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    France

    Le bon M. Ziad Takieddine, un ami devenu encombrant pour le clan Sarkozy

    media

    En France, le feuilleton politico-financier estival, version 2011, met en scène le milliardaire franco-libanais Ziad Takieddine et ses amis haut placés de l’UMP, le parti de la majorité présidentielle. C’est le site internet Mediapart qui déroule les épisodes des missions de l’« ami » Takieddine intermédiaire de la France pour de nombreux contrats d’armement et soupçonné par la justice française d’être impliqué dans le volet financier de l’affaire de la vente Karachi.

    Dernier épisode en date, le versement en 2009 par le pétrolier Total de 6,9 millions d’euros à Ziad Takieddine en paiement de ses bons offices pour l’obtention d’un contrat gazier négocié avec la Libye du colonel Kadhafi. « L’argent a été versé dans le plus grand secret sur un compte de la North Global Oil & Gas Company géré depuis le Liechtenstein et domicilié dans les Iles vierges britanniques dont le bénéficiaire économique est Ziad Takieddine », détaille le site Mediapart qui précise que l’opération a été supervisée par Christophe de Margerie, le directeur général du groupe Total. Dans un droit de réponse publié le vendredi 19 août 2011, le groupe Total soutient que ce type d’opération est « courant dans le domaine minier et n’a aucunement été réalisée dans le secret ».  

    Incarcérés durant sept ans, les infirmières bulgares et le médecin palestinien ont été libérés en 2007. (Photo : Sylvain Biville/RFI)
    La somme touchée par Ziad Takieddine apparaît d’autant plus importante et suspecte que le projet d’accord a finalement avorté au début de 2010. M. Takieddine connaît bien le paysage libyen ; déjà entre décembre 2007 et octobre 2008 il avait touché des commissions occultes pour avoir joué le rôle d’intermédiaire dans la vente de matériel de guerre électronique livré à Tripoli grâce, affirme Mediapart, « à l’appui du futur président de la République alors qu’il était ministre de l’Intérieur et celui de son directeur de cabinet, Claude Guéant ». Cela, sans oublier le rôle qu’il a joué dans la libération des infirmières bulgares en 2007, au plus près du cabinet de Nicolas Sarkozy.
     
    « Représentant officieux de la France »
     
    Précieux, Ziad Takieddine l’est décidément pour les affaires de la France. C’est lui, révèle Mediapart, qui a œuvré avec autant de discrétion que d’efficacité pour rendre possible la visite de Bachar el-Assad à Paris, en juillet 2008, et restaurer sa respectabilité auprès des Occidentaux. La contrepartie s’avèrera fort intéressante pour le milliardaire franco-libanais puisqu’il s’impose ainsi avec « l’appui politique de Nicolas Sarkozy, parmi les intermédiaires incontournables » dans les contrats conclus entre la Syrie et les sociétés françaises parmi lesquelles figure Total.
     
    Le président syrien Bachar el-Assad accueilli le samedi 12 juillet 2008, à l'Elysée, par son homologue français Nicolas Sarkozy. (Photo : Reuters)
    Mieux, Ziad Takieddine devient, ajoute le site Mediapart, « le représentant officieux de l’Etat français auprès des Syriens », contournant ainsi avec la bénédiction de l’actuel ministre de l’Intérieur et alors secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, la diplomatie officielle très peu pro-syrienne de Bernard Kouchner. Quelques semaines après le voyage de Bachar el-Assad à Paris, Nicolas Sarkozy se rend à son tour à Damas où les deux nouveaux amis signent d’importants accords pétroliers. « Au cœur du dispositif, note Mediapart, se trouve le groupe Total »...
     
    Non-imposable
     
    Décidément bien traité par la République, le très riche homme d’affaires Takieddine et pourtant « résident fiscal français, ne paie pas d’impôt » dans l’Hexagone, affirme encore Mediapart, photocopies de ses feuilles d’impôt à l’appui grâce à un astucieux montage financier offshore. Ce n’est sûrement pas parce qu’il vit modestement et à l’abri des regards.
     
    Les photos publiées par le site internet le montrent en effet dans ses différentes propriétés à Paris, au cap d’Antibes, et à bord de son yacht qui n’a rien d’une barcasse, en compagnie notamment de Jean-François Copé ou de Brice Hortefeux et de leurs épouses à qui il ne dissimule en rien son train de vie. Evalué à plus de 40 millions d’euros, le patrimoine localisé en France de M. Takieddine est, selon les révélations de Mediapart, dispensé de toute imposition. Ces informations ont provoqué bien des réactions de surprise et notamment celle du président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac qui a déclaré le 17 août, « avoir l’intention d’exercer son pouvoir de contrôle ».
     
    L’affaire Karachi    
     
    L'attaque du bus le 8 mai 2002 à Karachi avait fait 14 morts, dont 11 salariés de la Direction des constructions navales (DCN). AFP/Aamir Qureshi
    Plusieurs anciens responsables de la Direction des constructions navales (DCN) ont présenté Ziad Takieddine comme un intermédiaire imposé par le cabinet de l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Balladur, François Léotard. Il s’agissait alors, en 1994, de négocier le contrat Agosta destiné à vendre des sous-marins au Pakistan. C’est alors que les employés de la DCN travaillaient à la construction des submersibles que onze d’entre eux ont été tués dans un attentat dirigé contre eux à Karachi en mai 2002.
     
    Depuis, une enquête est menée en France par le juge Van Ruymbeke pour connaître la vérité sur cet attentat et notamment concernant le volet financier du contrat Agosta. La justice soupçonne en effet Ziad Takieddine de financement politique occulte ; une partie des commissions versées au Pakistan auraient servi à financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995 par le biais de rétrocommissions.
     
    Homme de tous les dossiers, de toutes les tractations, Ziad Takieddine sent aujourd’hui le soufre. « Cet homme est une bombe à retardement pour le clan Sarkozy », écrit même Mediapart dans sa série d’articles.
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    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.