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    Tagore, une œuvre complexe et à redécouvrir

    media Rabindranath Tagore (vers 1930). Hulton Archive/ Getty Images

    Rabindranath Tagore, le célèbre poète indien de langue bengali aurait eu 150 ans l’an dernier. Découverte en Occident à la faveur de l’attribution du prix Nobel de littérature en 1913, cette haute figure des temps modernes est un peu oubliée aujourd’hui.

    On connaît le poète, né le 7 mai 1861, mais Rabindranath Tagore qui a écrit 200 livres en 80 ans d’existence fut aussi philosophe, romancier, homme de théâtre, chanteur, peintre, moraliste, éducateur et, last but not least, globe-trotter. Il a visité plus d’une vingtaine de pays - Angleterre, France, Allemagne, Suisse, Suède, Autriche, Italie, Grèce, Russie, Egypte, Iran, Irak, Etats-Unis, Argentine, Pérou, Chine, Japon, Birmanie, Java, Bali, Thaïlande, etc. -, et cela, ne l’oublions pas, avec les moyens de l’époque !

    Il n’est donc pas étonnant que des célébrations se déroulent à travers le monde pour se souvenir de cette haute figure de notre temps. Célébrations qui vont se poursuivre au-delà de l’année Tagore stricto sensu pour culminer en 2013 avec le centenaire de l’attribution au poète du prix Nobel de littérature. Premier auteur non-Européen distingué par l’Académie suédoise, Tagore était encore un quasi-inconnu lorsqu’il est arrivé à Londres en juin 1912 à la recherche d’un éditeur pour ses poèmes traduits en Anglais par ses propres soins. Comble de malheur, il perd son manuscrit dans le métro, avant de le retrouver au service des objets perdus de la station. C’était sans doute un signe car la suite de l’histoire relève d’un véritable prodige littéraire.

    En l’espace de quelques mois, ses poèmes ont trouvé un lectorat enthousiaste parmi l’intelligentsia anglaise de l’époque. En mars de l’année suivante, ils paraissent aux éditions Macmillan, accompagnés d’une préface par le grand poète irlandais W.B. Yeats. En novembre 1913, Tagore recevait alors le prix Nobel de littérature.

    Pionnier de la « world literature »
     
     « Avant de quitter Calcutta, Tagore ne connaissait qu’une seule personne à Londres, le peintre William Rothenstein. Deux ans plus tard, il était devenu un phénomène global », explique le rédacteur en chef de la revue anglaise Granta. En effet, l’homme fut le véritable pionnier de ce qu’on appelle aujourd’hui la « world literature ». Auréolée du prix Nobel, la poésie de Tagore trouva une vaste audience dans le monde, surtout dans l’Europe de la Première Guerre mondiale où le message spirituel du poète et sa proximité avec la nature firent tout d’un coup sens.

    Dans la préface de Gitanjali, Yeats écrivait : « La pensée sous-jacente à ces poèmes renvoie à un monde que je n’ai approché que dans mes rêves ». Le volume primé sera traduit en de nombreuses langues, notamment en russe par Boris Pasternak et en français par André Gide sous le titre L’Offrande lyrique (NRF, 1917).

    Malheureusement Tagore sera vite oublié en Occident, sa poésie vilipendée par ceux-là même qui l’avaient parrainée au début du siècle dernier. Yeats lui-même s’élèvera contre son lyrisme abscons, aux formulations stéréotypées qui font le bonheur des lecteurs bengalis mais passent mal en anglais. La difficulté de traduire les idées abstraites d’une langue à l’autre n’était sans doute pas étrangère aux frustrations suscitées par Tagore. Plus sérieusement, la vitalité de sa pensée ouverte sur l’ici et maintenant, ne répondait pas toujours aux attentes de l’Occident qui voulait voir dans le poète bengali le représentant de la sagesse mystique orientale, plus proche de la nature que de la civilisation. La réalité était plus complexe.

    Une œuvre complexe et à redécouvrir

    Tagore était le plus pur produit de la colonisation anglaise en Inde. La famille avait fait fortune en jouant le rôle d’intermédiaire entre la Compagnie des Indes orientales et les agents locaux. Le grand-père de Rabindranath est mort à Londres et avait ses entrées à la cour de la Reine Victoria. Dernier-né d’une famille de 14 enfants, Tagore a grandi dans un milieu urbanisé, occidentalisé, apprenant à maîtriser à la fois les codes de l’Inde traditionnelle et ceux d’une société plurimillénaire en cours de modernisation. Sa poésie se situe à la confluence de ces deux mondes, puisant son inspiration autant dans les traditions indo-musulmanes que dans la littérature occidentale que le poète a côtoyée dans les bibliothèques de ses frères aînés (magistrats, hauts-fonctionnaires, artistes). Sa fiction est datée, mais pose des questions sur la place de la femme dans la société, sur l’obligation de dépasser les nationalismes et les communautarismes étriqués. Ce sont des questions qui sont d’une actualité brûlante. Pas seulement en Inde, mais aussi en Occident.

    La redécouverte de Tagore s’impose donc. Mais comme en témoigne la très belle exposition des peintures de Tagore qui s’est ouverte à Paris, la littérature n’est pas la seule porte d’entrée dans l’œuvre éclectique et plurielle de ce grand humaniste de l’Orient. Les 98 peintures et dessins réunis par les organisateurs de cette exposition pas comme les autres sont somptueux de gravité et d’harmoniques entre lignes et couleurs, mouvements et forces d’inertie, intérieur et extérieur. Elles révèlent la quête profonde d’un homme pour un monde harmonieux et fraternel.
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    La dernière moisson. Peintures de Rabindranath Tagore. Du 27 janvier au 11 mars 2012, au Petit Palais à Paris. 

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