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    France

    Même assouplie, la circulaire Guéant laisse les étudiants étrangers insatisfaits

    media Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant. Reuters/Charles Platiau

    Le Sénat français examinera mercredi 18 janvier 2012 une proposition de résolution sur le séjour des étudiants étrangers, communément appelée circulaire Guéant, du nom du ministre de l’Intérieur. Ce nouveau texte assouplit certaines conditions pour les diplômés étrangers formés en France, de travailler dans le pays. En mai dernier, Claude Guéant avait durci ces conditions. Mais les obstacles ne semblent pas être totalement levés.

    L'objectif de la circulaire est très clair : Claude Guéant veut diminuer les flux migratoires et essentiellement l'immigration légale. Elle doit passer de 200 000 à 180 000. Dans le collimateur, les étudiants étrangers, car une grande part du flux migratoire à caractère professionnel provient du changement de statut demandé par ces étudiants.

    La circulaire souligne qu'il faut que l'employeur justifie la nécessité de recourir à une main-d'œuvre étrangère. Pour recruter un étudiant étranger, il faut que le secteur soit dit « en tension ». Autrement dit, un domaine dans lequel l'employeur peinera à recruter de la main-d'œuvre déjà présente sur le marché du travail. Pierre Henri Brandet est porte-parole du ministère de l'Intérieur. Son discours est limpide : la préférence nationale est mise en avant.

    « Tous les étudiants qui sont accueillis en France pour faire leurs études, n'ont pas vocation à rester forcement sur le territoire national. Mais leur vocation est peut-être aussi de revenir dans leur pays d'origine. Faire profiter leur entreprise de tout ce qu'ils ont appris en France, c'est ce qu'on peut appeler le développement solidaire. Par ailleurs, sur tous les étrangers qui sont en situation régulière en France, un quart d'entre eux n'ont pas de travail donc, ce n'est pas la peine d'autoriser à tour de bras des étudiants étrangers qui n'ont pas de statut, si déjà on a un vivier dans lequel on peut piocher pour remplir un certain nombre d'emplois ».

    La riposte du collectif dit du 31 mai

    Les réactions ont été très vives. Un collectif dit du 31 mai s'est formé autour de ces étudiants étrangers, dénonçant une situation aberrante. Adama Baba Corera est Mauritanien et hautement diplômé en informatique.

    « J’ai un double diplôme, j'ai une maîtrise en mathématiques appliquées et un master 2 en informatique. J'ai fini mon cursus, j'ai fait un stage de sept mois chez un éditeur de logiciel qui m'a immédiatement pris en CDI. Mais je n'ai pas pu signer le contrat. Car je n'ai pas d'autorisation de travail. Je l'attends, mais elle n'arrive pas ».

    Faute de ressources nécessaires, Adama, 25 ans, a dû quitter son logement. Il vit désormais dans la précarité chez un cousin. Nabil Sebti est Marocain, diplômé d'HEC. Il est l’un des porte-parole du collectif du 31 mai. Il se sent humilié :

    « Pourquoi après nous avoir formés, on nous demande de rentrer au pays alors même que la France a investi sur nous. La formation d'un individu ne s'arrête pas à un diplôme. Nous savons tous, les entreprises le savent, les DRH, les directeurs d'université le disent : la formation continue un an ou deux ans après. Et puis, au-delà de l'incompréhension, il y a un sentiment d'humiliation. Humiliation parce qu'au-delà du contenu de la circulaire, ce que nous vivons dans les préfectures, l'attente, la fatigue, les refus nous blessent. On se sent perdu ».

    Des intellectuels en colère

    Critiquée à gauche comme à droite, la circulaire a choqué plusieurs ministres dont ceux de la Culture et de l'Enseignement supérieur, Frédéric Mitterand et Laurent Wauquiez. Le mécontentement a gagné aussi le monde universitaire. Une pétition a été lancée ainsi que des parrainages pour exiger le retrait de la circulaire Guéant. Parmi les signataires, l'historien Pierre Rosanvallon, professeur au collège de France.

    « Les universités du monde entier essaient de se battre pour faire venir les bons étudiants. Il y a une compétition internationale pour attirer sur son territoire les gens curieux, les gens motivés et donc ce n'est pas le moment de se replier sur soi. C'est pour cela que je dis que non seulement cette circulaire est une honte pour ceux qui la subissent et une stupidité pour l'économie française, une perte pour la société française. C’est aussi une infamie pour l'université qui se voit en quelque sorte dénier sa qualité fondamentale d'organisation de la circulation des savoirs ».

    Une circulaire corrigée mais toujours insatisfaisante.

    Face à la mobilisation, le gouvernement a revu sa copie mais à la marge. Claude Guéant a d'abord parlé de « malentendus », puis a accepté de corriger la circulaire. Le nouveau texte s'adresse aux étudiants hautement qualifiés à savoir bac + 5 ou doctorat. Ceux-là pourront bénéficier du titre de séjour pour travailler dans le cadre d'une première expérience.

    Si le collectif du 31 mai reconnaît des avancées, il demande toujours le retrait de cette circulaire. Il considère qu'il faut un signal fort auprès des entreprises qui aujourd'hui, vu la complexité administrative, vont hésiter à recruter des étudiants étrangers. 66 000 étudiants étrangers viennent étudier en France chaque année.

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