Gustave Kervern : «La révolution est quasi impossible en France»

Impossible de rester indifférent au nouveau film de Gustave Kervern et Benoît Delépine. Après Louise Michel et Mammouth, voici Le Grand Soir. L’histoire de deux frères, l’un est punk, c’est Benoît Poelvoorde ; l’autre est commercial en literie, il vient de se faire licencier et quitter par sa femme, c’est Albert Dupontel. Ils vont se retrouver pour vivre Le Grand Soir à Bègles, près de Bordeaux, dans un centre commercial. Entretien.
RFI : Dans Le Grand Soir, vous montrez l’itinéraire de deux frères très différents, qui vont se rapprocher l’un de l’autre. Est-ce qu’on peut dire que c’est un film sur la famille ?
Benoît Delépine : C’est vrai que les familles, ce sont des lieuxoù à la fois il y a beaucoup d’amour, mais aussi beaucoup de dissensions, de différences. Effectivement, on a rarement vu deux frères aussi différents que ceux qu’on montre dans le film. Il y en a quand même un qui est punk à chien, donc qui est dans l’imaginaire général, celui qui est censé avoir raté sa vie alors qu’au contraire c’est lui qui est le plus libéré des deux.
Gustave Kervern : Punk à chien, c’est-à-dire le jeune SDF, moderne, dans nos villes. Ce sont des personnages attachants.
B. D. : Ce sont un peu les Charlots comme le Charlie Chaplin des Temps Modernes finalement.
RFI : En même temps le punk, c’est un personnage qui fait un peu peur. Il est incarné par Benoît Poelvoorde, un acteur qui le rend extrêmement sympathique. En plus, vous le traitez d’une façon extrêmement humaine. Vous le montrez comme un mec bien, on pourrait dire.
B. D. : C’est plus les punks à chien que les punks. C’est différent. Les punks à chien, ceux qu’on rencontre dans la rue, ils font peur mais comme les clochards faisaient peur ou continuent à faire peur aussi. De toute façon, les honnêtes gens ont peur de tout, donc ça ne change pas grand chose. Lui, il a sa philosophie de vie que partagent beaucoup de ces punks à chien. Ils mènent tous une aventure, ça peut être parfois des aventures sentimentales, des aventures avec leur chien aussi. Ils se baladent de ville en ville et peuvent aussi faire des petits boulots, des vendanges etc.… C’est quelqu’un qui a réussi à vivre dans le dénuement mais qui arrive à être totalement libre. On s’est inspiré, au début du film, de Diogène. On voulait en faire un Diogène des temps modernes, justement une espèce de clochard qui habite dans un tonneau, pas un tonneau mais une conduite en ciment, ce qu’on avait pensé au début. C’est ça qu’on voulait montrer : il est possible d’être libre même dans le dénuement.
RFI : Le point de départ du film, c’était vraiment ce personnage ?
G. K. : Oui, ce personnage et puis après, on voulait travailler aussi avec un acteur qu’on aime bien qui s’appelle Albert Dupontel. On a imaginé ensuite deux frères très différents. Puis on voulait parler d’une révolution possible en France. Est-ce que c’est possible de faire la révolution en France ? C’est celui qui est le plus inséré, qui est le rôle d’Albert Dupontel, qui a son boulot mais qui se fait virer, qui va même quelque part tirer le punk à chien joué par Benoît Poelvoorde pour l’amener à faire la révolution. Mais on s’aperçoit que contrairement à ces pays comme la Tunisie, l’Egypte etc… la révolution est quasi impossible en France. C’est une idée qui nous taraude depuis longtemps : est-ce que c’est possible de faire une révolution dans un pays comme la France ? La réponse pour nous, c’est non. Mais par contre, on peut faire une révolution spirituelle, déjà familiale puisque la famille, à la fin du film, explose, mais dans le bon sens. C’est une révolution à titre individuel.
RFI : Avant de parler de révolution, vous montrez ce personnage de Jean-Pierre qui est un vendeur de matelas, qui est maltraité par son patron, par sa femme. Il fait tout pour qu’on l’aime, pour que cela se passe bien. Et ça se passe de plus en plus mal et à la fin, il explose. Est-ce que vous trouvez que c’est un portrait de la France d’aujourd’hui ?
G. K. : C’est difficile de s’épanouir dans le travail en 2012. Il faut bien reconnaître que des gens heureux au boulot, il y en a de moins en moins. Et ce personnage joué par Dupontel va jusqu’à l’extrême puisqu’il s’immole par le feu.
RFI : L’immolation par le feu est aussi une allusion à Sidi Bouzid, ce vendeur de légumes qui s’est immolé et a été le détonateur des printemps arabes.
B. D. : Le scénario, c’est vraiment un work in progress, on travaille un an sur un scénario. Effectivement, une fois qu’on avait ces personnages là, on avait décidé de faire vivre un Diogène moderne et son frère totalement différent. Au stade de l’écriture, on en était au moment des révolutions arabes. Effectivement, ça nous est venu naturellement en écrivant.
