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    France

    Réforme partielle des retraites : un geste symbolique ou une mesure forte ?

    media Laurence Parisot du Medef et Bernard Thibault de la CGT, lors de la rencontre à Matignon avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault le 5 juin 2012. REUTERS/Julien Muguet

    Actée. La réforme partielle des retraites a été entérinée mercredi 6 juin en Conseil des ministres. Elle entrera en vigueur le 1er novembre prochain. Comme il était à prévoir, les syndicats se sont à l’unisson réjouis de cette nouvelle pendant que le patronat fustigeait l’annonce du décret. Mais cette réforme en est-elle une ou n’est-ce qu’un effet d’annonce à trois jours des élections législatives?

    La question ne se pose pas pour le député de Paris et candidat UMP Claude Goasguen ce jeudi matin sur RFI : « C’est toujours bien à trois jours des élections législatives d’annoncer ce genre de choses : ça fait plaisir ». Mais François Hollande l’avait promis lors de sa campagne pour la présidentielle : le rétablissement de la retraite à 60 ans pour certaines catégories de travailleurs serait effectué. Mercredi 6 juin, en Conseil des ministres, le gouvernement s’est ainsi attaqué à la réforme des retraites mise en œuvre par son prédécesseur Nicolas Sarkozy en 2010. Désormais, certains salariés pourront donc partir à 60 ans. A noter qu'en Europe, l'âge de départ en retraite varie selon les différents Etats entre 55 et 67 ans. La réforme du nouveau gouvernement, qui s’appliquera dès le 1er novembre à 110 000 personnes, doit toucher trois types de public : les femmes, les chômeurs et les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans.

    Nouvelle dégradation?

    Pour le Wall Street Journal, la mesure annoncée est prise très au sérieux et la France ne sait pas ce qui l’attend sur le plan financier. Le coût annoncé de la réforme par le gouvernement est de 1,1 milliard d'euros en 2013, et 3 milliards en 2017, soit moins que prévu pendant la campagne du candidat socialiste François Hollande. Pourtant, dans ses colonnes, le journal critique le prix de cette réforme et évoque un risque pour la notation du pays, tout en vantant les décisions de Nicolas Sarkozy qui avait en 2010 réformé l’âge de la retraite. Et de présager un abaissement de la note par les agences financières : « Abaisser l'âge de la retraite rapproche la France d'une nouvelle dégradation ».
    Au niveau européen, le quotidien anglophone parle de « bombe budgétaire » qui menace les régimes de retraite en Europe, et cela en raison de l'allongement de la durée de vie ainsi que de la baisse de la natalité.

    « Rien de neuf sous le soleil ! »

    Peu de raisons de s'inquiéter en revanche pour Jacques Bichot, professeur émérite d’économie à l’université Lyon III et spécialiste des retraites : l’annonce du gouvernement n’est guère plus qu’un affichage. Le président François Hollande a, selon l’expert, fait croire durant toute sa campagne électorale à un retour à la retraite à 60 ans, « il n’y a en réalité eu qu’une extension des mesures de départs anticipés prévues en 2010 sous Nicolas Sarkozy. Rien de neuf sous le soleil! ». Pourtant, Jacques Bichot estime malgré tout que ce « mythe de la retraite à 60 ans » ne peut que nuire à la France vis-à-vis de ses partenaires européens : « Cette mesure est artificiellement grossie, car la retraite à 60 ans est terminée. Cet effet d’annonce va à l’encontre des politiques de l’Union».

    « On peut aller beaucoup plus loin »

    Pour l’économiste Pierre Concialdi, chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales (IRES) et spécialisé dans les questions sociales, la politique de François Hollande ne constitue pas un réel bouleversement de la tendance mise en place en France depuis 20 ans. Cette mesure est loin d’être une réelle refonte du système : « François Hollande a fait ce qu’il avait dit et c’est un message fort symboliquement. Maintenant, il faut voir quelle sera la suite. On peut aller beaucoup plus loin ». Et c’est ce que semble vouloir Benoît Hamon, le ministre délégué chargé de l'Economie sociale et solidaire, ce matin sur les ondes de France Inter, où il a fait entendre que l'ensemble du système des retraites, et notamment l'âge de départ à taux plein à 67 ans, serait « mis sur la table dans les prochaines semaines ».

    Profonde réforme ou effet d’annonce, l’extension des mesures de départ en retraite est en tout cas une avancée sociale, « une mesure de justice qui concerne ceux qui ont été le plus durement pénalisés par la réforme de 2010 », selon la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine.  Car malgré les peurs affichées par le patronat sur le financement de la réforme et les attaques verbales lancées par l’opposition - Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a ainsi vitupéré le gouvernement Ayrault en déclarant qu'il n'y avait pas le « moindre euro pour financer ces cadeaux électoraux », et annonçant « une hausse massive d'impôts » - la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a rassuré en affirmant que « cela fera 1,4 euro supplémentaire de prélèvement par mois pour un salarié au Smic ».

    Un geste envers les plus pauvres probablement : car reculer l’âge de la retraite pénalise avant tout les ouvriers, qui vivent toujours moins longtemps que les cadres, alors que l’espérance de vie continue à augmenter dans le pays.

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