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    «Il était une fois en Anatolie», le film qui commence après la projection

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    Il était une fois en Anatolie sort ce 2 novembre 2011 en salles. C’était le film le plus long de la compétition à Cannes en mai 2011 et certainement le plus cruel pour les spectateurs. « C’est un film difficile. Je ne m’y attendais absolument pas », réagissait le réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan après avoir reçu le Grand Prix du Festival. 157 minutes au cœur des steppes d’Anatolie.

    L’histoire raconte une expédition dans les steppes turques. Des policiers ont embarqué deux suspects menottés qui doivent leur indiquer le lieu où ils ont enterré le corps de l’homme tué. Le soleil se couche, mais la colonne de trois véhicules, avec douze personnes à bord, continue sur les petites routes vallonnées. Le problème : les malfrats ne se souviennent plus très bien du lieu exact et la colonne se perd dans l’abîme anatolienne. 

    Alors, une cérémonie absurde commence : la colonne s’arrête quelque part, les policiers, soldats, procureur, médecin, chauffeur et suspects sortent des véhicules, tâtonnent, hochent la tête et remontent dans les bagnoles. Cela une douzaine de fois. Rien ne se passe. L’écran est condamné à rester un simple terrain de jeux pour les traces lumineuses des phares dans l’Anatolie nocturne.

    On l’a trouvé !

    Après 45 minutes, le vent se lève un peu. Comme divertissement, le docteur nous raconte une petite histoire qui dure 30 secondes : une femme avait dit à son mari : j’aurai un enfant et après je meurs. Ce qu’elle a fait. La colonne s’arrête dans un village perdu pour manger. Rien de plus. Après 90 minutes, le jour se lève et pour la première fois une petite musique fait son apparition. Le visage sombre du suspect numéro un crève l’écran. Encore quelques longues minutes de patience forcée et Nuri Bilge Ceylan nous délivre avec la phrase tellement aspirée : « On l’a trouvé ! ». Mais on n’est pas encore sorti de l’auberge anatolienne.

    Devant nos yeux, Monsieur le procureur rédige minutieusement son rapport sans intérêt. Et il y a l’autopsie du corps qui nous attend pour définir la cause exacte de sa mort. Le médecin se lance dans des descriptions interminables sur la couleur de la chemise, la taille du corps, prélève cerveau et cervelle. Cent-cinquante-sept minutes s’écoulent ainsi avec quelques péripéties mineures qui servent comme repères.

    C’est qu’après le film, que la magie apparaît et la conscience bat son plein. A l’écran, Nuri Bilge Ceylan dilate le temps. Il n’a pas tourné un film, mais 157 minutes de rush. Quelqu’un d’autre en monterait à peine cinq minutes de court métrage, Ceylan persiste et signe. Le véritable film est hors cadre et commence après la projection. C’est très dur et pénible à regarder. On met du temps à réaliser quelle magnifique perche il nous tend.
     
    La scène de l’autopsie n’est pas pratiquée sur le corps défunt, mais sur le cinéma vivant. Le réalisateur nous confronte avec une autopsie de son propre film ! Nuri Bilge Ceylan change radicalement notre rapport au temps et à la perception. Subitement, on comprend la scène tout au début du film : trois hommes à travers d’une fenêtre embouée qui, après quelques minutes, devient transparente. Il était une fois en Anatolie, n’est pas un conte, mais une leçon du cinéma.

     

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