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    France

    Christine François : «Cet enfant devait être tué par sa communauté»

    media "Le secret de l’enfant fourmi", un film de Christine François. Bac Films

    Une femme adopte un enfant en Afrique, dans le Nord Bénin, mais Lancelot n’est pas n’importe quel enfant. Un mystère plane sur sa naissance. Un danger le guette, c’est Le secret de l’enfant fourmi, le premier film de fiction de Christine François, où s’entrechoquent une histoire individuelle et une société empêtrée dans ses superstitions. Entretien.

    RFI : Christine François, votre film est dédié au père Pierre Bio Sanou. Vous pouvez nous rappeler qui il est ?

    Christine François : S’il n’existait pas, s’il n’était pas en train de lutter depuis cinquante ans au Nord Bénin sur quelque chose qui est grave, difficile à penser et difficile à se représenter, qui est en fait la pratique des infanticides rituels, je pense que le film n’existerait pas. Ce film est quand même né de la rencontre entre cet homme et moi. J’étais en train d’enquêter sur ce sujet là au Bénin et je l’ai rencontré. Il est le premier homme Bariba à avoir lutté, à visage découvert, et en parlant clairement et fortement, sur la question des infanticides rituels.
     
    RFI : Donc c’est un film humain sur un sujet douloureux ?
     
    C.F. : C’est un sujet grave. C’est une pratique actuelle, vivace, répandue, quotidienne et elle concerne toutes les familles de l’ethnie Bariba. Les Bariba sont un grand peuple du Nord Bénin. Cela les concerne tous. A un moment de leur vie, ils sont tous confrontés à cela. Dans toutes les familles, il y a un enfant « réparé», c’est le mot qui est employé : « Réparé » c’est-à-dire tué, pour des raisons qui touchent à des désignations sorcières.
     
    RFI : Comment vous vous êtes retrouvée en Afrique ?
     
    C.F. : Je voulais faire un film sur l’adoption internationale d’un enfant africain, pour parler de cette rencontre : qu’est-ce que c’est que d’adopter un enfant d’une culture très différente de la sienne et voir d’une culture avec laquelle nos pays ont une histoire commune. C’était pour à la fois parler d’une histoire intime et de quelque chose qui est plus englobé dans une grande histoire car l’adoption internationale, ça prend aussi sa place dans la grande histoire, entre les rapports entre les peuples. Et en fait, je cherchais des histoires d’adoption internationale. Et un ami d’ami m’a parlé d’une femme française qui avait adopté un enfant qui venait du Nord Bénin et il se trouve que cet enfant avait une histoire très proche de celle qui est maintenant dans la fiction. Et je suis partie au Bénin enquêter sur son histoire et c’est là que j’ai découvert que cet enfant devait normalement être tué par sa communauté pour la raison que ses dents avaient poussé par le haut de la mauvaise manière. J’ai rencontré cette femme française qui, depuis est devenue une amie, et qui a accompagné toute l’élaboration du film. Cela a commencé comme ça.
     
    RFI : C’est une fiction mais c’est une histoire vraie ?
     
    C.F. : Ce sont des histoires vraies dont j’ai fait une fiction. Le personnage qui est fictif, c’est Cécile. Cécile pour moi, c’est ma marionnette pour pouvoir aller explorer cela. Dans la fiction, je refais le chemin que j’ai fait dans les enquêtes documentaires. Et le fait d’avoir fait beaucoup de documentaires me met quand même dans une position où j’ai essayé dans cette fiction de faire rentrer le réel dans le film. Ma position morale, c’était je ne vais pas moi aller imaginer des choses sur ces histoires, je vais enquêter, placer ma caméra, répéter avant le film et la réalité africaine rentrera dans le film.
     
    RFI : Donc Cécile, c’est Audrey Dana, la comédienne. Elle est le personnage principal du film. Elle débarque en Afrique pour retrouver son amoureux parce qu’il l’a quittée et finalement, il lui manque. Elle vient le retrouver, affaire banale, sauf qu’elle va se retrouver dans une situation impossible : une femme, un petit matin, alors qu’elle est égarée dans la savane va lui donner un enfant. C’est une situation incroyable que vous avez imaginée. Est-ce aussi une situation vraie ?
     
    C.F. : Non, c’est là que la fiction intervient. Pierre Bio Sanou m’a quand même raconté plein d’autres histoires, pendant 8 ans, car il a été mon collaborateur, il lisait toutes les étapes du scénario, chaque fois que j’allais en voyage au Bénin, il lisait et me racontait des choses. C’est un collecteur d’histoires cet homme-là. Il a sauvé directement plus de 200 enfants, quand je dis directement, ça veut dire courir dans la brousse, arriver avant que le bourreau (puisqu’il y a des bourreaux qui officient dans les villages) n’ait fait son affaire, prendre le bébé, couper le cordon et l’emmener. Cet homme-là a fait cela toute sa vie. Et il m’a à chaque fois raconté l’histoire de ces adoptions. Dans les histoires qu’il m’a racontées, il y a une femme allemande qui a adopté un enfant d’une façon très proche quand même. C’est-à-dire en quinze jours. La décision d’adoption s’est faite en quinze jours. Elle était là, il y a eu un enfant jeté et elle l’a adopté.

     

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