RFI : Cette France que vous décrivez très bien, cette France de province, des centres commerciaux où les caddies sont énormes, et plus les caddies sont pleins, plus les gens ont l’impression d’exister. C’est quand même une France très éloignée de votre univers ?
B. D. et G. K. : Pas du tout (rires).
RFI : Le Carrefour de Bègles, c’est là où vous alliez quand vous étiez petit, Benoît Delépine ?
B. D. : On a tourné dans le Carrefour de Bègles, mais on a aussi tourné dans la zone du Géant d’Angoulême où je vais faire mes courses toutes les semaines. Donc j’étais en phase absolue avec ma vie.
G. K. : Mes beaux parents sont à Toulon. Je vais dans la zone commerciale de Grand Var. Je me suis aperçu que dans le centre-ville de la ville la plus proche qui est Hyères, il n’y a quasiment plus personne, tout le monde se retrouve au centre commercial comme un endroit où l’on va draguer, un endroit où l’on va faire ses courses. On y est bien, il fait chaud. Comme on le dit dans le film « Il fait chaud quand il fait froid et froid quand il fait chaud », il y a la climatisation.
B. D. : Mais en même temps, ce qui est dit dans le film, moi mon père, qui est un ancien agriculteur, me dit ça aussi « Les gens n’arrêtent pas de se plaindre. Et à chaque fois que je vais à Auchan, il y a des queues partout. Qu’est-ce que c’est que ces gens qui n’arrêtent pas de se plaindre. Ils arrivent à acheter tout cela ». Bref, c’est un des thèmes du film aussi.

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(10) Réactions
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Après tout pourquoi pas, même si dans le fond le truc est peut-être plus malhonnête qu'un téléfilm de TF1. Et en cela c'est très poétique.
Revolution impossible
M. Kervern a peut-être raison, mais je l'invite tout de même à observer le Quebec lors de ces prochaines semaines, il pourrait s'y produire un exemple, nouveau je l'admet, de révolution de "l'ouest".
La révolution quasi impossible en France
Attendez qu'il y ait 5 ou 6 millions de personnes qui vivent dans la rue, et vous verrez si la révolution est quasi impossible en France. Révisez bien Marx car il revient... Et dans pas longtemps.
Impossible........
Impossible........Marine sera au pouvoir bien avant pour remettre l'ordre Républicain Laic et l'application des lois Françaises ( réadaptées suivant les besoins,car aucune lois n'est faite pour l'éternité )et suivi par plusieurs pays de la Confédération Européenne.
Dès maintenant nombreux doivent etre ceux qui doivent déjà envisager un départ ou point de chute d'origine......!!!!!
La mise en relief des flux migratoire en amplification d'une certaine paupérisation Européenne ne sera pas supporté plus longtemps comme une provocation permanente "ignorée par des politiques laxistes à répétition"!
Il est possible que la crise "organisée" qui arrive en Europe et ailleurs aussi soit à la place de conflits d'antan une nouvelle forme et possibilité de permettre un nouvel ordre dans les Communautés Européennes à l'origine de la création de cette Communauté d'Etats pour imposer les valeurs Européennes face aux tentatives larvées d'invasions religieuses étrangères.....!!!!
Enfin de bons sujets de scénarios pour des films démonstratifs!!!!
Misère
En effet, la misère en France est bien réel, misère financière, intellectuel ce qui amène de nombreuse personne à décompressé au supermarché ou devant la TV.
Les réalisateurs ne peuvent imaginer ce genre de situation sans caricaturer un minimum, ce monde leur est étranger et il faut bien divertir.
Beurk !
Delepine et Kerven 2 types payés 20 ke par mois du temps de canal, qui veulent se faire du fric en nous montrant la "galère" que tout le monde connait. Leur dernier opus mamouth était déjà une cata en terme de scenario, un truc à faire bondir tout les pauvres types qui sont bac 5 cinéma, qui pourront jamais bosser dans le milieu du cinéma, mais seront au mieux commerciaux pour Epeda, quelle cruauté que la société française aujourd'hui !
Oui ?
On m'a sonné ?
Non parce que me déranger pour ça...
Les idiots y en a des trains entiers sur tous les commentaires de n'importe quel site.
D'ailleurs ce qui est assez triste avec Internet, c'est de se rendre compte qu'il y en a vraiment beaucoup !
Mouhais
Encore un film de bobo, d'acteurs de toutes les fêtes parisiennes qui singent les pauvres, parce que c'est si fascinant, les gens qui ont des problèmes... la vie de crevards quel amusement pour les riches qui s’emmerdent à Cannes et Saint trop !
Mon dieu j'ai rarement lu un
Mon dieu j'ai rarement lu un commentaire aussi stupide...
et ben...
Vous devez pas lire beaucoup...
Sinon, tout à fait d'accord avec le premier commentaires: encore un film de merde fait par des bobos parisiens. Arrêtez de polluer nos écrans de cinéma !