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    France

    Une Palme d’or pleine d’«Amour» pour le trio Haneke, Riva et Trintignant

    media Emmanuelle Riva, Michael Haneke et Jean-Louis Trintignant avec leur Palme d'or du 65e Festival de Cannes. AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

    Et la Palme d’or va à nouveau à… Michael Haneke pour Amour. Dans un palmarès peu porté sur la politique et qui brille par l’absence de Holy Motors de Leos Carax et de De Rouille et d’os de Jacques Audiard, le réalisateur autrichien a partagé son prix avec les acteurs français Jean-Louis-Trintignant et Emmanuelle Riva qui ont formidablement porté son film. Le jury sous la présidence de Nanni Moretti a décerné les prix d’interprétations à l’acteur danois Mads Mikkelsen (La Chasse) et aux actrices roumaines Cosmina Stratan et Cristina Flutur (Au-delà des collines).

    Et Cannes créa la surprise. Sur la scène, un Michael Haneke très longuement applaudi, regard vers le ciel, visiblement ému qui déclare : « Merci à ma femme qui me supporte depuis 30 ans. Ce film est un peu l’illustration de la promesse qu’on s’est donnée ». L’œuvre parle de la vie d’un couple octogénaire et plein d’amour, après un accident vasculaire cérébral. Le coup de grâce après la descente en enfer, certains le nomment meurtre ou euthanasie, Haneke lui donne le titre Amour.

    La surprise, ce n’était pas la Palme d’or du meilleur film pour Michael Haneke, mais qu’il n’est pas monté seul sur scène. Cette année, la Palme d’or du meilleur film a été attribuée à un réalisateur et deux comédiens. Amour a été distingué « pour la contribution fondamentale de ses deux acteurs », selon Nanni Moretti, un président de jury détendu et rayonnant. Pourquoi récompenser un trio d’acteurs-réalisateur pour la Palme d’or du meilleur film ? Pour ceux qui ont vu le film, la raison est simple : Amour, ce sont surtout deux comédiens : la Française Emmanuelle Riva (« c’est un partage de vie ») incarne une femme octogénaire touchante, cultivée, belle à mourir, digne et désespérante. Le Français Jean-Louis Trintignant (« il faut donner l’exemple ») excelle dans le rôle du mari avec un jeu d’acteur qui s’apparente à de l’orfèvrerie psychologique. Après Le Ruban blanc de 2009, Haneke rejoint ainsi le cercle très fermé des réalisateurs deux fois palmés.

    La Palme d’or d’interprétation masculine est ainsi presque passée au deuxième plan. A tort : L’acteur danois Mads Mikkelsen se dépasse et nous dépasse dans Jagten (La Chasse), le polar de Thomas Vinterberg. Lors de la cérémonie, Mikkelsen s’est montré plein d’humour : « Je suis très touché ». Dans le film, il incarne avec une désinvolture incroyable Lucas, quadragénaire innocent, incapable de se défendre, accusé de pédophilie par la fille de son meilleur ami. Une rumeur qui déclenche une chasse à l’homme et une chasse en groupe.
     

    Parmi les plus grandes surprises de la soirée se trouve la Palme d’or d’interprétation féminine, attribuée ex-æquo à Cosmina Stratan et Cristina Flutur. Les deux actrices du très émouvant drame Au-delà des collines du Roumain Cristian Mungiu sont montées avec des cheveux longs et des visages d’ange sur scène. Dans le film, elles nous font vivre une violente méditation sur le Bien qui fait mal et qui mène à l’exorcisme. A Cannes, elles ont remercié le jury avec un « Que Dieu vous bénisse ». Le film a visiblement impressionné le jury qui lui a également décerné le Prix du scénario. « Cela fait plaisir de se retrouver ici », a réagi Cristian Mungiu, Palme d’or 2007. Le réalisateur roumain d’Au-delà des collines a rappelé que c’est un fait divers réel qui a été à l’origine de son projet : « Derrière cette histoire, il y a des gens qui ont réellement souffert ».

    Le Grand Prix pourReality du réalisateur italien Matteo Garrone est surtout mérité pour la première séquence du film, un magnifique travelling vu d’oiseau sur Naples. La ville semble encore endormie, quand tout d’un coup apparaît une calèche en or, tirée par de magnifiques chevaux blancs. Reality s’attaque aux émissions de téléréalité et notre insatiable désir de devenir riche et célèbre.
     

    Un impressionnant mélange entre sifflets et applaudissements a accueilli Carlos Reygadas pour son Prix de la mise en scène. Avec Post tenebras lux, le réalisateur mexicain a donné au festival l’œuvre la plus expérimentale, la plus difficile à regarder, mais peut-être celle qui a laissé le plus d’images dans la tête après la projection. Conscient du travail demandé aux spectateurs, Reygadas a déclaré : « Merci au festival qui a cru à ce film ! Un film plein de liberté avec des hommes et de femmes libres ». Le jury a félicité « un film courageux, tendre, plein d’amour. Un film qui fait face à la vie ».

    Ken Loach a accueilli son troisième (!) Prix du Jury pour La Part des Anges très simplement : « Well, merci, c’est très gentil ! » avant de déclarer sa solidarité avec les gens frappés par la crise : « Cannes montre que le cinéma n’est pas seulement un divertissement. Je souhaite que nous exprimions notre solidarité à ceux qui résistent aux programmes d’austérité ».La première comédie ciel bleu de Ken Loach est située dans un quartier pauvre de Glasgow et raconte l’histoire d’un vaurien violent qui se redresse grâce à son bébé et sa passion pour le whisky.
     
    La Caméra d’or a été décernée à un film américain, présenté dans la section Un certain regard : Beasts of the Southern Wild (Les Bêtes du sud sauvage), de Benh Zeitlin. Un petit enfant à la recherche de sa mère disparue.

    La Palme d’Or du court métrage  a déclenché une immense joie chez L. Rezan Yesilbas, réalisateur turc, né en 1977. Le court métrage de 14 minutes est le deuxième film de sa Trilogie Féminine et raconte l’histoire d’une femme qui, en 1984 à Diyarbakir, veut rendre visite à son mari en prison.
     

    Un palmarès porté sur des faits de société et atone sur le changement mondial

     

    Finalement, le Festival de Cannes 2012 a été aussi instable que la météo et l’humeur des festivaliers. Après un premier temps sous le signe de films plutôt médiocres, les critiques ont été finalement bien servis. De Rouille et d’os de Jacques Audiard était parmi les grands favoris, il est parti bredouille. Même scénario pour Holy Motors de Leos Carax qui était le cinéaste qui a certainement donné le plus au festival et qui a fait le plus avancer le cinéma. Un film génial qui donne des clés pour comprendre le monde qui nous entoure, mais inclassable et finalement parti sans aucun prix. Après la bataille, le film très engagé de l’Egyptien Yousry Nasrallah n’a pas trouvé de place non plus dans un palmarès très porté sur des faits de société et particulièrement atone sur la politique et le changement radical de l’équilibre mondial qui nous entoure.

     

     

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