Affaire Merah : polémique et enquête ouverte après la diffusion d'enregistrements

La chaîne française TF1 a diffusé dimanche soir, le 8 juillet, l'enregistrement de la conversation entre Mohamed Merah, le tueur de Toulouse, et les policiers, lors du siège de son appartement en mars dernier. D'une voix posée et froide, il affirme être déterminé à continuer son combat, en lien avec al-Qaïda.
« Je suis quelqu'un de déterminé, je n'ai pas fait ça pour me laisser faire attraper. » Le ton est froid, calme, le tueur assiégé ne panique pas. C'est ce qui ressort des extraits de conversation diffusés dimanche soir par TF1 dans son émission Sept à Huit.
La chaîne a eu accès à l'enregistrement des échanges entre Mohamed Merah, responsable de la mort de sept personnes dans la région toulousaine, et les policiers du Raid venus l'assiéger, dans la nuit du 20 au 21 mars. Au cours de ces échanges, Merah revient sur ses motivations, affirme aussi être en lien avec al-Qaïda et se dit prêt à continuer sa folie meurtrière, en affirmant ne pas « avoir peur de la mort ». Il explique aussi comment il a réussi à déjouer la surveillance du contre-espionnage français, grâce à son « style de vie libéré », qu'il qualifie « de ruse ».
TF1 dispose de 4h30 d'enregistrements
Cette diffusion a suscité l'indignation des familles d'abord, et du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. Il a notamment regretté qu'aucune « précaution n'ait été prise pour respecter les familles ». L'IGPN, couramment appelée « la police des polices », a ouvert une enquête pour « violation du secret de l'instruction », qui doit faire la lumière sur les origines de cette fuite.
Les avocats des familles dénoncent, eux aussi, le procédé, alors que les parties civiles n'ont pas eu accès à ces enregistrements. « Comment est-ce possible qu'un média aussi important que TF1, ne serait-ce que par humanité, ne prévienne pas les familles ? Je trouve cela regrettable », a notamment déploré Me Cohen, avocat d'une des familles.
Quant aux proches des sept victimes, très touchés, ils demandent à la justice d'enclencher une procédure d'urgence pour empêcher toute nouvelle diffusion des enregistrements. TF1 affirme être en effet en possession de plus de 4h30 d'échanges au total.
Mohamed Merah a été tué le 22 mars dans son appartement toulousain, après avoir assassiné trois militaires et quatre personnes de confession juive de la région, entre le 11 et le 19 mars 2012.
Les réactions outrées, la défense de TF1 |
En diffusant ces enregistrements, TF1 a fait un coup journalistique, mais le scoop provoque aujourd'hui un véritable tollé. La chaine se justifie en soutenant que les extraits diffusés contiennent des informations très importantes puisque Merah affirme qu’il était prêt à poursuivre sa folie meurtrière, assure être en lien avec al-Qaïda et explique comment il a trompé la vigilance des services de renseignement. Scandalisés, les proches des victimes saisissent la justice pour obtenir en urgence l'interdiction de toute diffusion de ces conversations. A ce rythme, soutiennent leurs avocats, ce sont bientôt les vidéos des tueries filmées par Merah qui se retrouveront sur Internet. « Cette diffusion réveille une douleur considérable, un véritable traumatisme », a réagi l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant. « Entendre cet assassin plastronner est insupportable », souligne de son côté Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Les dirigeants de TF1 mais aussi d'I-Télé et de BFM Télé, qui ont diffusé ces extraits, seront auditionnés ce mardi 10 juillet par le Conseil supérieur de l'Audiovisuel (CSA). La justice a également ouvert une enquête pour violation du secret de l'instruction et la « police des polices » a été chargée d'enquêter sur l'origine des fuites. Car si l'affaire Merah a mis en lumière des failles au sein des services de renseignement, il semble qu'il y en ait aussi du côté des services chargés de l'enquête. |

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(1) Réaction
Toujours beaucoup d'hypocrisie
Il y a beaucoup d'hypocrisie dans tout cela car même si je peux comprendre la réaction des parents des victimes je tiens à signaler qu'il ne s'agit actuellement que de la diffusion de la bande sonore et non de la vidéo. Par contre tous ceux qui sont outrés par cela ne disent rien lorsqu'il s'agit de la vidéo sur l'éxecution de l'afghane accusée d'adultère et que l'on retrouve sur quasi tous les sites internet d'information.