, Challe et Zeller au balcon de la délégation générale à Alger, le 24 avril 1961. AFP

    Dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 avril 1961, les généraux français Zeller, Challe, Jouhaud et Salan prenaient le contrôle d’Alger, trois mois et demi après le référendum favorable à l’autodétermination des populations algériennes. Mis en échec par le général de Gaulle, leur coup d’Etat avorté a marqué un tournant définitif dans la guerre d’Algérie.

    « Pronunciamiento militaire », « quarteron de généraux en retraite », « Françaises, Français, aidez-moi ! », ces mots restés célèbres prononcés par un Charles de Gaulle en tenue militaire lors de son allocution radiodiffusée et télévisée du dimanche 23 avril 1961 résonnent encore, cinquante ans plus tard, dans la mémoire collective française.

    Ce soir-là, à 20h00, de Gaulle vient non seulement de lancer un appel qui va mettre fin au putsch des généraux à Alger, il s’est également attribué les pleins pouvoirs, comme prévu par l'article 16 de la Constitution en cas de circonstances exceptionnelles. Pour l’Elysée, ce dimanche-là, l’heure est grave. Dans la nuit du 21 au 22 avril, les généraux André Zeller, Maurice Challe et Edmond Jouhaud, rejoints physiquement le 23 avril par le général Raoul Salan, se sont installés en « haut commandement » à Alger.

    Etat d’urgence

    Appuyés par le 1er régiment étranger de parachutistes du commandant Hélie Denoix de Saint Marc, ils ont arrêté le délégué général du gouvernement, Jean Morin, le commandant en chef en Algérie, le général Gambiez, ainsi que le ministre des Travaux publics, Robert Buron, en visite à Alger.



    S’estimant trahis par ce qu’ils considèrent comme une politique d’abandon de l’Algérie, les généraux putschistes veulent mettre fin à la politique d'autodétermination définie par de Gaulle et approuvée par référendum trois mois et demi auparavant, le 8 janvier 1961 (74,99 % de « oui » contre 25,01 % de « non »). En deux mots, ils veulent garder l’Algérie française. 

    De Paris, dès le 22 avril, le Conseil des ministres institue l'état d'urgence en Algérie et décide de déférer les chefs de la mutinerie à la justice militaire. Le lendemain, 23 avril, de Gaulle prononce sa fameuse allocution devant la nation. Dénoncés par l’homme du 18 juin 1940, les putschistes ne parviennent pas à rallier suffisamment d’officiers de haut rang à leur cause et apprennent que leur mouvement a été court-circuité en métropole. Le lundi 24 avril, l’appel de de Gaulle est suivi par les 500 000 appelés du contingent ; la partie est définitivement perdue pour les quatre généraux.

    Répercussions durables

    Challe et le commandant Denoix de Saint Marc se rendent le mercredi 26 avril, Zeller le 6 mai mais Salan et Jouhaud entrent dans la clandestinité pour prendre la tête de l’OAS (Organisation de l’armée secrète) anti-gaulliste. Onze mois plus tard, le 18 mars 1962, les accords d'Évian mettent officiellement fin à la guerre d’Algérie et sont approuvés par référendum le 8 avril 1962 par 90% des votants.

    Reste que le putsch eut des répercussions durables au sein l’armée : 220 officiers au total furent relevés de leur commandement et 114 traduits en justice. Le groupement des commandos de l’air ainsi que les trois régiments qui y avaient pris part furent dissous par le général de Gaulle. Environ un millier d'officiers hostiles à la politique du gouvernement ou solidaires des putschistes démissionnèrent dans les mois qui suivirent, soit environ 3% des officiers d'active de l'armée française.

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