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Article publié le : dimanche 08 janvier 2012 - Dernière modification le : dimanche 08 janvier 2012

Survivant de l’attaque de Cabinda, l’ancien footballeur togolais Kodjovi Obilalé tente de se reconstruire

Kodjovi Obilalé à Lorient en décembre 2011.
Kodjovi Obilalé à Lorient en décembre 2011.
Pierre Firtion/RFI

Par Pierre Firtion

Sa vie a basculé le 8 janvier 2010, lors de l’attaque du bus de la sélection togolaise en marge de la CAN. Ce jour-là, Kodjovi Obilalé reçoit deux balles de kalachnikov au foie et dans le bas du dos et perd quasiment l’usage de sa jambe droite. Aujourd’hui, il se déplace en béquilles après avoir un temps vécu en fauteuil roulant. A 27 ans, il prépare sa reconversion professionnelle grâce à l’aide de l’Union nationale des footballeurs professionnels.

Les clips de « coupé-décalé » tournent en boucle à la télévision. En ce mercredi après-midi de décembre, Kodjovi Obilalé a le sourire. Qu’importe la tempête qui, dehors, balaie Lorient et la Bretagne... De la musique, quelques amies autour de lui, l’ancien gardien de Pontivy est comme un poisson dans l’eau. Comme chaque semaine, Kodjovi a fait une halte à « Trugéré », une épicerie africaine de la ville, petit havre de paix où les différentes communautés africaines aiment à se trouver pour boire un verre, discuter et refaire le monde. « Tu te sens un peu en Afrique ici, explique-t-il, ça discute, ça rigole, c’est toujours chaleureux. Ce sont des gens sympa avec qui je m’entends bien, ça change les idées ». Le natif de Lomé vient également s’y approvisionner en pâte d’arachide, piment, manioc et autres bananes de plantain, aliments introuvables en grandes surfaces. « Je cuisine bien, je fais tout, des plats français, africains. Avec n’importe quel ingrédient, je peux faire à manger », avance-t-il fièrement. Originaire du Centrafrique, Marie-Thérèse, la patronne, est une amie de longue date. Tous deux ont sympathisé un soir en discothèque, bien avant Cabinda.

Douleurs physiques et moral fluctuant

Marie-Thérèse a compris que son sourire n’était qu’une façade. Car, sans le dire à ses amis, l’ancien portier de Pontivy traverse une passe difficile. Avec l’arrivée du froid, son dos, ses reins et sa jambe droite le font terriblement souffrir. « Je double mes cachets pour être à l’aise dans la journée et passer de bonnes nuits », explique-t-il. Depuis quelques semaines, il ne s’adonne qu’à la natation, au détriment des séances de kiné. «Il faut que je reprenne le kiné, j’attends d’être bien dans ma tête ». Le moral est fluctuant. L’approche du deuxième anniversaire de la tragédie a réveillé de mauvais souvenirs. Deux ans après le drame, la plaie Cabinda n’est pas encore refermée.

Le gouvernement togolais débloque une aide annuelle

Pourtant, sa situation s’est sensiblement améliorée depuis l’an passé. Son statut d’handicapé vient d’être reconnu. A ce titre, il perçoit une pension mensuelle de 700 euros. De son côté, le gouvernement togolais a débloqué une aide annuelle de 53.000 euros. Quant à la FIFA, elle lui avait versé, en fin d’année 2010, une indemnité de 72.000 euros, somme qui lui a servi à payer sa rééducation au centre de Kerpape, à Ploemeur, en Bretagne. Mais l’argent n’est pas tout. Et ce ne sont pas quelques milliers d’euros qui effaceront le traumatisme.

L’UNFP l’aide à se reconvertir

La clé de sa reconstruction ? Une nouvelle activité professionnelle. Dans ce domaine aussi, les choses ont évoluées dans le bons sens. Kodjovi Obilalé tente, depuis quelques semaines, d’acquérir une formation en bureautique ou comptabilité grâce au soutien de l’Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP). Dans quelques temps, il devrait débuter une évaluation en milieu de travail (EMT), passage obligatoire pour jauger ses compétences en milieu professionnel. Une première étape avant le but ultime : l’obtention d’un emploi sur Lorient.

Lui permettre de se réinsérer professionnellement, c’est là l’objectif numéro un de l’UNFP. Le syndicat français des joueurs professionnels a pris en charge l’ancien footballeur en septembre 2010. L’histoire est d’autant plus belle que Kodjovi Obilalé n’était pas professionnel au moment du drame. « Pour nous, ça paraissait évident de l’accompagner, explique - surpris par la question - Philippe Lafon, secrétaire exécutif du syndicat, on l’a déjà fait pour d’autres ». L’UNFP est spécialiste en la matière : le syndicat a favorisé deux mille reconversions d’anciens footballeurs en l’espace de vingt ans. Pascal Bollini aide ainsi Kodjovi dans ses démarches avec Cap Emploi, une association spécialisée dans l’embauche des personnes handicapées.

