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    France

    Formés et diplômés en France, les étrangers peinent à obtenir le droit de travailler

    media Laurent Wauquiez, le ministre de l'Enseignement supérieur veut assouplir la circulaire du 31 mai qui durcit les conditions d'immigration professionnelle. RFI/Anthony Favalli

    Pour les étudiants étrangers, la procédure qui permet de travailler en France après de longues études était déjà compliquée, voilà qu’elle est en train de se durcir davantage. Une nouvelle « circulaire du 31 mai » incite les préfectures à plus de « rigueur ». Cette dernière a pénalisé plusieurs étudiants. Que peuvent faire les étudiants étrangers pour exercer le métier pour lequel ils ont été formés pendant des années en France ?

    En France, lorsque l’on entre sur le territoire en tant qu’étudiant étranger non ressortissant de l'Union européenne, il n’est permis de travailler qu’à titre « accessoire »Ce qui signifie pour une durée annuelle de 964 heures, soit 60% d’un temps plein. A l’issue du  cursus d'étude, cette condition reste valable mais l'étudiant doit faire une demande « d’autorisation provisoire de séjour (APS) de 6 mois, non renouvelable ». A cela s’ajoute une autre obligation. Au-delà du quota horaire de 964 heures de travail, l’étudiant doit procéder à un « CDS, un changement de statut dans les 15 jours de la signature de son contrat de travail. » Et c’est bien cela qui pose problème car un changement de statut n’est pas simple à obtenir. Les critères sont très stricts. Si un employeur veut embaucher un diplômé étranger, ce changement est obligatoire ainsi qu'une déclaration nominative auprès de la préfecture.

    Même si toute la procédure est suivie à la lettre, rien ne garantit la validation de la demande. Chaque année, des centaines d’étudiants se voient refuser l’obtention de la carte de séjour « salarié ». Le Collectif 31 mai en est la représentation. Il réunit des étudiants étrangers diplômés, des référents d’universités et des associations de défense des droits des étrangers. Il a été créé en réaction à la « circulaire du 31 mai »  signé par Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur et Xavier Bertrand, le ministre du Travail. Cette circulaire impose aux préfectures« la diminution des flux » d’entrée des étudiants étrangers, avec notamment un « contrôle approfondi » des demandes d'autorisation de travail. Le collectif veut mettre fin à cette circulaire, obtenir des récépissés pour les personnes en situation d’urgence, dénoncer les conditions de dépôts des dossiers dans les préfectures ainsi que le délai d’attente trop long (jusqu'à cinq mois).

    Depuis la mise en application de cette « circulaire du 31 mai » de nombreux étudiants étrangers se sont vus refuser la possibilité de rester travailler en France. Certains étaient pourtant très qualifiés. D’après l’OFII, l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration, en 2010, le flux d’étudiants étrangers, en France, représente 65 mille 800 étudiants.

    Seulement 284 659 étudiants sont entrés dans l’enseignement supérieur. Seul les étudiants les plus qualifiés (minimum niveau master) peuvent prétendre intégrer une entreprise française à la fin de leurs études.

     Passer la souris sur les graphiques pour voir les détails (source : ministère de l'Enseignement supérieur, chiffres en milliers et %, année 2010-2011)

     

     

     

     

    Ces chiffres pourraient rassurer. Mais, chaque année, en moyenne, seulement 6 000 étudiants obtiennent l’autorisation de travailler en France. Fatma Chouaieb, la créatrice du Collectif 31 mai affirme qu'il y a beaucoup plus de demandeurs : « depuis quinze jours, nous recevons 15 % de réclamations supplémentaires par jour, soit environ 30 cas d’étudiants étrangers de plus, par jour, qui demandent notre aide. Leur dossier a été refusé ou mis en attente. » Le site internet de l'association permet aux étudiants de se signaler grâce à un formulaire mis en ligne. « Le recensement commence tout juste. »

    Le collectif a transmis 200 dossiers au ministre de l’Enseignement supérieur Laurent Wauqiez : « ces dossiers sont ceux d’étudiants diplômés, qui ont une promesse d’embauche mais  ne peuvent pas travailler », déclare Fatma Chouaieb. Rachid (nom d'emprunt) est dans ce cas. A 24 ans, ce Maghrébin est diplômé d'une grande école de commerce parisienne. Cependant, il ne peut exercer son métier de conseiller : « je me suis senti vraiment rejeté alors que cela fait six ans que je vis en France et que je me sens bien intégré ». Le Collectif 31 mai affirme qu’une vingtaine d’étudiants sont en situation d’urgence. Ils ont reçu une obligation de quitter le territoire. 

    Ce mardi 11 octobre, le ministre de l'Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez a réaffirmé  sa volonté de « corriger » la « circulaire du 31 mai ». A l’issue d’une réunion avec les représentants des universités et des grandes écoles, il a assuré qu’une directive la rendra moins restrictive. Le ministre a aussi signalé que 5 600 autorisations de travail ont été accordées à des diplômés étrangers entre le 1er janvier et le 1er septembre 2011, contre 4 200 pendant la même période en 2010. Mais, il a refusé de préciser le nombre de demandes déposées dans les préfectures.

    Quoi qu’il en soit, à l’issue de cette réunion, les représentants de la Conférence des présidents d’universités (CPU) et de la Conférence des grandes écoles (CGE) semblaient plus confiants. Selon eux, la situation devrait être améliorée rapidement, au moins pour les cas les plus difficiles.

    On va corriger cette circulaire. L’objectif n'est pas de fermer la porte aux ingénieurs étrangers formés en France. On a besoin d'ingénieurs.

    Laurent Wauquiez

    Le ministre de l'Enseignement supérieur

    11/10/2011 Écouter

    Témoignage d'un étudiant étranger diplômé d'un master en management

    Rachid (nom d'emprunt) a 24 ans. Il vient d'être diplômé d'une grande école de commerce parisienne. Un master en management en poche, il se dit qu'il ne rencontrera pas de problème pour décrocher un travail. Très vite, une entreprise lui propose un CDI. Le problème vient de son statut d'étudiant. Rachid engage, alors, une procédure de changement de statut pour obtenir une carte de séjour « salarié »en juin 2011. Deux mois plus tard, il reçoit une réponse négative. Motif : le métier qu'il convoite ne fait pas partie des métiers en tension. Pour le jeune Maghrébin, c'est la désillusion : « je me suis senti rejeté, incompris. J'ai fait une bonne école. Je vis en France depuis six ans. Je me sens bien intégré. Alors, ça été un choc de recevoir une réponse négative. »

    Aujourd'hui, Rachid a rejoint leCollectif 31 maidans l'espoir que son dossier soit réexaminé : « je réunis toutes les conditions. J'ai un master. Une promesse d'embauche en CDI. Un salaire qui sera suffisant, comme l'exige la procédure : 1,5 fois le SMIC avec environ 40 000 euros par an. Mais, je ne peux pas travailler ! ». Une situation stressante qui laisse le jeune homme dans l'incertitude : « ma carte de séjour étudiant expire dans un mois et demi. Mon entreprise, pour le moment, patiente. J'ai de la chance qu'elle comprenne. Mais, je ne sais pas pour combien de temps. »

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