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Article publié le : jeudi 08 décembre 2011 à 14:04 - Dernière modification le : mercredi 08 février 2012 à 15:54

Droit de vote des étrangers : trente ans après, le débat resurgit

Depuis 1998, les ressortissants de l'Union européenne résidant en France ont le droit de vote aux élections locales.
Depuis 1998, les ressortissants de l'Union européenne résidant en France ont le droit de vote aux élections locales.
Tony Vega

Par Florent Guignard

Le Sénat examine ce 8 décembre 2011 une proposition de loi pour réviser la Constitution et permettre aux étrangers résidant en France de voter aux élections municipales. Une promesse qui date de 1981 et à laquelle le Premier ministre François Fillon tient aujourd’hui à s’opposer.

C’est une vielle promesse de la gauche. Un serpent de mer de la vie politique française vieux de plus de trente ans qui ressurgit ce jeudi 8 décembre 2011 au Sénat. Le droit de vote des étrangers aux élections locales figurait déjà dans les 110 propositions de François Mitterrand en 1981. L’une de ces promesses non tenues par l’unique président socialiste. Dans sa Lettre à tous les Français de 1988, le président sortant justifiait son renoncement en déplorant « l’état des mœurs » de la société française. Et déjà, en pleine campagne présidentielle, son adversaire Jacques Chirac stigmatisait « le laxisme socialiste » en matière d’immigration.

Ce n’est pourtant pas du fait de la gauche française, mais de Bruxelles, et de l’Europe, qu’une première brèche est ouverte. A partir de 1998, les ressortissants européens peuvent voter aux élections locales. Deux ans plus tard, sous l’impulsion du député écologiste Noël Mamère, le droit de vote est étendu à tous les étrangers, européens ou pas. La gauche est alors majoritaire à l’Assemblée nationale, mais minoritaire au Sénat. Le texte est bloqué et retoqué par la haute chambre.
 
Treize ans plus tard, la configuration politique a changé. La droite domine l’Assemblée nationale. Et depuis le mois de septembre, le Sénat est à gauche. Un bouleversement historique. Dès le dimanche soir des élections, les socialistes et leur patronne la première, Martine Aubry, annoncent la résurrection du droit de vote des étrangers aux élections locales. « Les étrangers ont participé à la création de la richesse de notre pays, justifie François Rebsamen, le président du groupe socialiste au Sénat. Ils habitent nos communes, ils y paient des impôts. Il est anormal qu’ils soient relégués comme des citoyens de seconde zone. Et donc nous allons leur redonner leur dignité ».
 
Le débat devant les sénateurs risque pourtant d’en manquer, de dignité, si l’on en juge par les propos tenus ces derniers jours par plusieurs dirigeants de la droite. A l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a dénoncé un « risque communautaire » et brandi la menace de municipalités noyautées par les étrangers : « Imaginons un débat sur les cantines scolaires ou sur les horaires de fréquentation des piscines. Est-ce qu’on ne risque pas d’avoir des règles qui soient contraires à la laïcité ou à l’égalité hommes-femmes ? ». Pour Claude Guéant, la nationalité est d’abord affaire de religion…
 
Des prises de position sur fond de campagne
 
Le ministre de l’Intérieur n’avait pas hésité à mentir, la semaine dernière, en assurant que les étrangers pourraient être élus maire, ce que ne prévoit pas la proposition de loi. La droite, une partie de la droite, joue sur les peurs, et accuse par ailleurs la gauche d’instrumentaliser les étrangers, et de faire monter le Front national pour affaiblir l’UMP. « François Mitterrand était un orfèvre en la matière, et le Parti socialiste reprend ses bonnes vieilles recettes qui consistent à faire gonfler le score du FN, accuse Lionnel Luca, l’un des représentants de ceux qui s’appellent « la droite populaire », la droite de l'UMP. Ils s’assurent aussi pour les prochaines élections locales un matelas électoral confortable. Les plus intégristes vont pousser les étrangers à prendre le pouvoir localement. Le Parti socialiste, totalement irresponsable, joue avec le feu et au lieu d’essayer d’avoir un vote populaire, il choisit un vote communautaire ».

Lionnel Luca a bien appris sa leçon. « Le vote communautaire », la formule a été prononcée quelques heures plus tôt par Nicolas Sarkozy. Voici pourtant ce que le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy disait en 2005 : « Le débat pour le droit de vote, aux seules élections municipales, des étrangers présents en France depuis 10 ans est une question ouverte, et en ce qui me concerne, j’y suis favorable ».

