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    France

    La France, premier refuge d’Europe

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    La France a enregistré 51 900 demandes d’asile en 2011, d’après le dernier rapport du Haut Commissariat aux réfugiés. Elle se place ainsi en tête des pays européens et deuxième parmi les pays industrialisés, derrière les Etats-Unis. Si le nombre de demandes est en constante augmentation depuis 2007, le taux d’admission baisse.

    Cela fait maintenant quatre ans que la France truste la première place européenne d’un classement peu réjouissant, celui du nombre de demandeurs d’asile. Selon le dernier rapport du Haut Commissariat aux réfugiés, elle a enregistré 51 900 demandes en 2011. Un nombre en augmentation pour la quatrième année consécutive et de 8% supérieur à celui de 2010.

    Parmi les principaux pays d’origine figurent le Bangladesh, la Russie, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo. Mais aussi l’Arménie. Entre 2010 et 2011, le nombre de demandeurs en provenance de ce petit pays frontalier de la Turquie a doublé, passant de 1 800 à 3 600. Selon l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), chargé d’accorder le droit d’asile, ceux-ci mettent en avant leurs origines ethniques, causes de possibles persécutions, et leur appartenance aux partis d’opposition.

    L’année 2011 a également été marquée par une hausse considérable du nombre de demandeurs ivoiriens. Alors qu’ils étaient 500 en 2010, ils ont été 1 700 l’année dernière. Une augmentation que l’Ofpra explique là encore par la situation politique dans le pays. Beaucoup disent craindre pour leur sécurité à cause de leur appartenance à l’ethnie Bété, celle du président déchu Laurent Gbagbo.

    Les printemps arabes n’ont en revanche eu aucune conséquence. L’Ofpra n’a reçu que 252 dossiers d’Egyptiens, 184 de Tunisiens, 100 de Libyens et 100 de Syriens. L’afflux de Tunisiens en France début 2011 en provenance de l’île italienne de Lampedusa avait pourtant provoqué des tensions entre Paris et Rome qui leur avait délivré des visas de circulation. Mais « les jeunes des pays arabes ont fui une situation transitoire », analyse l’Ofpra, alors que « la demande d’asile est une démarche de long terme ».

    Des chiffres à relativiser

    La première place de la France est cependant à relativiser par rapport au nombre d’habitants. D’autres Etats plus petits, comme la Belgique ou le Luxembourg ont proportionnellement accueilli plus de demandeurs d’asile.

    Pierre Henry, directeur de l’association France terre d’asile dénonce aussi « un effet de leurre » : « La première place de la France est la conséquence d’un dysfonctionnement européen. L’Espagne, la Pologne et la Grèce ont enregistré moins de 10 000 demandes alors que ce sont les principales portes d’entrée en Europe ». Une situation expliquée par l’application du Règlement Dublin II. Adopté en 2003, il oblige chaque Etat membre à être le seul responsable de l’examen d’une demande d’asile. Selon Pierre Henry, certains pays préfèrent donc encourager les migrants à quitter leur territoire plutôt que de les accueillir pendant le traitement de leur dossier.

    Par ailleurs, si le nombre de demandes est en hausse, leur taux d’admission (25,3%) est en recul de près de deux points par rapport à 2010. Là encore, le directeur de France terre d’asile pointe le décalage entre les 4 630 dossiers validés par l’Ofpra et les 6 072 acceptés par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), qui statue sur les recours déposés par les demandeurs après un premier rejet. « Les décisions de la CNDA ne font pas jurisprudence. Si bien qu’on est dans un cas de figure invraisemblable où les demandeurs d’asile sont transformés en plaideurs », déplore Pierre Henry.

    Les associations soulignent également le manque criant d’hébergements pour les demandeurs d’asile. Les centres d’accueil ne disposent en effet que de 21 400 places, trop peu au regard des quelque 50 000 demandes effectuées chaque année. Et la situation n’est pas prête de s’inverser. D’après les projections recueillies par le quotidien Libération, l’investissement des pouvoirs publics entre 2011 et 2013 concernant le logement des demandeurs d’asile va baisser d’environ 10%.

    Près de 4,3 millions de personnes ont été victimes de déplacements forcés en 2011 et 800 000 d’entre elles ont fui leur pays. Tels sont les chiffres du dernier rapport du Haut Commissariat aux réfugiés. Il s’agit de la plus forte augmentation enregistrée depuis 2000.
    Ces déplacements ont été provoqués par une série de crises humanitaires qui a débuté fin 2010 en Côte d’Ivoire et s’est poursuivie par d’autres, en Libye, au Soudan et en Somalie notamment.
    Au total, 42,5 millions de personnes ont terminé l’année 2011 soit en tant que réfugiés, soit en tant que déplacés internes, soit encore en tant que demandeurs d’asile. C’est cependant moins qu’en 2010, où elles étaient plus de 43 millions. Une légère baisse que le HCR explique par le retour chez eux des déplacés internes (3,2 millions).
    L’Afghanistan reste le premier pays d’origine des réfugiés (2,7 millions). Elle est suivie de l’Irak (1,4 millions), la Somalie (1,1), le Soudan (500 000) et la République démocratique du Congo (491 000).
    Une tendance inquiète particulièrement le HCR. Selon le rapport de l’instance onusienne, les réfugiés risquent aujourd'hui de le rester pour de nombreuses années. Souvent bloqués dans des camps ou vivant dans des conditions précaires en milieu urbain, 7,1 millions d'entre eux vivent en exil depuis au moins cinq ans, dans l’attente d’une solution.

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