Les PME redoutent un assèchement du crédit en Europe

L'aggravation de la crise des dettes souveraines dans la zone euro a fait renaître le spectre d'un assèchement du crédit. En quelques semaines en effet, la perte de confiance généralisée qui s'est installée a conduit les banques à ne plus se prêter d'argent entre elles. Une situation qui peut s'avérer lourde de conséquences pour les entreprises et les particuliers.
A en croire le patron de la BNP-Paribas, première banque de l'hexagone, il n'y a pas eu de contraction de l'offre de crédit en France. Baudoin Prot affirme même que les prêts à l'économie française ont augmenté de 6.4% en octobre dernier.
Son avis est contesté par Bernard Cohen-Hadad, vice-président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises, CGPME, en charge du dossier financement : « Quand on écoute les banquiers, il n’y a jamais de problème de crédit pour les PME en bonne santé. Ce n’est pas ce qui est vécu sur le terrain par les entreprises ni ce que nous vivons nous, patrons de PME, quand nous allons voir notre banquier dans nos villes et dans nos régions ».
Bernard Cohen-Hadad poursuit : « Au mois de septembre, il y avait 65 % des chefs d’entreprise qui rencontraient des difficultés d’accès au crédit. Ils n’étaient que 45 % en juin 2011 ».
La seule alternative pour Bernard Cohen-Hadad est de penser différemment le financement des PME : « Nous sommes entrés dans une phase de « débancarisation » du financement de l’entreprise. Le banquier ne peut plus être le seul partenaire des entreprises. Il y a l’accès au marché boursier, le rôle du capital investissement, le rôle du marché obligataire et aussi le soutien des particuliers pour accompagner les entreprises dans des développements ».
Il n’est pas sur qu'en ces temps de crise, ces propositions aient beaucoup d'écho.

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