Les temps ont changé. Nicolas Sarkozy peine à remonter la pente dans les sondages et fait feu de tout bois. Il envoie donc son premier ministre François Fillon en personne s’opposer, devant le Sénat, au droit de vote des étrangers aux élections locales. Alors, dans cette affaire, qui instrumentalise quoi ? Le sénateur d’Europe Ecologie-Les Verts Jean-Vincent Placé accuse François Fillon de chasser sur les terres du Front national : « Depuis le discours de Grenoble, aux accents xénophobes, la droite, y compris François Fillon, est lancée dans une course à l’échalote vis-à-vis de certaines idées proférées à l’extrême droite de l’échiquier politique. »

Le débat s’annonce donc musclé. Pas sûr d’ailleurs que le texte puisse passer, puisque la gauche ne dispose au Sénat que d'une très courte majorité, et elle est sûre de ne pas faire le plein des voix dans son propre camp. L'ancien ministre anciennement socialiste, Jean-Pierre Chevènement, et candidat à la présidentielle, s’abstiendra, lui qui représente cette gauche républicaine, patriote, voire nationale, pour qui le droit de vote ne saurait être déconnecté de la nationalité française.

Le débat aura lieu dans l’hémicycle, et au-dehors. Le Front national, absent au Sénat, entend bien profiter de l’impact de cette affaire et organise une manifestation pour soutenir l’interdiction du droit de vote aux étrangers. En face, un autre rassemblement se tient, à l’appel des partis de gauche, pour rappeler qu’une promesse, même vieille de trente ans, on la tient.

tags: Immigration - Présidentielle France 2012
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(3) Réactions

Il est vrai........

Il est vrai........que des organismes de sondages manipulateurs d'opinions annoncent en fine, des résultats que beaucoup de gens dans leur entourage proche peuvent contredire aisément,ces memes organes de sondages préfèrent raconter cela à la place de 61% pour obliger l'UMP à réaliser partiellement le programme de Marine!!
En particulier les problèmes de l'immigration galopante, l'obligation pour les étrangers à acquérir, pratiquer et respecter les coutumes, le savoir vivre, les devoirs et obligations usités sur le territoire Français.
Interdire toutes formes de communautarismes d'origines étrangères,les mariages coutumiers et la polygamie qui perdurent en France ( d'origine africaine ) néfastes pour les caisses sociales....du fait de l'augmentation incessante des foyers monoparental avec beaucoup d'enfants instables et délinquants.
Si la bande de gauche n'a que cette provocation à faire pendant que leur parti est corrompu par des voleurs,des bandits......!!!!
A continuer ainsi,comme les autres fois la gauche s'annonçait vainqueur des sondages......et au final UMP + FN = 70% !!!!!
Une assemblée Nationale avec UMP+FN = 70% et le PS+Ecolo+Front de Gauche =30% c'est très prometteur....et vive l'efficacité pour redresser les finances et recadrer les partis ,associations et lois tordus méprisants en permanence les Français.

Droit de vote des étrangers .

Moi je suis contre le droit de vote des étrangers et en plus c'est pas vrai une minorités paye des impôts, de plus tous le monde sais que les émigrés n'aimes pas la France. Ils restes a causes des avantages sociaux. La gauche veut que les étrangers votes pour avoir des voix, si c'est le cas je ne vote plus et je suis près à faire la révolution comme en 68 ou j'étais en première ligne. Il faut quand MÊME penser à ceux qui sont morts pour la FRANCE.

vous avez raison

à Michel Jolivet
Vous avez raison les émigrés n'aime pas notre France, ils aiment surtout nos aides sociales, aident qui d'ailleurs sont en train de s'épuiser
Il ni a plus de travail, plus d'argent dans les caisses et ce président veut prendre aux gens aisés et donner aux démunis, il oublie tout de même que nous n'avons pas l'intention de nous laisser faire !
Moi aussi je suis contre le droit de vote ,nous sommes dans notre pays tout de même
Nous laisserait-on ce droit si nous allions vivre en Algérie, au Maroc ou tout autres pays
Il va y avoir des dérives, et les français (les 49%) qui n'ont pas voté Hollande pourrait bien faire savoir leur désaccord dans la rue ! je pourrais moi aussi déchirer ma carte d'électeur mais non ce serait leur donner raison je continuerai de voter et dans l'avenir ce ne sera pas gauche pas droite ! mais je voterai ! je pense à tous ceux qui sont morts pour notre patrie !

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