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    «Au-delà des collines», Cristian Mungiu fait prier pour le Bien qui fait du mal

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    Avec Cristian Mungiu, la question de la religion entre en compétition à Cannes. La Palme d’or de 2007 (4 Mois, 3 semaines, 2 jours), présente cette année une déchirante histoire de deux amies dans un austère couvent de l’église orthodoxe en Roumanie. Au-delà des collines parle de l’amour, de Dieu, et du Bien qui fait du mal.

    « Je ne veux plus jamais être seule ». Alina, 24 ans, sait très bien pourquoi elle est revenue en Roumanie, après une mauvaise expérience en Allemagne. Et la seule personne avec qui elle partage un amour réciproque est Voichita. Elles ont grandi ensemble dans un orphelinat mais, entretemps, son amie s’est dévouée à la cause religieuse. Cela exige qu’elle réserve son amour exclusivement à Dieu.

    Leurs retrouvailles à la gare sont émouvantes, Alina et Voichita s’embrassent et pleurent. Ensemble, elles gravissent ensuite la colline qui mène au couvent orthodoxe, situé dans un endroit reculé et rude de la Moldavie roumaine. Malgré la vie très austère, Voichita se sent comme à la maison dans ce couvent. Elle y prie et y travaille avec les autres nonnes et le pope, qu’elle appelle « papa ».

    Le Bien et le Mal

    « Il n’y a pas d’amis ici » confie Voichita, ce qui n’empêche pas d’envoyer son amie tout de suite à confesse « pour nettoyer l’âme ». Dieu est grand et partout, comme les règles qui règissent sévèrement le Couvent de la colline. C’est le prêtre barbu sur lequel plane un soupçon d’abus sexuel qui définit le Bien et le Mal. Alina, perturbée par la bigoterie ambiante, se rend très vite compte que, ici, ses désirs et convictions sont considérés comme des pêchés. Elle rêve d’une nouvelle vie avec Voichita, refuse de se soumettre à l’ordre établi et conteste l’autorité divine du pope : « Dieu est à tous, pas seulement à vous ». Voichita ne peut rien faire pour elle. Tous les autres s’accordent sur le seul remède possible : la lecture des prières de Saint-Basile pour faire sortir le malin chez Alina.

    Des tableaux divins

    Cristian Mungiu a construit son film comme une intense méditation sur le Bien et le Mal. Chaque minute des 2h30 est nécessaire pour aboutir à cette procession cinématographique. Mungiu ne juge pas, laisse la place et le temps pour des réflexions. Avec des longs plans incroyables, il montre la force créée et les dégâts provoqués par la croyance et l’amour. La poésie est également au rendez-vous, quand Voichita chante pour Alina, une berceuse qui rompt avec le silence imposé. Sans oublier la symphonie spirituelle composée de prières et de bruits de la cuisine. Quant aux mouvements des religieuses, habillées de noir, ils les font ressembler à des tableaux divins dans un paysage enneigé et sauvage. Une mise en scène imposante comme un rosaire.
     
    Pour Alina, les choses tournent de plus en plus mal. Quand elle commence à sonner hystériquement les cloches de l’église, à désacraliser le sanctuaire et agresser les sœurs, elle est considérée comme possédée. L’hôpital ne peut pas guérir son mal-être, son amie non plus, alors c’est encore une fois l’Église - et seulement l’Église - qui reste pour s’en occuper. D’autant plus qu’Alina renonce à tout pour revenir au couvent et rester auprès de sa bien-aimée. Ce n’est pas la seule ambigüité et contradiction du film. Et la question de l’indifférence et de la responsabilité reste grande ouverte.

    « Faire entrer le Bien dans ton cœur »

    Quand le prêtre lui inflige 1 000 prosternements pour « faire entrer le Bien dans ton cœur », elle s’applique avec sincèrité. Alina  renonce aux désirs et avoirs personnels (« l’argent est l’œil du Diable »). Mais la liste des pêchés à éviter est trop longue : pas moins que 464 différents pêchés sont référencés par l’Église orthodoxe. C’est justement parce que tout le monde veut son bien, que l’exorcisme commence…
     
    Mungiu montre les facettes lumineuses et sombres de l’âme humaine. On découvre un film d’une très grande spiritualité qui ne se limite pas à Dieu. Il s’appelle à juste titre Au-delà des collines.

     

    Chronologie et chiffres clés
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