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    Ichimei, Takashi Miike sabre l’honneur jusqu’à la mort

    media "Ichimei" de Takashi Miike (Japon, 2011) Sedic International/Festival de Cannes 2011

    Ichimei du Japonais Takashi Miike pose la question de l’honneur et de l’ordre établi d’une manière poignante. Le sous-titre Hara Kiri, mort d’un samouraï donne une idée de l’histoire qui se déroule au 17e siècle. Un suicide rituel secouera une forteresse de la tradition. Le souvent très controversé réalisateur Miike nous confronte dans la compétition officielle du Festival de Cannes avec des scènes époustouflantes, saignantes et jamais gratuites.

    La scène clé dure une éternité et montre le Hara Kiri d’un samouraï désespéré à mort et digne jusqu’au bout. Dans la résidence du clan Li, Motome formule sa requête : il veut se donner la mort pour préserver son honneur. On prépare alors le tatami pour son suicide rituel. Quand il est finalement reçu par la seigneurie en personne, l’intendant Kageyu, ses propos changent. Il explique d’avoir besoin de l’argent pour sa femme et son bébé qui sont tous les deux gravement malades. Le clan Li crie trahison et le conspue comme un « Hara Kiri pantomime ». Blessé dans son honneur, il commet son suicide avec ce que lui reste, un poignard en bois. L’auto massacre commence : Motome s’empoigne une première fois, une deuxième fois, une troisième fois… il crie, se tord, le sang coule à flot, mais l’agonie perdure. Après la 15ième entrée du poignard dans son ventre, il demande qu’on lui aide à mourir. La réponse donnée par les samouraïs au nom de l’honneur : « Allez, enfonce et tourne au fond ! »

    La crise de la paix

    On est en 1630, quelque part au Japon. Partout dans le pays règne la paix. Un temps très dur pour les samouraïs qui ne trouvent plus du travail. Motome n’était pas issu d’une caste privilégiée, mais avait quand même marié une fille d’un samouraï. « Ce sont les sentiments qui comptent » avait martelé son beau-père Hanshiro, également désargenté par la crise de la paix. Quand il reçoit le corps de Motome à la maison, le bébé vient de mourir et sa fille se suicidera. Il décide de prendre le même chemin comme Motome et atterrit sur le tatami de la résidence du clan Li. Au de s’incliner devant le maître, il affronte son regard. L’histoire prend un tournant.

    Commence alors une confrontation spirituelle et au sabre avec les gardiens autoproclamés d’un honneur qui combat un soi-disant monde relâché et ramolli. Au nom de la dignité humaine, Hanshiro réussit à faire vaciller leur autel, une armure rouge, la fierté du clan Li.

    La forme précède les changements

    Takashi Miike, réalisateur Sedic International/Festival de Cannes 2011

    Hara Kiri, mort d’un samouraï est une histoire littéralement poignante. Elle va très au-delà du 17e siècle et dépasse naturellement le milieu des samouraïs. Avec sa lame cinématographique, Takashi Miike dissèque l’âme universelle. Chez lui, la forme précède les gestes et les changements : les costumes qu’on ne se laisse plus imposer, les murs épurés qui se déchirent, les feuilles qui rougissent. Un vocabulaire stylisé qui donne au récit une très grande liberté. Les scènes d’action en 3D relief ne sont rien d’autres que de la méditation. Les images respirent, les idées circulent. Et Hanshiro proclame : « J’étais simplement vivant et j’attendais le printemps. »
     

    Abécédaire de Cannes 2011

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