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Article publié le : mercredi 22 février 2012 - Dernière modification le : mercredi 22 février 2012

France: le mécontentement des irradiés de la République

«Danger» : ce panneau dans le désert algérien -dans la région de Tamanrasset- signale le danger de cette zone toujours irradiée depuis les essais nucléaires français au début des années 60.
«Danger» : ce panneau dans le désert algérien -dans la région de Tamanrasset- signale le danger de cette zone toujours irradiée depuis les essais nucléaires français au début des années 60.
AFP/Fayez Nureldine

Par RFI

Les associations des victimes des essais nucléaires tirent la sonnette d'alarme : les procédures d'indemnisation des victimes ne sont pas assez rapides. Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens combattants, a présidé ce mardi 21 février 2012, la deuxième réunion de la Commission consultative de suivi des conséquences des essais nucléaires. Il s'agissait de présenter aux associations un nouveau projet de décret d'application de la loi du 5 janvier 2010 afin d'améliorer les conditions de reconnaissance et d'indemnisation. Cette loi prévoyait un dédommagement pour les vétérans et les populations exposés aux radiations. Mais selon les associations, la méthodologie employée pour décider ou non du versement des indemnités conduit à écarter la plupart des dossiers.

En 2010, la loi Morin, du nom du ministre de la Défense d’alors, avait suscité beaucoup d'espoir parmi les vétérans et les populations exposés aux radiations.

Mais les dossiers s'empilent et très peu de victimes des essais nucléaires vont toucher des indemnités comme l'explique Bruno Barrillot, délégué au suivi des essais nucléaires en Polynésie : «Il y a une machine à rejeter les dossiers qui a été mise en place par le comité d’indemnisation : sur 670 dossiers, quatre indemnisations ont été accordées. Leurs montants sont de 20 000 euros, 16 000 euros, 60 000 euros et 24 000 euros».

Si l'armée ne veut pas payer, elle doit apporter la preuve que la maladie développée par tel ou tel militaire n'est pas liée aux essais. C’était la principale avancée de la loi de 2010. Le problème est que, bien souvent, les vétérans n'ont gardé aucune trace de leur exposition aux radiations et n'ont bénéficié d'aucun suivi radio-biologique. Pour l'avocate Cécile Labrunie, l'argument du ministère de la Défense est alors tout trouvé : «Monsieur n’a pas bénéficié de surveillance radiologique parce qu’il n’était pas à un poste exposé. Le ministère de la Défense considère que ce motif est une preuve suffisante pour refuser».

Des recours ont été déposés sur les rejets de l'indemnisation de deux vétérans. Le jugement est attendu dans une quinzaine de jours.

tags: Défense - Nucléaire
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