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    Hubert Haddad : « La guerre est aussi intense ici que dans les montagnes du Kandahar »

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    Un enfant afghan qui fait la guerre aux côtés des Talibans et se retrouve quelques mois plus tard après, sans papiers, sous les ponts de Paris. Voici l’odyssée terrible que nous raconte Hubert Haddad. Le poète et romancier, né en 1947 en Tunisie, vit à Paris depuis les années 1950. Son nouveau livre Opium Poppy est un roman de sang et de terreur, où la guerre est omniprésente.

    RFI : Ce nouveau roman se passe en Afghanistan. En tout cas le jeune personnage est afghan, mais je me suis demandé s’il n’aurait pas pu être aussi congolais, tchadien ou philippin, parce que finalement c’est un soldat, un combattant, un enfant soldat.

    Hubert Haddad : C’est un enfant pris dans la guerre, un enfant soldat. Il y a 200 000 ou 300 000 enfants soldats dans le monde. Il aurait pu être un enfant de Birmanie, de Colombie… D’ailleurs au départ, j’ai fait un voyage il n’y a pas si longtemps, avant d’écrire ce livre au Rwanda. Je voulais parler du Rwanda. Et puis c’était trop proche pour moi, trop violent, ce que j’avais pu voir, comprendre, donc je me suis rabattu sur ces lointains-là.
     
    RFI : Le roman commence avec ce petit garçon à Paris, dans un centre d’accueil, avec une toute petite Rwandaise, et un adolescent serbe, tous ayant vécu la violence. Et c’est un peu comme si la plume du romancier s’abattait sur l’un d’eux, presque au hasard, et c’est l’Afghan, pour raconter son histoire tragique. C’est un petit paysan qui va prendre la guerre de plein fouet, et ça se passe dans les années 1990 ?
     
    H.H. : Cette histoire pourrait se passer même aujourd’hui, parce que la réalité n’a pas tellement changé. C’est après la mort du Commandant Massoud en tout cas, puisqu’il est évoqué comme une grande figure. Pour moi c’est plutôt dans les années 2000. Et effectivement, je vais me promener dans le quartier parisien de Stalingrad ou Jaurès, je vois des enfants afghans là qui ont entre 10 et 15 ans, comme on ne trouvait dans les égouts de la gare de Rome. Je pourrais finalement interroger un enfant et faire un roman qui soit assez proche de celui-là.
     
    RFI : L’Afghanistan était suffisamment loin de nous pour que vous puissiez faire œuvre de fiction. Mais qu’a-t-elle de spécifique pour vous, originaire de Tunisie, vous qui avez écrit Palestine, ce roman sur la Palestine ? Il y a dans ce livre les mêmes ingrédients que dans les autres ?
     
    H.H. : Oui, avec ce fil du trafic de la drogue, de l’opium qui pour moi était intéressant. On sait que l’Afghanistan est le grand trafiquant d’opium. 90 % de la production d’opium et d’héroïne viennent d’Afghanistan. A l’autre bout de la chaîne il y a l’Occident. Ce gamin, on va le suivre dans tout ce réseau. A travers de cet éclairage sur ce trafic on voit l’économie de la guerre, l’économie infernale, mondiale, des guerres qui se créent et qui perdurent. Pour moi c’était intéressant, cette espèce de fil rouge de l’opium. Mais, j’ai vu aussi des enfants afghans sous le métro de Jaurès à Paris, et ça m’a effaré que ce soit possible que notre société puisse laisser, abandonner, des enfants de 10, 12 ans. Alors peut-être que cela a été le motif, au fond, qui m’a renvoyé à ce lointain.
     
    RFI : Votre roman, s’il fallait le résumer, c’est l’histoire d’un enfant qui va d’une guerre à l’autre. Il échappe à l’horreur de la guerre en Afghanistan, mais il tombe dans une autre guerre qui est la guerre des trafiquants de drogue et des trafiquants d’armes à Paris.
     
    H.H. : A Paris et dans les banlieues parisiennes. Là on se trouve à Bobigny, on pouvait être dans n’importe quelle commune. Une situation que je connais bien, j’y ai vécu et je sais comment cela fonctionne. Donc, c’est un endroit où j’ai vécu des années et des années. Pour cet enfant, la guerre ne finit pas ! La guerre est aussi intense ici que dans les montagnes du Kandahar.
    Hubert Haddad : Opium Poppy, éditions Zulma, 176 pages.

     

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