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Hanezu de Naomi Kawasa teint la vie en rouge

Naomi Kawase est une habituée de la compétition officielle du Festival de Cannes. En 1997, elle a été couronnée de la Caméra d’or pour Suzaku. En 2007 elle avait obtenu le Grand prix du jury pour La Forêt de Mogari. Cette fois, elle présente Hanezu, un voyage initiatique et poétique dans la région Asuka, le berceau du Japon.
Asuka. Depuis le temps des Dieux, c’est ici que s’affrontent les deux montagnes Unebi et Miminashi pour conquérir le cœur d’une troisième montagne, nommée Kagu. Naomi Kawase dédie son œuvre aux âmes qui s’y trouvent encore.
Sur les premières images défilent des petits chemins, des ruisseaux, des collines et des marmites de pierres. C’est un lieu sacré : chaque petite pierre est tournée deux fois avant d’être jetée. La végétation pousse sur des ruines précieuses. Ici se trouvait autrefois la capitale politique et culturelle du Japon.
Naomi Kawase, la caméra toujours très discrètement posée, enlace les paysages comme le corps embrasse le violoncelle qui accompagne musicalement l’histoire. Hanezu est un éloge enthousiaste et humble à la lenteur, le tempo idéal pour approcher à pas de loup les âmes du pays. « Sans enfant, tu ne pourrais pas faire flotter des carpes dans le ciel » dit un vieux du village à Takumi, toujours pas marié et sans enfant. Il vit en union libre avec Kayoko. Lui travaille comme agent publicitaire, mais rêve de cuisinier dans son propre bistro. Elle teint des rideaux en Rouge-Hanezu et partage son goût pour la nature. Les archéologues fouillent la terre, le couple creuse sa relation jusqu’au drame.
Je rends grâce
La cinéaste alterne les portrait de paysages et du couple et dépeint une chronique originale de leur vie quotidienne : cuisinier, manger, rouler à vélo, écouter les oiseaux, observer les insectes… Chaque chose, chaque geste reflète la spiritualité qui règne. « Je rends grâce » est leur expression pour dire « Bon appétit ». Dans le plafonnier, il y a des hirondelles qui font leur nid.
La réalisatrice avait accueilli la sélection de son film au Festival de Cannes avec beaucoup d’humilité : “Suite à toutes les catastrophes survenues au Japon, j’ai le sentiment d’avoir un certain rôle et une certaine responsabilité d’y aller pour partager mon film avec le monde… J’espère que Hanezu devient une histoire qui fait du sens pas seulement pour nous Japonais, mais aussi pour tout le monde, quelles que soient leurs origines. »
Le résultat est un film très rigoureux sur le suspens et la tempête dans la nature, sur les attentes des gens ordinaires à la recherche de bonheur, de beauté et d’affection. Hanezu, une histoire d’amour, racontée avec grâce et fragilité.

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