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Bande dessinée / 39e Festival de la bande dessinée d’Angoulême - 
Article publié le : vendredi 27 janvier 2012 - Dernière modification le : vendredi 27 janvier 2012

Etienne Davodeau : « Dans mes livres on croise des gens qui se démerdent »

Etienne Davodeau : Les Ignorants, éditions Futuropolis, 272 pages.
Etienne Davodeau : Les Ignorants, éditions Futuropolis, 272 pages.
éditions Futuropolis

Par Sophie Torlotin

Le 39e Festival de la bande dessinée d’Angoulême, c’est aussi des hordes de BD-phils et de BD-phages, qui vont tous se faire dédicacer leurs albums par leurs auteurs préférés. Parmi eux : Etienne Davodeau. Il publie Les Ignorants, qui est sélectionné avec cinquante autres albums, pour décrocher le prix du meilleur album de l’année. L’histoire raconte la rencontre entre un auteur de BD et un vigneron.

RFI : Vous êtes l’un des auteurs sélectionnés dans les prix du Festival de la bande dessinée d’Angoulême, avec Les Ignorants, récit d’une initiation croisée. Est-ce angoissant une sélection ?

Etienne Davodeau : Pour ce qui me concerne, ce n’est pas un motif d’angoisse. Il y a une cinquantaine de livres qui sont sélectionnés, sur une production d’à peu près 5 000, donc c’est flatteur. Moi, je ne fais pas du tout mes livres pour être sélectionné dans les festivals. Je fais des livres pour qu’ils soient lus par des gens. Mais c’est une sorte de cerise sur le gâteau très agréable. Je vais à Angoulême pour y rencontrer les lecteurs et participer à la grande fête annuelle de la bande dessinée en France et en Europe.
 
RFI : Votre matériau de prédilection c’est le réel. On parle beaucoup de BD et reportage. Est-ce que la bande dessinée c’est un médium privilégié, pour mettre en scène la réalité ou pour parler du réel ? Ca n’a pas été le cas pendant longtemps.
 
E.D. : C’est vrai que d’un point de vue historique elle l’a très peu fait. La bande dessinée s’est très peu occupée du réel, puisque qu’elle a cette vertu, qu’avec une feuille de papier et un crayon on peut créer des mondes. On peut partir dans des époques lointaines, dans des planètes lointaines… Il est très facile et très agréable de pouvoir faire ce genre de choses. Donc c’est s’échapper du réel.  Moi, je fais partie des quelques auteurs, pas très nombreux, qui pensons que la bande dessinée elle a aussi de vraies vertus pour parler du réel, justement, pour parler de la vie quotidienne, pour parler de choses banales. Dans mes livres on ne croise pas vraiment des stars ou des agents secrets, ou des gens comme ça. On croise des gens qui se démerdent dans la vie de tous les jours, qui font comme ils peuvent et dont je raconte l’existence.
                                                                                                                 
RFI : Les Ignorants,  c’est un peu le journal de bord d’une initiation croisée, c’est celle de la vigne et du vin. Vous êtes allé voir un vigneron voisin : Richard Leroy, dans les Pays de la Loire. Il vous a initié au travail de la vigne. Et vous, vous lui avez fait découvrir la bande dessinée.
 
E.D. : Richard Leroy, je le connais depuis longtemps. C’est un vigneron extrêmement radical, très précis. Il a un projet très précis. Son projet n’est pas juste de faire du vin et de le vendre. Son projet c’est vraiment un projet global par rapport à la vigne, par rapport au vin, etc. Et j’aimais beaucoup l’entendre parler de cela et l’entendre parler du monde du vin, du milieu du vin en général. Et souvent je me disais qu’en l’écoutant parler, moi je pouvais placer le mot « vin » dans sa phrase par le mot « bande dessinée », et j’aurais pu aussi parler de la même façon du milieu de la bande dessinée en général. Pour qui on fait des livres, pour qui on fait du vin, pourquoi on fait des livres, pourquoi on fait du vin, comment on les fait, etc. Il y a toutes ces questions-là qui m’intéressaient.
 

Donc, pour faire ça, j’ai proposé, moi, de devenir son ouvrier pendant un an et demi. Et en contrepartie, évidemment – parce qu’il y avait une contrepartie – je lui ai dit : « Toi qui ne connais rien à la bande dessinée, je vais t’en donner, tu vas en rire beaucoup, et les livres qui te plairont… on ira voir leurs auteurs. Et de la même façon, tu vas me faire goûter beaucoup de vin et les vins qui me plairont… on ira voir leurs auteurs », en quelque sorte. Donc voilà. C’est cela la structure du livre. C’est une balade entre le vin et la bande dessinée.
 
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Etienne Davodeau : Les Ignorants, éditions Futuropolis, 272 pages.
La page Facebook des Ignorants.
Le 39e Festival International d’Angoulême, du 26 au 29 janvier.

 

tags: Bande dessinée - France
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