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Article publié le : mercredi 08 février 2012 - Dernière modification le : mercredi 08 février 2012

Polémique à l'Assemblée nationale: Ségolène Royal soutient Letchimy

Ségolène Royal, membre du Parti socialiste français pendant un meeting de campagne pour soutenir François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle de 2012, à Marseille, le 7 février 2012.
Ségolène Royal, membre du Parti socialiste français pendant un meeting de campagne pour soutenir François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle de 2012, à Marseille, le 7 février 2012.
REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Par RFI

Ségolène Royal, en déplacement de soutien à François Hollande, candidat du Parti socialiste à la présidentielle, a estimé que « la parole était libre à l'Assemblée nationale » fustigeant ainsi le retrait des ministres du gouvernement hier de l'Hémicycle et rejetant la demande d'excuses du ministre de l'Intérieur Claude Guéant. Serge Letchimy, député martiniquais, apparenté socialiste, avait dénoncé la déclaration de celui-ci sur les différences de civilisation devant ses pairs :  « Vous nous ramenez aux idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration ».

Avec notre envoyé spécial à Marseille, Florent Guignard

Serge Letchimy, député apparenté socialiste de la région Martinique, profite d’un soutien sans faille, celui de Ségolène Royal. Il y a cinq ans la candidate à la présidentielle lançait son slogan « La France métissée ».

« Il a le droit, Serge Letchimy, descendant des esclaves, il a le droit d’interroger un gouvernement qui cautionne cette thèse absurde du choc des civilisation, annonce Ségolène Royal. Le choc des civilisations, c’est le nationalisme. Et le nationalisme comme disait François Mitterrand, c’est la guerre. Et la guerre, nous n’en voulons pas ! Nous voulons le dialogue des civilisations et nous voulons un Premier ministre qui a le courage de rester à l’Assemblée nationale. Puisqu’il a pris la porte, qu’il y reste. Le changement, c’est le 6 mai ! ».

Mais les socialistes ne sont-ils pas tombés dans le piège tendu par la droite ? Cette nouvelle polémique dans la campagne permet d’occulter un temps le bilan de Nicolas Sarkozy comme en convient à regret le député PS de la Mayenne, Guillaume Garot : « Nous préférerions tous parler du chômage, parler des propositions pour l’emploi, pour l’éducation. Mais il y a quand même des déclarations du ministre de l’Intérieur que nous ne pouvons pas laisser passer ».

Les socialistes sont même aujourd’hui accusés d’avoir à leur tour versé dans l’outrance. Le piège s’est refermé.

tags: France - Politique française - Présidentielle France 2012 - Ségolène Royal
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Commentaires (1)

Le relativisme moral de Sarkozy

« Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que, de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir à extirper une seule valeur humaine. » (Aimé Césaire – Discours sur le colonialisme – 1950)

« La vérité c’est qu’il n’y a pas eu beaucoup de puissances coloniales dans le monde qui aient tant œuvré pour la civilisation et le développement et si peu pour l’exploitation.» (Nicolas Sarkozy – Discours de Caen – 2007)

« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral… » (Aimé Césaire – Discours sur le colonialisme – 1950)

« La mode de la repentance est une mode exécrable… Je n’accepte pas que l’on juge toujours le passé avec les préjugés du présent. » (Nicolas Sarkozy – Discours de Caen – 2007)

« Je veux dire aux Français qu’ils auront à choisir entre ceux qui aiment la France et ceux qui affichent leur détestation de la France (…) les adeptes de la repentance qui veulent ressusciter les haines du passé ».? (Nicolas Sarkozy – Discours de Nice – 2007)

Les positions d’Aimé Césaire et de Nicolas Sarkozy sur le colonialisme sont inconciliables ; mais lequel des deux défend le relativisme ? Ce n’est pas Césaire, qui le condamne expressément, mais Sarkozy qui nie l’universalité des valeurs morales en faisant dépendre celles-ci de ce qu’on aimerait ou non la France.

Pour aimer la France, faudrait-il donc considérer que les tortures infligées aux Algériens par les Le Pen, Bigeard et Massu étaient plus acceptables que celles pratiquées sur les Bosniaques par les sbires de Milosevic ? Et pour aimer l'Amérique, trouver que la prison d'Abou Ghraib valait mieux que les geôles de Kadhafi ?

Le relativisme moral de Nicolas Sarkozy est absolument détestable.

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