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    Bayrou : le rendez-vous manqué ?

    media François Bayrou, le président du MoDem lors d'une conférence de presse à Paris, le 12 avril 2012. REUTERS/Jacky Naegelen

    François Bayrou s’est engagé dans sa troisième campagne pour l’élection présidentielle avec la conviction que cette fois-ci pourrait être la bonne, que de troisième homme en 2007, il pouvait devenir le premier en 2012, qu’il pouvait être celui qui renverrait la « bipolarisation » au rang des souvenirs et formerait une vraie « majorité centrale ». Un espoir qui reposait sur une analyse précise de la situation économique de la France et une ambition politique intacte. Un espoir en passe d’être déçu, sauf surprise.

    « Une campagne, c’est refuser ce qu’on nous présente comme fatal », ces mots prononcés par François Bayrou en marge d’un déplacement à Besançon, le 27 mars dernier, résument exactement l’état d’esprit du candidat centriste, déterminé mais conscient de la difficulté à relever le défi de se qualifier pour le second tour de la présidentielle.

    Et pourtant, la campagne avait bien commencé pour François Bayrou. Le Béarnais s’est présenté d’entrée de jeu comme le seul recours possible dans un pays en proie à une crise qu’il avait prévue. Cinq ans après sa campagne de 2007, durant laquelle il avait mis en garde contre le surendettement, François Bayrou a fait valoir rétrospectivement sa crédibilité. « Gouverner, c’est prévoir », a-t-il ainsi répété à chaque occasion. Sous-entendu, le seul qui avait prévu dans la classe politique, c’est moi.

    Un bon début de campagne

    A première vue, il est vrai que le contexte semblait favorable à François Bayrou. La crise grecque, les difficultés du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, les menaces sur l’euro, la perte du triple A, tous les éléments étaient là pour inciter les Français à écouter le discours de ce candidat qui revendique de dire la « vérité », même si elle est difficile à entendre. D’ailleurs les sondages ont vite montré, au début de l’année 2012, que François Bayrou était dans le jeu. Il a passé la barre des 10% d’intentions de vote puis a grimpé, petit à petit, jusqu’à friser les 15%. Tous les espoirs étaient permis. D’autant que François Bayrou a réussi à placer dans le débat sa solution pour redresser le pays : « produire et consommer français ».

    « Produire, instruire, construire », ces trois mots ont marqué les premières semaines de la campagne de François Bayrou, durant lesquelles il a décliné ses propositions.

    François Bayrou a choisi une option : s’engager dans une campagne de fond, ce qu’il a appelé « creuser un sillon ». Peu de petites phrases assassines mais une dénonciation de l’incapacité de ses adversaires à prendre la mesure des grands enjeux, censée montrer aux Français à quelle hauteur se plaçait le débat dans une élection jugée « vitale » pour le pays. François Bayrou a pris le parti de renvoyer dos à dos le président sortant et le candidat socialiste, Nicolas Sarkozy et François Hollande, jugés « coresponsables » de la situation dégradée de la France, puisqu’étant les représentants des deux grands partis alternativement au pouvoir durant les dernières décennies.

    Pas de ralliements

    Comme en 2007, François Bayrou a voulu dénoncer la « bipolarisation » de la vie politique et a appelé à la formation d’un gouvernement « d’union nationale » pour lutter contre la crise. Il a pris la posture du rassembleur et a proposé de former une « majorité centrale » afin d’éviter le basculement vers les extrêmes. Il a même lancé un appel à tous les « humanistes » pour qu’ils le rejoignent.

    L’entrée en campagne d’un Nicolas Sarkozy, décidé à aller chercher des voix sur son flan droit, là où Marine Le Pen marquait des points, aurait en effet pu offrir à François Bayrou la possibilité d’engranger de nouveaux soutiens dans les rangs des centristes de l’UMP. Mais à l’exception de Philippe Douste-Blazy, aucune figure emblématique ne l’a rejoint. En devenant candidat officiellement, le président sortant a même réussi à étouffer la campagne en général, celle de François Bayrou en particulier. Le duel Sarkozy-Hollande est devenu dominant. Le centriste a commencé à sortir du jeu.

    « Tout est possible dans une campagne », expliquait début avril Marielle de Sarnez, la directrice de campagne de François Bayrou et sa plus proche collaboratrice depuis des années, pour conjurer le sort quand les sondages montraient une progression de… Jean-Luc Mélenchon. Le candidat du Front de gauche est depuis passé devant François Bayrou dans les intentions de vote. Sa progression a eu pour conséquence d’infliger au centriste une « double peine », selon un membre de son équipe.

    Certains électeurs potentiels ont basculé vers le candidat du Front de gauche, lui aussi identifié comme candidat anti-système. D’autres, tentés par François Bayrou, craignant les conséquences d’un score élevé de Jean-Luc Mélenchon dans le rapport de force au sein de la gauche, ont décidé de jouer la sécurité et de voter François Hollande dès le premier tour. Autant d’intentions de vote perdues. « Tout est possible », mais jusqu’à quand ? François Bayrou aime à répondre jusqu’au dernier moment. En déplacement à La Réunion, durant le week-end de Pâques, il l’a redit : les surprises sont toujours possibles. Et de rappeler qu’en 2002, quand Jean-Marie Le Pen s’est qualifié pour le second tour contre toute attente, « l’élection s’est jouée dans les 48 dernières heures ».

    Le pari de la « cohérence »

    Convaincu d’avoir raison, François Bayrou continue donc d'insister sur la nécessité impérative de réduire les déficits et de plaider pour la mise en œuvre de mesures rigoureuses afin d’économiser cent milliards d’euros. Il dénonce les promesses intenables de François Hollande qui ne peuvent, selon lui, que mener le pays au chaos si elles sont appliquées. Il reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir « affaibli » la France en la divisant. Il range Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon dans la case des « extrêmes » dangereux pour le pays et revendique d’offrir face à eux le seul « vote utile ».

    Au nom de la « cohérence », François Bayrou ne change pas de discours, ni tout à fait de méthode malgré une campagne qui marque le pas. Il hausse le ton, met plus de cœur dans sa dénonciation. Mais il ne se met pas vraiment « en colère », comme lui suggère pourtant son entourage. Il continue d'affirmer que les principaux candidats font « diversion ». Et il croît toujours, qu’à un moment ou un autre, les Français vont entendre son message.

    Lors de son grand meeting au Zénith de Paris le 25 mars dernier, François Bayrou a parlé « d’espoir » aux Français. Mais peut-être n’a-t-il pas su à temps les convaincre qu’un avenir meilleur passait par des sacrifices ? Peut-être n’a-t-il pas su vraiment leur prouver qu’il était l’homme de la situation et transformer sa popularité personnelle, toujours réaffirmée par les enquêtes, en intentions de vote ? A-t-il encore -lui- l’espoir de gagner, ou a-t-il déjà accepté de perdre ? En tout cas, François Bayrou affiche une sérénité qui laisse croire qu’il ne regrette pas cette campagne, quelle qu’en soit l’issue. Peut-être pense-t-il déjà à l’après 22 avril. Mais en attendant, il poursuit son combat contre la « fatalité » d’une élection présentée comme déjà jouée.

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