Nomination attendue de Dominique Baudis au poste de Défenseur des droits

En France, Dominique Baudis devrait être nommé Défenseur des droits. Le député européen UMP a officiellement les faveurs déterminantes de l'Elysée pour étrenner cette nouvelle fonction voulue par Nicolas Sarkozy qui l'a fait inscrire dans la Constitution il y a près de trois ans. Le statut, les missions et les pouvoir du Défenseur des droits ont été précisés dans deux lois adoptées en mars 2011.
Le Défenseur des droits se substitue à rien moins que quatre institutions et fonctions : le médiateur de la République, le Défenseur des enfants, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité et enfin la Commission nationale de déontologie de la sécurité. Le chef de l'Etat souhaitait également lui confier les attributions du contrôleur général des lieux de privation de libertés. Un cinq en un refusé par le Sénat.
Du côté de l'exécutif, on met en avant « ses larges pouvoirs d'investigations », dont le non-respect pourra être sanctionné. On insiste aussi sur la gratuité de sa saisine directe par tout citoyen. Pour leur part, les militants des droits de l'homme et les professionnels du droit s'inquiètent, eux, d'une compétence tellement élargie qu'elle ne permettra plus d'entrer dans le détail et d’avoir le temps que requiert une réelle protection ou promotion des droits.
Beaucoup redoutent plus encore le manque d'indépendance de ce super-défenseur nommé en Conseil des ministres et que seules les commission des lois de l'Assemblée et du Sénat peuvent contester à la majorité des deux tiers. Un lien renforcé avec l'exécutif dans des secteurs sensibles : immigration, police, justice des mineurs, réforme des services publics où volontarisme répressif et sécuritaire de la majorité se heurtent souvent à la défense de principe des libertés fondamentales.
Selon le quotidien Le Monde, Dominique Baudis devrait donc être nommé mercredi prochain lors du Conseil des ministres au poste de Défenseur des droits. Jusqu’ici, le socialiste Jack Lang avait été donné grand favori pour exercer cette nouvelle fonction. Mais ses déclarations lors de l’affaire Dominique Strauss-Kahn l'ont disqualifié pour l'Elysée. Sur l'affaire de tentative de viol présumé, Jack Lang avait critiqué le placement en détention de DSK en estimant qu'il n'y avait « pas mort d'homme ».
Retour sur le parcours d'un journaliste devenu homme politique De la carrière de Dominique Baudis, c'est peut-être son passage à la mairie de Toulouse qui est l'épisode le plus marquant. Parce qu'il y a succédé à son père, Pierre, maire depuis 1971, parce qu'il y est resté durant dix-huit ans et parce que son élection en 1983 a marqué sa véritable entrée en politique. Lui qui était journaliste, star de la télévision successivement à TF1 et France 3, avait alors franchi le cap et décidé de s'engager dans la vie publique sous les couleurs de l'UDF. Elu ensuite député de Toulouse en 1988 et 1993, Dominique Baudis a aussi représenté la France au Parlement de Strasbourg en tant que député européen, avant de prendre la tête du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), où Jacques Chirac l'a nommé en janvier 2001. Dans ce parcours, l'année 2003 marque un moment extrêmement douloureux. Dominique Baudis subit des accusations très graves, notamment de proxénétisme, lancées par des prostitués toulousaines dans le cadre de l'enquête sur le tueur en série, Patrice Alègre. Il en sort totalement blanchi mais meurtri après deux ans d'épreuve. Après la nomination du sénateur de l'Union centriste, Nicolas About, au CSA, le président de la République a donc choisi en nommant Dominique Baudis pour occuper le poste nouvellement créé de Défenseur des droits, de donner un nouveau gage aux représentants du centre de la majorité. |

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati
















Réagissez à cet article
(1) Réaction
lamentable
il ne faut pas oublier que l'affaire allegre est avant tout associer à crime, viol, souffrance, barbarie et victime des familles.
je ne pense pas que le poste des défenseurs de droits conviennent bien à un homme dont le passé à été perturbé par cette affaire même si celui-ci est un rescapé de la rumeur .
C'est encore une erreur de la part de Mr le President mais maintenant c'est habituel.
Mr Jack lang et Mme BOUGRAB était trés bien pour ce poste. Je ne connais rien à la politique mais vivement que 2012 arrive car ce gouvernement ne nous donne aucune satisfaction depuis le début.