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Article publié le : jeudi 05 mai 2011 à 23:27 - Dernière modification le : jeudi 05 mai 2011 à 23:27

Mediator : une facture salée pour la Caisse nationale d'assurance maladie

Le Mediator, un médicament pour diabétiques en surpoids, aussi prescrit comme coupe-faim, a été vendu en France de 1976 à 2009 à 5 millions de personnes.
Le Mediator, un médicament pour diabétiques en surpoids, aussi prescrit comme coupe-faim, a été vendu en France de 1976 à 2009 à 5 millions de personnes.
AFP/Fred Tanneau

Par RFI

Selon une note confidentielle de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), le Médiator aurait coûté au moins 1,2 milliard euros à la collectivité, dont 879 millions pour le seul remboursement des boîtes vendues entre 1976 et 2009. Début février, l'Assurance maladie avait déposé plainte contre les laboratoires Servier pour escroquerie et tromperie aggravée. Pour elle, l'ardoise est lourde, et la CNAM n'a pas encore fini ses comptes.

Destiné à l'origine à des malades chroniques, les diabétiques en surpoids, le Médiator a toujours été remboursé au taux le plus élevé. C'est ce qui a coûté 879 millions d'euros en 33 ans à la collectivité. En réalité, surtout utilisé comme simple coupe-faim, le Médiator n'aurait jamais du être autant pris en charge.

Détourné de son usage premier, il a par ailleurs engendré de terribles complications, notamment sur le plan cardiaque, pour un coût là encore exorbitant : 315 millions d'euros. On comprend mieux pourquoi la Caisse nationale d'assurance maladie attaque aujourd'hui les laboratoires Servier pour escroquerie et tromperie aggravée.

Au passage, cette dernière a d'ailleurs découvert que le Médiator n'avait quasiment jamais été délivré en milieu hospitalier, ce qui met en évidence l'influence des visiteurs médicaux employés par Servier sur les praticiens libéraux.

La note finale sera salée : le chiffre d'un milliard deux cent millions d'euros n'est en effet qu'une première approximation. L'Assurance maladie n'a pas terminé ses comptes : elle doit encore calculer le coût des arrêts de travail, des primes d'invalidité, des consultations et des échocardiographies engendrés par la prise du médicament.

tags: France - Santé et Médecine
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