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    L'enquête sur l'impact du nuage de Tchernobyl en France s'achève par un non-lieu

    media État de la contamination au césium-137 en 1996 suite à l'accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Domaine public/The University of Texas at Austin

    La cour d’appel de Paris a décidé d’un non-lieu général dans l’affaire des retombées en France du nuage de Tchernobyl. Une décision qui concerne principalement le Professeur Pellerin, responsable de la radioprotection en 1986 et qui avait été mis en examen pour « tromperie aggravée ». Ce jugement soulève de vives réactions, à l’heure de la catastrophe de Fukushima et montre que le dossier de Tchernobyl est loin d’être fermé.

     

    L’histoire du nuage de Tchernobyl qui s’arrête à la frontière est devenue une plaisanterie très populaire en France. Elle a pour origine l’intervention du Professeur Pierre Pellerin à la télévision française en 1986, au moment ou la France s’interrogeait sur les conséquences possibles de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl sur notre territoire.

    A cette époque, la centrale en feu projetait de grosses quantités d’éléments radioactifs dans l’atmosphère et son panache de fumée se déplaçait au gré des vents sur une grande partie de l’Europe en contaminant les sols des régions traversées.

    Face à l’inquiétude des Français, le Professeur Pellerin, qui était alors le responsable du service central de protection contre les rayons ionisants, avait affirmé que ce phénomène n’avait pas d’impact en France. Or au même moment, l’Allemagne, pays voisin, prenait des mesures pour protéger ses populations et interdisait à la consommation certains produits alimentaires susceptibles d'être contaminés par des poussières radioactives.
    L’intervention trop rassurante du Professeur Pellerin lui a valu d’être vivement critiqué par une partie de la population qui le suspectait d’avoir menti et d’avoir volontairement sous estimé l’étendue et la gravité de la pollution.

    Cette accusation réitérée régulièrement par les associations écologistes et antinucléaires a conduit l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT *) et la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD*) à déposer en mars 2001 une plainte contre X pour « coups et blessures involontaires ». Mais le juge n'a pas retenu cette qualification et la plainte a finalement débouché en 2006 sur une mise en examen du professeur Pellerin pour « tromperie aggravée ».

    Bien que ce jugement révèlera une augmentation significative des pathologies de la thyroïde en Corse après 1986, la cour d’appel a prononcé le 7 septembre 2011 un non-lieu, le parquet estimant que les études scientifiques qui ont été menées n’ont pas démontré des conséquences sanitaires mesurables après le passage de ce fameux nuage.

    Les réactions écologistes

    Le jugement provoque aujourd'hui un tollé chez les écologistes : le député Noël Mamère parle de « déni de justice », la députée Corinne Lepage évoque « le déni du risque nucléaire » ajoutant : « Ce procès laissera une trace indélébile de ce qu’il peut y avoir de pire. A l’heure où le Japon affronte une catastrophe nucléaire où l’accès à l’information des populations civiles n’est pas garanti et même bafoué, la garantie d’impunité que nous renvoyons est scandaleuse ».

    L’association qui regroupe les victimes va se pourvoir en cassation contre cet arrêt pour pouvoir épuiser toutes les voies de recours. Mais, comme le dit Bernard Fau, l’avocat des parties civiles, « c’est une décision qui va laisser un goût amer du point de vue des victimes et chez tous ceux qui dans la société civile ont attaché un intérêt à l’impact que peut avoir un nuage radioactif survolant un pays après une catastrophe nucléaire

    Les Corses demandent une enquête indépendante

    A l’Assemblée de Corse, Josette Risterucci qui préside la Commission sur les retombées du nuage de Tchernobyl est scandalisée. « On s’attendait 25 ans après à ce qu’on essaye d’enterrer ce dossier, c’est un vrai scandale et c’est une triste image pour la justice de la France et surtout c’est un mépris total pour les patients … Si vous prenez l’atlas de la radioactivité qui a été édité en 2002, il est écrit noir sur blanc qu’effectivement il y a eu des retombées sur la région de la Corse, sur le sud-est et sur le Piémont italien, donc on sait très bien qu’il y a des retombées actives, qu’il y a du Césium 137 qui a une durée de vie très longue dans notre région. Donc on ne comprend pas aujourd’hui comment on peut dire 'circulez, il n’y a rien à voir, le nuage n’est pas passé sur la Corse comme sur ces régions-là'. C’est vraiment un gros mépris, c’est déshonorant pour notre pays d’en arriver là ».

    Les élus corses de cette commission viennent d’élaborer un cahier des charges et ont lancé un appel d’offre européen pour qu’une enquête sur cette question soit faite en Corse « afin que les élus corses apportent une preuve contraire à ce qui est sorti du délibéré ».

    (*)

    •  L' AFMT est composée de malades qui estiment être victimes de cette pollution
    •  La Criirad est une organisation crée au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl pour fournir aux citoyens une information totalement indépendante de l’industrie nucléaire.
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