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    France

    Quelle politique culturelle mènera le président François Hollande ?

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    Le mot culture n’a pas été prononcé lors du débat télévisé entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Et parmi les artistes et intellectuels règne visiblement plus un désir de changement que l’exigence d’une ambitieuse politique culturelle. Avec François Hollande, l’exception culturelle de la France devient-elle « normale » ? Le nouveau président bénéficie de la grande déception que son prédécesseur a laissée au sein de l’univers culturel, après un quinquennat perçu par beaucoup comme teinté de mépris envers la culture.

    Aujourd’hui, personne n’attend de la part de Hollande une révolution culturelle. Même s’il a annoncé sa volonté de placer « la culture au cœur de l’engagement présidentiel », les questions culturelles ont été pratiquement absentes de la campagne présidentielle. On est loin du printemps culturel qui accompagnait la victoire de la gauche en 1981, avec des grands travaux et un foisonnement de créations artistiques.

    En 2012, François Hollande a réussi à convaincre le monde de la Culture sans prononcer de propositions spectaculaires. Pour lui, la culture est « une façon de vivre ensemble » et il est conscient que « le rayonnement économique, nos réussites commerciales dans de nombreux domaines sont également portés par de grandes initiatives culturelles ».
     
    Les deux propositions dans le domaine de la culture figurent aux places 44 et 45 de Mes 60 engagements pour la France de François Hollande. Il y promet d’instaurer un plan national d’éducation artistique qui doit devenir « un élément essentiel dans le socle des connaissances ». Cette « reconquête de l’école de la République par la culture » préconise plus d’artistes résidents, d'enseignants formés, d'horaires aménagés, de médiateurs culturels.
     
    L’acte 2 de l’exception culturelle française
     
    Hadopi, la loi controversée contre le téléchargement illégal, sera remplacée par « l’acte 2 de l’exception culturelle française », un texte plus conciliant qui rémunère les auteurs à la mesure du nombre d’accès à leurs œuvres et développe des plates-formes légales pour le téléchargement. L’élaboration d’une charte européenne des langues régionales ou minoritaires figure également sur la liste de ses promesses électorales. « La facilitation de la venue des artistes étrangers en France » est un pied-de-nez artistique aux propos (« Il y a trop d’étranger en France ») de Nicolas Sarkozy. Enfin, François Hollande a aussi promis de conserver le (très coûteux) statut des intermittents du spectacle.
     
    Contrairement à Martine Aubry qui promettait lors des primaires socialistes une hausse de 50 pour cent du budget culturel, François Hollande ne s’est pas laissé entraîner dans la surenchère. Il s’est contenté de sanctuariser le budget et de faire une pause dans la construction de nouveaux équipements culturels. 
     
    L’image anti-culturelle du président sortant
     
    Le projet de François Hollande en matière de politique culturelle se résume à une ambition de réussir là où Nicolas Sarkozy avait échoué. L’image anti-culturelle du président sortant transformait automatiquement le challenger en défenseur de la culture. Après cinq ans de mandat, Nicolas Sarkozy n'avait plus beaucoup de soutien dans le monde culturel : après sa période « bling-bling » et Disneyland Paris, après avoir ignoré sa ministre de la Culture, méprisé la culture générale, provoqué le fiasco culturel de l’Année du Mexique en France, après l’acharnement contre le groupe de rap La Rumeur, Nicolas Sarkozy voulait se racheter une conduite en affichant ostentatoirement ses goûts personnels dans le domaine de la Culture. Malgré la crise, il avait sanctuarisé le budget du ministère, mais rien n'y a fait. Avant le deuxième tour, une pétition de 360 artistes et intellectuels a appelé à voter Hollande, dont le Prix Goncourt Alexis Jenni, le comédien Denis Podalydès, le plasticien Christian Boltanski ou le cinéaste Christophe Honoré. L’engagement d’historiens renommés comme Benjamin Stora ou Marc Ferro signe en même temps l’échec d’un des seuls grands projets culturels de Sarkozy, la Maison de l’histoire de France, critiquée pour être trop idéologique et considérée comme un outil d'instrumentalisation de l’histoire.
     
    Les territoires oubliés
     
    A la « décentralisation pyramidale » qui cachait mal la recentralisation conduite sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avec le Louvre de Lens ou le Centre Pompidou à Metz, François Hollande répond aujourd’hui en faveur d’une nouvelle étape de la décentralisation culturelle pour aménager « des territoires oubliés ». Avec les 2,7 milliards d’euros apportés par le ministère de la Culture et les 7 milliards financés par les collectivités locales, François Hollande veut arriver à un « maillage culturel mieux coordonné et plus efficace » sur le territoire français.
     
    Quand Nicolas Sarkozy avait vainement essayé d’imposer un Conseil de la création artistique pour court-circuiter, avec des recettes du privé, le ministère de la Culture, François Hollande met l’accent sur « une loi d’orientation sur le spectacle vivant ». Frédéric Mitterrand avait décliné le sarkozysme culturel sous le slogan « la culture pour chacun » qui se chiffrait en nombre d’entrées aux musées, François Hollande revient visiblement à « la culture pour tous », sous forme d’exigence artistique et démocratique, célébrée par André Malraux et Jack Lang.
     
    La dernière image qui reste de la politique culturelle de Nicolas Sarkozy ? La photo prise de lui lors de l’inauguration du nouvel Palais de Tokyo, le 11 avril, à Paris. Le titre prémonitoire de l’œuvre monumentale dans laquelle le président sortant avait pris la pose : Death of a King (Mort d’un roi). Maintenant, c’est au président François Hollande de bien choisir sa place au sein de la culture.
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