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Cinéma / 64e Festival de Cannes / Compétition officielle - 
Article publié le : samedi 14 mai 2011 - Dernière modification le : samedi 14 mai 2011

Joseph Cedar, «Hearat Shulayim» ou toute une vie dans une note de bas de page

«Hearat Shulayim» de Joseph Cedar (Israël, 2011)
«Hearat Shulayim» de Joseph Cedar (Israël, 2011)
Ran Mendelson/Festival de Cannes 2011

Par Siegfried Forster

Drame ? Comédie ? Chronique familiale ? Dialogue religieuse ? Hearat Shulayim de Joseph Cedar est un peu tout cela. Le film court dans la compétition officielle du Festival de Cannes et décripte une histoire juive à Jérusalem. Deux chercheurs du Talmud, père et fils, se disputent le très prestigieux Prix d’Israël. Une tragédie où deux visions de la vie et de la science se confrontent, raconté sur un ton léger.

Eliezer Shkolnik est un chercheur pur et dur du Talmud. Depuis 40 ans, il prend tous les matins le même chemin pour aller étudier au département du Talmud de l’Université hébraïque à Jérusalem. Quand il marche, sa tête est penchée en avant et révèle son caractère ô combien têtu. A la maison, il met un casque sur la tête pour s’isoler complètement de sa famille. Depuis des décennies, il compare des centaines de versions du Talmud pour valider une thèse qu’il n’a jamais publiée, parce qu’il a été doublé par quelqu’un d’autre. Son travail titanesque est pratiquement ignoré par toutes les institutions du pays et il en reste juste une note de bas de page dans un livre de référence (d’où le titre : « Footnote »).

Un jour, Eliezer Shkolnik reçoit un appel du ministère de l’Education. La secrétaire lui explique qu’il a obtenu la plus haute distinction dans son domaine, le Prix d’Israël. A la fin de sa vie, tout semble s’arranger, mais il y a erreur : la secrétaire s’est trompée, c’est en fait le fils Uriel qui doit être récompensé. Commence alors un problème inextricable : le fils renonce secrètement à son prix mais reste méprisé par son père.

« La vérité n’est jamais belle »

Joseph Cedar, scénariste et réalisateur israélien
Ran Mendelson/Festival de Cannes 2011

Uriel étudie également le Talmud, mais il est tout le contraire de son père intransigeant dont il dit : « Son odeur est celle d’un inconnu. » Le fils est reconnu par ses pairs, il aime être flatté et sa femme le trouve « lâche ». Quand le père affirme : « A vrai dire, la vérité n’est jamais belle », le fils se retranche derrière sa devise : « Il y a plus important que la vérité. »
 
Joseph Cedar, né à New York en 1968 et installé en Israël depuis 1974, continue à être l’un des représentants majeurs de la nouvelle vague israélienne. Le cinéaste a étudié l’histoire du théâtre et la philosophie à l’Université hébraïque de Jérusalem. Il met en œuvre sa tragi-comédie avec beaucoup d’originalité et innovation formelle : les personnages sont introduits comme dans une bande dessinée, le récit saute entre la première et troisième personne, la requête cinématographique a des traits de policiers et les images ressembles parfois à un album de famille. Enracinée dans une particularité israélienne, l’histoire transcende les cultures. Une comédie intellectuelle qui réfléchit beaucoup, nous fait rire et ne tranche pas. Bon débarras !

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tags: Cinéma - Festival de Cannes 2011 - France - Israël
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