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    France

    Mathieu Lindon aime Michel Foucault et reçoit le prix Médicis

    media Mathieu Lindon, lauréat du prix Médicis, le 4 novembre 2011. Reuters/Gonzalo Fuentes

    Ce qu’aimer veut dire est une sorte d’autobiographie où Mathieu Lindon raconte son existence grâce aux relations avec son père, sa famille, ses « amis biologiques » et surtout son ami Michel Foucault, mort en 1984. Le prix Médicis étranger a été décerné à l’Israélien David Grossman pour Une femme fuyant l’annonce et celui de l’essai à Sylvain Tesson pour Dans les forêts de Sibérie.

    J’avais conscience qui était Michel Foucault.

    Mathieu Lindon, écrivain 04/11/2011 Écouter

    Ce qu’aimer veut dire. Derrière ce titre pour un roman à quatre sous ne se cachent pas les mémoires prématurées de l’omniprésent acteur Vincent Lindon. C'est l'histoire de son cousin, le journaliste et écrivain Mathieu Lindon qui obtient ainsi le Médicis 2011. Son premier livre, Nos plaisirs, paru en 1983, le romancier a été obligé de le publier sous un pseudonyme, Pierre-Sébastien Heudaux, suite aux pressions exercées par son père, Jérôme Lindon, le patron autant mythique qu’autoritaire des éditions de Minuit qui avait publié Duras et Robbe-Grillet. Le père austère, décédé en 2001, et son fils cadet, adepte de la joie de vivre, entretenaient des relations très compliquées qui nourrissent aussi le propos de Ce qu’aimer veut dire. « Il n’ya pas à différencier l’amour qu’on a pour un père, l’amour qu’on a pour un amoureux et l’amour qu’on a pour un amant » a expliqué Mathieu Lindon après avoir reçu le prix Médicis.

    Né le 9 août 1955 à Caen, critique littéraire à Libération depuis 1984, c’est son roman Prince et Léonardours en 1987 qui avait finalement sorti Mathieu de l’emprise de son père. Un livre qui frôlait l’interdiction par le ministère de l’Intérieur, parce que Lindon y raconte les viols et les tortures subis par un couple d’adolescents amoureux.

    Mais, selon lui, c’est surtout sa rencontre, à 23 ans, avec le philosophe Michel Foucault qui sera décisive pour sa carrière et son univers sentimental, homosexuel et intellectuel. C’est dans l’appartement rempli de livres de Michel Foucault, rue de Vaugirard, que Mathieu Lindon prend son envol. Ils deviennent de plus en plus amis, mais jamais amants. Lindon a le sentiment de pouvoir rééquilibrer avec Foucault sa vie et faire face à son père. Il avoue que sa jeunesse « débute plus ou moins quand je deviens ami avec Michel et se finit à sa mort. »

    « Michel est comme un père pour moi, au sens de créateur » définit-il le rôle central de Foucault dans sa vie d’écrivain. Paradoxalement, c’était lui qui avait trouvé le pseudonyme Pierre-Sébastien Heudaux pour le premier livre de Mathieu Lindon. Ce qu’aimer veut dire est le 19e livre de l’auteur. Cet homme, échappé d’une époque et d’un cercle intellectuel que le sida et les drogues dures ravageaient, nous laisse de son vivant une lettre posthume plein de vie.

    Mathieu Lindon : « Ce qu’aimer veut dire » (Extrait)

    « En vérité, la proximité la plus grande que j’ai eue fut avec Michel Foucault et mon père n’y était pour rien. Je l’ai connu six ans durant, jusqu’à sa mort, intensément, et j’ai vécu une petite année dans son appartement. Je vois aujourd’hui cette période comme celle qui a changé ma vie, l’embranchement par lequel j’ai quitté un destin qui m’amenait dans le précipice. Je suis reconnaissant dans le vague à Michel, je ne sais pas exactement de quoi, d’une vie meilleure. »

    ___________________________________________________ 
    Mathieu Lindon : « Ce qu’aimer veut dire », P.O.L., 352 pages.


     
     

    Prix Médicis étranger pour l’écrivain israélien David Grossman
    David Grossman Zazzo

    Le prix a été attribué à l’unanimité à David Grossman pour Une femme fuyant l’annonce. Un hommage à la femme israélienne. Ce roman de près de 700 pages raconte la souffrance d’Ora, une mère israélienne dont le fils est parti à la guerre. L’auteur se glisse dans la peau de cette femme, séparée depuis peu de son mari, Ilan.

    Uri, le fils aîné de David Grossman, a été tué en 2006 lors de la deuxième guerre du Liban. « J’ai appris qu’il y a des situations, dans lesquelles la seule liberté qu’il nous reste, c’est de décrire. La liberté de décrire avec ses propres mots le sort qui s’abat sur nous. »

    L’auteur, né le 25 janvier 1954 à Jérusalem, fait partie, avec Amos Oz et Avraham B. Yehoshua, du groupe d’écrivains et d’intellectuels qui ont fondé le mouvement « La paix maintenant » qui travaille pour le rapprochement entre Israéliens et Palestiniens et pour la création d’un Etat palestinien.
    ______________________________________________________
    Une femme fuyant l’annonce, par David Grossman. Traduit de l’hébreu par Sylvie Cohen. Paris, Le Seuil, 666 pages.

    Lire aussi :
    - « Une femme fuyant l’annonce », l’hommage de David Grossman à la femme israélienne, RFI, 15/9/2011
    - L’écrivain israélien David Grossman reçoit le prix de la paix de la Foire du livre de Francfort, RFI, 11/10/2010

     

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