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    Libye : le coût de la guerre

    media Un Rafale décollant du porte-avions «Charles-de-Gaulle» ©Reuters

    Depuis trois mois, la France bombarde la Libye. Les missions de guerre, quotidiennes, ont été menées par centaines. La France est, avec le Royaume-Uni, le principal contributeur à l'opération de l'Otan « Unified Protector » au-dessus de la Libye. Elle n'a pas encore perdu d'appareil en mission, toutefois, chaque jour qui passe voit la facture de l'opération s'alourdir.

    Les avions français engagés en Libye ne larguent pas systématiquement leurs bombes, faute de cibles, ou pour éviter les pertes civiles. Pourtant, ce sont les munitions qui représentent la part la plus importante de la facture : 60 millions d'euros depuis trois mois. Les bombes guidées par laser ou GPS (GBU 12, GBU 49 et A2SM), utilisées par l'armée de l'air et l'aéronavale, coûtent de 20 000 à plus de 100 000 euros pièce. Il faut par exemple compter 850 000 euros pour un seul missile de croisière Scalp. Les bombes de 250 kg guidées par laser sont utilisées pour détruire les blindés de l’armée libyenne. Les missiles de croisière sont réservés aux cibles dites de « haute-valeur », comme les centres de commandement ou les bases aériennes.

    Les primes des soldats engagés dans l'opération s’élèvent déjà à 25 millions d’euros. Elles concernent principalement les marins du porte-avions à propulsion nucléaire Charles-de-Gaulle et du Groupe Aéronaval (GAN) et ceux du navire de projection et de commandement Tonnerre. Le Charles-de-Gaulle est en mission depuis 22 mars ; le Tonnerre depuis le 17 mai, avec des hélicoptères de l'Aviation légère de l'Armée de terre (ALAT) à bord pour une mission prévue pour durer initialement 50 jours, soit jusqu'à début juillet.

    Les coûts indirects

    Ces opérations usent prématurément le matériel, coûtent cher en pièces détachées et à cause de la rareté des machines disponibles, elles risquent d'empiéter sur les heures de vol destinées à la formation des nouveaux équipages. Les avions déjà anciens comme les Mirage F1CR/CT sont souvent sujets aux pannes, et les appareils très modernes comme le Rafale sont en nombre limité. Ils représentent moins d’une centaine de machines, dont une partie est réservée à la dissuasion nucléaire.

    Selon le ministère de la Défense, le surcoût généré par les opérations en Libye est déjà de 90 millions d'euros. Les opérations extérieures (Tchad, Côte d'Ivoire, lutte contre la piraterie en océan Indien, Liban dans le cadre de l’ONU et Afghanistan, soit plus de 12 000 hommes) avaient été évaluées à 900 millions d'euros cette année, pour 630 millions d'euros déjà budgétisés. En cas de dépassement, l’argent est prélevé sur un fonds de prévention interministériel. Autrement dit, ce sont les budgets des autres ministères qui sont mis à contribution pour financer le surcoût des opérations militaires.

    Première division à l’Otan sur la poursuite des frappes en Libye

    Le ministre des Affaires étrangères italiennes, Franco Frattini a demandé, ce mercredi 22 juin 2011, un cessez-le-feu humanitaire en Libye. Il souhaite de l'Otan interrompe ses frappes. C'est la première fois qu'un des membres de l'Alliance atlantique fait une telle demande. Ce premier signe de divisions apparait alors que l'opération en Libye a débuté il y a maintenant trois mois.

    « La suspension des actions armées est fondamentale pour permettre une aide immédiate ». En s'exprimant devant une commission de la Chambre italienne des députés, Franco Frattini a semé le trouble dans la coalition impliquée en Libye. Le ministre italien des Affaires étrangères a également réclamé des informations détaillées dans la bavure qui a tuée neuf civils dimanche à Tripoli.

    Quelques heures plus tard, son porte-parole a tenu à préciser : Il ne s'agit que d'une hypothèse de travail. « S'il y a un appel de la part d'organisations internationales telles que l'Union africaine, la Ligue arabe, l'Union européenne ou les Nations unies pour une pause humanitaire, l'Italie saura montrer son intérêt pour un tel appel », a déclaré Maurizio Massari.

    Le ministère français des Affaires étrangères n'avait pas tardé à réagit en se disant opposé à « toute pause dans les opérations ». Paris estime que cela « risquerait de permettre à Mouammar Kadhafi de gagner du temps et de se réorganiser ». Une position partagée par le secrétaire général de l'Otan. Anders Fogh Rasmussen a assuré que l'Alliance atlantique va continuer ses opérations pour éviter que d’innombrables civils supplémentaires perdent la vie.

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