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Article publié le : vendredi 10 février 2012 - Dernière modification le : vendredi 10 février 2012

La campagne présidentielle 2007 derrière la deuxième mise en examen d'Eric Woerth

Eric Woerth (dr.), à son arrivée au tribunal de Bordeaux, le 8 février 2012.
Eric Woerth (dr.), à son arrivée au tribunal de Bordeaux, le 8 février 2012.
REUTERS/Caroline Blumberg

Par Franck Alexandre

L'ancien ministre et ancien trésorier de l'UMP, Eric Woerth, a été mis en examen, jeudi à Bordeaux pour recel au terme d'une deuxième journée d'audition par les juges d'instruction en charge des dossiers Bettencourt. Celle-ci intervient après une première mise en examen, le 9 février pour trafic d'influence passif. Ce jeudi, l’ancien ministre du Budget était entendu dans le cadre de l'information suivie pour escroquerie, abus de confiance, blanchiment, abus de faiblesse et recel au préjudice de Liliane Bettencourt. La dénomination exacte de sa mise en examen est « recel à raison d'une présumée remise de numéraire qui lui aurait été faite par Patrice de Maistre », le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt.

A l’issue de cette deuxième journée d’audition qui aura duré neuf heures, Jean-Yves Leborgne, l’avocat d’Eric Woerth, s’est dit serein. Affirmant que cette inculpation ne résisterait pas à l’examen des faits.

Une sérénité affichée qui en vérité cache mal une véritable inquiétude. La première mise en examen d'Eric Woerth pour « trafic d'influence passif », concernait la seule embauche de son épouse par le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, ce qui était en quelque sorte un moindre mal. Là, cette nouvelle mise en examen a un caractère beaucoup plus sensible, beaucoup plus politique. Elle concerne le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Ces nouvelles poursuites, portent sur un versement supposé de 150 000 euros en espèces par le gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre. Selon les dépositions de Claire Thibout, l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt, l'argent aurait bien été destiné à financer la campagne de Nicolas Sarkozy, dont Eric Woerth était le trésorier.

Cette remise d'argent liquide, si elle a existé est une infraction, un délit puisque les dons en liquide sont limités concernant un parti politique à 7600 euros et 4600 euros pour un candidat. Eric Woerth, ex-trésorier de l'UMP, a donc été mis en examen pour recel car les faits de financement illicite de partis politique sont prescrits au bout de trois ans. Mais, ne nous trompons pas, il s'agit bien de la même chose.

Une mise en examen qui met en difficulté Nicolas Sarkozy

Lors de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy avait fait de la « République irréprochable » l'un de ses thèmes de campagne. Aujourd'hui, alors que sa candidature est imminente, il semble vouloir faire campagne sur les valeurs de la France.

Cette inculpation arrive donc à un mauvais moment, car elle vient brouiller le message du chef de l'Etat. Si l'on ajoute à cela que des juges d'instructions enquêtent sur l'affaire Karachi dont le corollaire est un possible financement illicite de la campagne d'Edouard Balladur en 1995 -campagne dont Nicolas Sarkozy était la cheville ouvrière- cela renforce le soupçon. Et en période électorale il n' y a rien de pire que le soupçon.

tags: France - Nicolas Sarkozy - Politique française - Présidentielle France 2012
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