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    France

    En France, la «théorie du genre» s'invite dans la rentrée scolaire

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    Alors que la rentrée scolaire approche, 80 députés UMP réclament au ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, la suppression de plusieurs manuels scolaires comportant un chapitre consacré à la théorie du genre, qui explique l'orientation sexuelle des individus. Ils rejoignent ainsi un important mouvement de contestation, notamment composé d'associations catholiques, qui s'inquiète du danger que pourrait représenter un tel programme pour les élèves.

    A quelques jours de la rentrée des classes, une nouvelle polémique vient animer le monde éducatif et la sphère politique. En cause, l’inscription dans plusieurs manuels scolaires de première d’un chapitre consacré à la théorie du genre. Apparue aux Etats-Unis dans les années 1990, cette théorie affirme qu’un individu n’est pas déterminé seulement par son sexe, mais également par son histoire et un environnement socioculturel, qui participent à la construction de son genre, féminin ou masculin. Selon ce principe, la différence entre hommes et femmes, mais aussi l’hétérosexualité, l’homosexualité, la bisexualité et la transsexualité, ne sont que des « constructions sociales » sans lien avec le sexe biologique.

    La circulaire du ministère de l’Education nationale datant du 30 septembre 2010 et fixant le contenu du programme de Sciences et vie de la terre de la classe de première ne faisait pourtant pas explicitement allusion à cette théorie. Elle indiquait seulement que le nouveau programme de sciences comporterait un chapitre intitulé « Devenir homme ou femme » et que l’enseignant devait en profiter pour expliquer que les préférences sexuelles relevaient de la sphère privée. Un bon moyen de faire découvrir aux adolescents les subtilités de l’orientation sexuelle et de lutter ainsi contre l’homophobie. Mais l'intitulé, trop flou, a été interprété par les éditeurs de manuels comme se rapportant à la théorie du genre, ce qui a provoqué une vaste fronde (voir ici le chapitre du manuel Hachette incriminé).

    Importante contestation

    La «théorie du genre» au lycée fait polémique 10/10/2013 Écouter

    Dès la parution de ces nouveaux ouvrages scolaires au printemps, des associations catholiques montent en effet au créneau et appellent à la suppression des manuels relayant la théorie du genre, considérant qu’il est dangereux de présenter comme vérité scientifique une théorie relevant davantage de la philosophie et de la sociologie. Dans les Vosges (est de la France), une enseignante lance avec un de ses collègues une pétition sur internet pour dénoncer « les entorses gravissimes aux valeurs de notre école », notamment les entorses à sa « neutralité philosophique et politique » et « au respect de la personnalité de l’enfant et de l’action éducative des familles ». Sur leur site, ecole-deboussolee.org, créé en juin, les deux professeurs récoltent en trois mois plus de 37 000 signatures.

    Mardi 30 août, 80 députés de l’UMP – soit près du quart des 344 parlementaires de la majorité – rejoignent le mouvement. Dans une lettre adressée au ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, ils écrivent : selon la théorie du genre, « les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités : homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels ». Et concluent : « nous comptons sur votre action afin de retirer les manuels scolaires qui présentent cette théorie ». Leur position est soutenue par Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, qui estime qu’elle pose « une vraie question ».

    Aujourd'hui, jusqu'à preuve du contraire, on naît garçon ou on naît fille. On ne le devient pas quelques années après en fonction de l'environnement.
    Christian Jacob Président du groupe UMP à l'Assemblée nationale 10/10/2013 - par RFI Écouter





    « Vision rétrograde de l’identité »


    Au PS et chez les syndicats, on crie à la censure. L’UNSA-Education, fédération syndicale du monde éducatif, en tête, demande à Luc Chatel de faire respecter la liberté éditoriale et pédagogique qui s’exerce dans le cadre des programmes ministériels, et s’indigne de la « démarche dogmatique » des 80 parlementaires UMP. La mutuelle étudiante LMDE dénonce de son côté leur « vision rétrograde de la sexualité et de la société ».

    Au mouvement des associations catholiques et des parlementaires UMP en répond un autre, composé de chercheurs et d’intellectuels. Ensemble, ils s’indignent de l’acharnement politique et d’une vision rétrograde de l’identité. L’Institut Emilie du Châtelet, centre de recherches sur les femmes, le sexe et le genre, lance également une pétition contre la mobilisation politique. « Il n’appartient nullement aux politiques de juger de la scientificité des objets, des méthodes ou des théories. Seule la communauté savante peut évaluer les travaux de ses pairs : le champ scientifique, par ses contrôles, en garantit la rigueur », peut-on lire dans le texte qui n'a recueilli pour l'instant que 2 300 signatures.

    Dérives

    Et au milieu de cet appel pour la suppression des manuels scolaires, les réflexions hasardeuses sont fréquentes. Dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy, l’association Famille de France croit deviner que les éditeurs ont pour objectif d’« orienter les jeunes vers des expériences sexuelles diverses, considérant que le sexe social est plus important que le sexe biologique ». Et s’inquiète : « Voulez-vous être responsables de plus de grossesses précoces et de cas d'infections sexuellement transmissibles ? »

    Interrogé ce jeudi sur France Inter, le député Lionnel Luca, membre du courant de la droite populaire, a lancé : « remettre en cause la notion même de l'homme et de la femme, reviendrait à dénier à Adam et Eve de s'être reproduits. On a eu de la chance qu'ils n'aient pas connu cette idéologie sinon on ne serait pas là pour en parler ». Dans une interview accordée au JDD, Christian Vanneste, voit pour sa part dans l’insertion de la théorie du genre dans les manuels scolaires la main d’un « lobby gay ». « En France, le poids du lobby gay à un certain nombre de niveaux décisionnels est considérable, déclare-t-il. On savait déjà que c'était le cas en politique et dans les médias. C'est une évidence. Manifestement, il y en a aussi chez certains éditeurs ».
    Luc Chatel Ministre de l'Education nationale 10/10/2013 - par RFI Écouter


    Alors qu’il était conçu pour lutter contre l’homophobie, le programme initié par Luc Chatel l’excite involontairement. Face à ce vaste mouvement de contestation, le ministre de l’Education ne flanche pourtant pas. « Ce n’est pas le ministre de l’Education qui exerce droit de vie et de mort sur un manuel », a-t-il ainsi affirmé. Mais sur internet, le compteur des pétitionnaires anti-manuels continue de tourner.
     

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