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Article publié le : jeudi 16 février 2012 - Dernière modification le : vendredi 17 février 2012

Vers une contraception gratuite et anonyme pour les mineures en France?

En France, l'adolescente peut se faire prescrire une contraception gratuitement et de façon confidentielle dans tous les centres de planification (Cpef). (Image issue du film "17 filles" de Muriel et Delphine Coulin, 2011)
En France, l'adolescente peut se faire prescrire une contraception gratuitement et de façon confidentielle dans tous les centres de planification (Cpef). (Image issue du film "17 filles" de Muriel et Delphine Coulin, 2011)
Archipel 35

Par RFI

En France, en 2010, on comptabilisait 18 000 mineures enceintes et plus de deux tiers d’entre elles ont eu recours à l’interruption volontaire de grossesse. Dans un rapport remis à Jeannette Bougrab, la secrétaire d'Etat à la Jeunesse, une série de mesures est envisagée pour réduire le nombre de grossesses non prévues chez les jeunes filles. Pour cela, une contraception gratuite et confidentielle est préconisée.

Le rapport remis ce 16 février 2012 à Jeannette Bougrab, secrétaire d'Etat à la Jeunesse souligne un paradoxe spécifique à la France : l’avortement est anonyme et gratuit pour les jeunes filles mineures, la contraception d’urgence via la pilule du lendemain l’est aussi; en revanche, la contraception régulière ne l'est pas, excepté dans les centres de planification familiale. « Or, 4 femmes sur 5 habitent à plus de 100 kilomètres d’un de ces centres », indique le professeur Israël Nisand, qui a dirigé le rapport. La situation est particulièrement critique dans certaines zones rurales ou dans des cités de banlieues.

Les auteurs du rapport recommandent donc d’assurer un accès gratuit et confidentiel à tous les moyens de contraception pour les jeunes filles. L’idée est de former et de mettre en réseau les médecins, infirmiers scolaires, pharmaciens intéressés. Il ne s’agit pas seulement d’assurer une prescription médicale, mais aussi d’informer et d’écouter les adolescentes.

Pr Israël Nisand, chef du service de gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg

Je demande que la contraception soit confidentielle, comme pour les adultes, et qu'elle soit gratuite. Et je demande aux médecins de bien recevoir les jeunes.

 

16/02/2012 par Claire Hédon

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La question du coût n’est pas éludée. Selon le professeur Israël Nisand, certains laboratoires seraient prêts à fournir leurs contraceptifs à prix coûtant à l’Etat. Une façon pour eux de fidéliser de futures clientes. L’Etat devra tout de même mettre la main à la poche et, avant tout, valider un tel dispositif. Si Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat à la Jeunesse, s’y est dite favorable, Nora Berra, sa consoeur en charge de la Santé, avait fait part en 2011 de son opposition à de telles mesures.

 

Jeannette Bougrab, secrétaire d'Etat à la Jeunesse

A 14 ans, on doit passer son brevet des collèges, rêver de faire des études et devenir autonome. Etre enceinte à 14 ans, c'est un marqueur social.

 

16/02/2012 par Valérie Cohen

 

Nathalie Bajos, sociologue et démographe à l'INSERM, invité de RFI, tempère le contenu du rapport

Nathalie Bajos soutient la proposition faite par le professeur Israël Nisand d’une contraception gratuite et confidentielle pour les mineurs sans y voir une mesure susceptible de faire baisser automatiquement les avortements. Pour Nathalie Bajos, face à une grossesse non prévue, les femmes ont plus souvent recours à l’avortement à des âges jeunes.

Et cela ne traduit pas forcément qu’une politique de contraception n’est pas efficace. Les jeunes utilisent très fortement la contraception. Même s’il existe des progrès à faire. « Faire baisser les taux d’IVG n’est pas une perspective de santé publique, mais un point de vue moral, légitime comme d’autres points de vue. L’avortement en France comme dans tous les pays où l’accès est légalisé et pratiqué dans de bonnes conditions sanitaires ne pose pas de problèmes de santé ou de morbidité pour les jeunes femmes et les femmes plus âgées qui y ont recours », explique la sociologue.

Cette dernière regrette également les discours moralisateurs et estime qu’une éducation à la sexualité des mineurs est nécessaire, à condition qu’elle ne soit ni normative, ni moralisatrice et qu’elle aborde le plaisir, le respect, le droit de dire non. Une éducation basée uniquement sur les risques, selon elle, ne peut être efficace.

Pour en savoir plus :

Voir le site du ministère de la Santé

tags: Droits des femmes - France - Questions sociales - Santé et Médecine
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Commentaires (2)

contraception des jeunes.

Bonjour,
Je ne suis pas d'accort sur le principe de ce contraception gratuite car cela va inciter les jeunes a ne plus se protégés se qui veut dire que comme d'habitude les sociologues , psychologue et compagnie ne sont pas fiable dans leurs discourts et dans leurs conseilles.
Merci.

a 14 ans???

scandal :-O alors si elles sont libre de faire ca pourquoi ne pas les laisser se marier,OMG elles sont encouragees hein ?chercher une autre solution celle ci n'est pas la bonne.POURQUOI PAS L'ABSTENIR???

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