Un soutien moral indispensable

Mais l’UNFP ne limite pas son soutien au seul aspect professionnel. Manfa Camara, un ancien joueur de Lorient devenu paraplégique en 2002, lui apporte une aide psychologique indispensable. « Il le secoue quand ça va pas », précise Philippe Lafon. Stéphane Burgalter est, pour sa part, en charge des affaires juridiques avec l’Afrique. Quant à René Charrier, le vice-président et Philippe Lafon, ils l’appellent régulièrement pour l’écouter, l’épauler et l’encourager. « Il y a des objectifs qui sont fixés avec des calendriers précis, commente Philippe Lafon, mais, on n’est pas toujours dans les aspects dossiers, on s’intéresse à sa vie de tous les jours, “qu’est-ce que tu fais aujourd’hui”, “qu’est-ce que t’as prévu cette semaine ?” ». Ce soutien est vital pour l’ancien gardien de Pontivy, qui estime, simplement : « s’il n’y avait pas l’UNFP, je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui ».

Un retour au Togo « peut-être en 2012 »

Revenir à Lomé n’est pas à l’ordre du jour, du moins dans l’immédiat. Kodjovi Obilalé n’est plus revenu au Togo depuis le drame de Cabinda et il envisage d’aller faire découvrir, dans un avenir plus ou moins proche, son pays à ses deux enfants. « Peut-être l’été prochain » avance-t-il dans un premier temps, avant de rapidement préciser, « 2012, c’est pas sûr ». Nostalgique, il ajoute, ému : « ça me manque, ça me manque, j’ai vraiment besoin de souffler un peu, d’aller me ressourcer ». Mais pas question pour lui de retourner au Togo sans être en pleine possession de ses moyens : « pour le moment, mon accident, c’est trop frais, je suis pas trop partant. Je vais attendre un peu, je suis pas pressé. Si je vais là-bas pour voir ma mère, mon frère, les amis, ça va être une journée difficile, ça va être émouvant. Je vais avoir beaucoup de visites donc j’appréhende un peu aussi ». « Faut pas que je sois pressé », conclut-il.

Bientôt une fondation Obilalé ?

Ce n’est pour l’instant qu’un projet. Kodjovi Obilalé envisage de créer une fondation qui viendrait en aide aux sportifs handicapés. Emmanuel Adébayor y serait associé. Mais rien n’est encore arrêté.
 

tags: Angola - CAN - Football - Togo
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Commentaires (8)

emu

Dodo, comme le disait notre ami de la RDC Dieu a surement un plan pour toi et comme depuis ton enfance tu as toujours été un battant et un gagant, tu gagneras, ce n'est qu'une question de temps. le plus dur est derrière toi. tiens bon!!!

Courage notre ami

Tu as connu l'accident en allant au front, daigne savoir que depuis ce jour là tu es parmi les tant de heros que regorgent l'Afrique
je suis Congolais de la RDC cette triste nouvelle m'avais blogé dans l'emoi. sache une chose Dieu a un plan Merveilleux pour ton avenir
prend courage et soit confiant .

avis

Je suis très heureux de savoir que obilalé va de plus en plus mieux et qu'il a des soutien non négligeable qui lui vienne au secours dans ses moments difficiles.
j'en profite pour féliciter tous ceux qui l'ont soutenu et qui continu de le faire.
enfin je le souhaite une bonne réinsertion dans la vie active.

soutien à mon frère

juste pour te dire courage

je ne sais comment reagir a

je ne sais comment reagir a tt cela,mais non plus je ne veux pas me passer de ....en un seul mot,COURAGE MON FRERE.

Soutien à OBILALE

c'est vraiment regretable ce qui c'était passé à Cabinda. J'envoie mes condoléances aux familles des deux disparus amélété abalo et stan oclo. pour Obilalé, je comprends son état et je lui dis tout simplement d'être fort dans sa tête car c'est un combat de tous les jours qu'il mêne.Il était talentueux et à un avenir tout tracé mais hélas...je remercie aussi toutes les bonnes volontés qui l'aide à surmonter ces moments difficiles de sa reconversion.
Obi... sois fort et sache que nous sommes tous derrière toi
Que Dieu te protège

Porte toi bien petit frere

Merci de nous donner les nouvelles de mon petit frere Kodjovi. Je l'ai connu quand il avait 16 ans et jouait au basket ball a Lome dans le club "Model". On l'avait surnomme "Chercheur" a l'epoque car il allait chercher tous les rebonds. J'ai cherche en vain a le joindre apres le drame de Cabinda pour le soutenir de quelque maniere que se soit mais je n'ai pas pu trouver son contact car le nemero surquel je l'ai joint peu de temps avant son depart pour Cabinda ne repondait plus. J'apprecierai si vous pouvez lui passer un message de part: dites lui que son grand frere Michel Vias le cherche. Je suis aux USA et il peut me joindre au 240-3881486 ou avec mon email addresse viasmichel@hotmail.com

Merci

soutient à mon frère togolais kodjovi

je suis très ravie de cet article concernant ta situation actuelle du courage mon kodjovi gràce à Dieu un jour tu ferra ta famille et tes amis au togo.

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