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    France

    Robert Doisneau jette un pont entre le ventre de Paris et les Halles du 21e siècle

    media "Triporteur aux Halles", de Robert Doisneau. Atelier Robert Doisneau

    Le 14 avril est le centenaire de la naissance de Robert Doisneau et en 2012 on fête aussi le début de la construction de la Canopée, le toit ondulant du nouveau Forum des Halles. Doisneau fréquentait pendant des décennies le ventre de Paris. L’exposition Doisneau, Paris, les Halles à l’Hôtel de Ville de Paris montre pour la première fois le regard du photographe humaniste sur le cœur parisien en entier : 208 photos en noir et blanc et en couleur, de 1933 jusqu’à sa mort en 1994, qui contribuent intelligemment au débat sur l’esprit des Halles au 21e siècle.

    Sur les cimaises blanches, les petits tirages au format original sont serrés les uns contre les autres et dégagent tout de suite cette chaleur humaine qui a rendu célèbre Robert Doisneau. De 1933 jusqu’à la destruction en 1971, le maître contemple l’architecture des pavillons de fer signés Baltard. Il vit en empathie totale avec les bouchers, aboyeurs, fromagers, cavistes, prostituées, glaneurs et le petit peuple. En 1971, il pleure l’œuvre de Baltard en miettes.

    Quand Paris perd son ventre, Doisneau devient presque fou. « Il l’a très mal vécu, raconte Francine Deroudille, une des deux filles de Doisneau qui ont organisé l’exposition. Il était un personnage assez solitaire. Je dis toujours, c’était un solitaire qui aimait la compagnie. Il était très sociable, il aimait beaucoup être entouré, mais il travaillait d’une façon complètement solitaire. Il n’aimait pas beaucoup les signatures de pétition. Ce n’était pas son truc. Mais pour Les Halles, tout d’un coup, il était tellement en colère. Il était ivre de rage. La destruction des Halles, c’était pour lui l’absurdité totale. Il s’est engagé par ses photos, il travaillait à plein pour avoir des parutions, mais aussi il a signé les pétitions, il était vraiment très très en colère. Il a rejoint le mouvement de la défense des Halles. »

    Cliquer pour regarder le diaporama
    Ecouter le commentaire de Francine Deroudille sur les photos de son père Robert Doisneau 09/02/2012 - par Siegfried Forster Écouter

    La fin du petit peuple parisien

    Le trou des Halles, photographié en 1973, lui donne le tournis. Adieu à ce lieu incroyablement photogénique avec ses éclairages théâtraux et gueules formidables. Adieu aux scènes comme Le gibier du petit matin (15 décembre 1968), où l’on voit un jeune homme rentrant du marché avec une biche entière sur son épaule et un lapin à la main. C’était la fin du petit peuple parisien, la fin de cette « éponge de misère » comme le nomme la fille de Doisneau,  les gens pouvaient louer leurs bras pour se sortir de la misère.

    Lors de l’ouverture en 1969, le nouveau marché à Rungis apparait dans l’objectif de Doisneau comme une boîte stérile où les marchandises sont alignées comme les soldats à l’armée. Pour l’ouverture du nouveau Forum des Halles en 1975, il montre un flot d’individus sur un escalier mécanique qui se transforme en consommation de masse :  tous se dirigent dans la même direction.

    Quel esprit pour les Halles du 21e siècle ?

    Pratiquement tous les tirages exposés sont « vintage », c’est-à-dire réalisés par Doisneau lui-même. Et dès le début, il n’y a aucun doute : ces photos marquent une rupture entre la vie magnifiée sous les Halles de Baltard et la consommation de masse décriée du Forum des Halles. En même temps, ces images permettent de jeter un pont entre l’esprit d’antan et l’esprit espéré pour les Halles du 21e siècle qui sont en train de naître.

    Quel est le message subliminal de ces photos de Doisneau pour les Halles du futur ? « Moi, je crois qu’il n’y a pas de message, explique Francine Deroudille. Il y a simplement le fait qu’il faut prendre le temps de réfléchir avant de faire quelque chose. Le travail de photographe, sur un sujet comme les Halles, que mon père a traité en profondeur et sur une grande durée de temps, cela doit aider à la réflexion. Cela doit aider à savoir dans quel monde on a envie de vivre. Cela ne doit pas donner des regrets, mais c’est formidable de construire le monde de demain. »

     

    L’exposition présente aussi un petit lexique pour comprendre l’univers des Halles

    DIABLE :
    Petit chariot à deux roues basses, servant à transporter des fardeaux. Les loueurs de diables en possédaient une centaine et les louaient à la journée.

    CARREAU :
    Quand ils n’étaient pas vendus à l’intérieur des pavillons, les produits des Halles étaient vendus sur le carreau, dans la rue, parfois à même le sol. L’espace de chaque vendeur était délimité à la craie par les Forts.

    CARRé :
    Lieu où se trouve de produits au prix modique, cultivés dans les champs d’épandage de la région parisienne. Leur qualité moins bonne se repère souvent à leurs couleurs étranges.

    POISSONS-PILOTES :
    Personnes chargées de guider les livreurs et les produits jusqu’au lieu de vente de ceux-ci.

    FORTS :
    Manutentionnaires procédant au déplacement de marchandises de l’extérieur vers l’intérieur des pavillons des Halles. Ces hommes très robustes étaient environ 700.

    GLANEURS :
    Personnes qui « récupèrent » de la nourritures » à la fin des marchés, dans les containers des supermarchés, les poubelles des commerçants ou celles des particuliers.

    _______________________________________
    Doisneau Paris les Halles, exposition du 8 février au 28 avril 2012 à l’Hôtel de Ville de Paris.

    Le site officiel de l’Atelier Robert Doisneau

    Le catalogue Les Halles de Robert Doisneau, avec un texte de Vladimir Vasak, est paru aux éditions Flammarion, 160 pages, 30 euros.

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